Calendrier de l’Avent – Jour 4 – Les films à huis clos

En ce mois de décembre, il y a fort à parier que vous passez plus de temps en intérieur qu’en extérieur. Au chaud de préférence, près d’une cheminée idéalement. Ça tombe bien, beaucoup de films se déroulent à huis clos, quasi exclusivement voire intégralement en intérieur, et beaucoup valent le détour.

Calendrier de l’Avent – Jour 4 : Les films à huis clos

L’enfermement, un moyen d’empêcher toute forme de distraction, de focaliser le regard du spectateur sur les personnages pour mieux les sonder.

Dès 1912, D.W. Griffith enfermait les sœurs Gish dans L’Invisible Ennemi, les laissant à la merci d’un voleur qui les menace avec son revolver, jouant avec le montage alterné pour faire grimper le suspense, le spectateur se demandant jusqu’au bout si elles seront sauvées à temps.

Le huis clos s’adapte à tous types de situations et de genres, comme la science-fiction, avec, par exemple, Alien : Le 8ème passager, de Ridley Scott, devenu un modèle du genre.

Ce qui est aussi le cas dans un autre très bon film de science-fiction hélas trop méconnu : Moon de Duncan Jones avec Sam Rockwell, où la solitude du héros parvient à nourrir de larges discours sur notre société et l’humanité.

Le huis clos peut très bien s’adapter à l’horreur, comme on le voyait avec Alien, mais aussi dans la saga SAW

… Ainsi que dans une autre saga d’horreur : Cube.

Une ambiance d’horreur qui tourne à l’épouvante et au fantastique dans l’excellent Les Autres d’Alejandro Amenabar, poussant le spectateur et Nicole Kidman dans ses retranchements.

On a pu aussi avoir droit à des thrillers en huis clos, comme Phone Game, où un maître chanteur cherche à faire avouer à Colin Farrell ses mensonges.

Evidemment, quand on parle de thriller, on pense immédiatement à Alfred Hitchcock, qui a plusieurs fois eu recours au huis clos, notamment deux fois, avec James Stewart. Dans Fenêtre sur Cour, il observe le voisinage et tente de résoudre des mystères grâce à son appareil photo…

… Et dans La Corde, il est le professeur auquel il est inutile de tenter de donner des leçons, le grain de sel qui va gâter le plat et faire craquer les conspirateurs.

Mais le huis clos, ce n’est pas que de la pression et de la violence. Car le format s’adapte très bien au registre de la comédie, comme nous le montre Francis Véber dans Le Dîner de Cons

… Ainsi que Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière dans Le Prénom.

Certains cinéastes n’ont pas hésité à y avoir recours à plusieurs reprises, en en faisant presque une spécialité. C’est le cas, par exemple, de Sidney Lumet, qui nous gratifie, dès son premier long-métrage, d’un chef d’oeuvre absolu du cinéma, avec 12 hommes en colère.

Henry Fonda dans Point Limite (1964)
Henry Fonda dans Point Limite (1964)

Un chef d’oeuvre qui sera très loin d’être le seul de sa riche carrière. Il recommence dans Point Limite, un huis clos à couper le souffle où il livre un puissant discours à propos de la guerre.

Et il récidivera, encore une fois, avec Un après-midi de chien, porté par un très grand Al Pacino, où le huis clos dépasse une nouvelle fois les limites des murs où il se déroule.

Le huis clos, c’est aussi un exercice de style qui convient très bien au cinéma de Quentin Tarantino, qui l’invoque dès son très bon Reservoir Dogs

… Et qu’il retrouve dans Les Huit Salopards, un film où il fait froid également, d’ailleurs !

Et comment parler de huis clos, sans penser à John Carpenter ? On pourrait presque citer tous ses films, à commencer par Assaut, se déroulant principalement dans un commissariat…

… Mais aussi, bien sûr, à The Thing, un autre film où il fait froid

… Ou encore à Prince des Ténèbres, où le mal ultime est renfermé dans une mystérieuse cuve et n’attend que d’être libéré pour accomplir son oeuvre funeste.

John Carpenter a eu une filmographie très influencée par le western, dont les codes se manifestent très souvent dans ses films. D’ailleurs, Rio Bravo, réalisé par Howard Hawks, qui était un huis clos, était un des films qui l’ont le plus influencé.

En tout cas, le huis clos peut se manifester à diverses échelles et dans des lieux très différents. Une prison, par exemple, dans Le Trou, excellent film de Jacques Becker…

Le Limier (1972)
Le Limier (1972)

Dans une grande bâtisse, témoin du duel mémorable entre Michael Caine et Laurence Olivier dans Le Limier de Joseph L. Mankiewickz…

Dans un hôtel dans Shining, où il fait froid aussi, décidément…

Ou plus récemment dans Sale temps à l’hôtel El Royale

On peut encore rétrécir les espaces, en pensant notamment à Locke, très bon huis clos avec Tom Hardy, se déroulant presque intégralement dans l’habitacle d’une voiture…

Ou pousser l’exercice jusqu’au bout, quitte à enterrer vivant Ryan Reynolds et lui faire partager son cercueil avec le spectateur, enfermé entre quatre planches et voué à une mort certaine dans Buried.

Après tout ça, on aurait bien besoin d’air ! Quelles sont vos références en termes de huis clos ?


Précédentes entrées :

Jour 1 : Les films où il fait froid

Jour 2 : Les films qui rendent heureux

Jour 3 : Les films où il pleut

Quentin Coray

Quentin, 27 ans, mordu de cinéma depuis le visionnage de Metropolis, qui fut à l'origine d'un véritable déclic. Toujours en quête de nouvelles découvertes pour élargir mes connaissances et ma vision du cinéma. "L'art existe et s'affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l'idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains." - Andreï Tarkovski

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