CANNES 2019 – Jours 12 & 13 – Un dernier tour, le départ et le bilan

Alors que j’écris cet article, je suis déjà rentré sur Paris, à peine remis de mes émotions vécues lors de ce festival. Nous étions donc hier le 25 mai, dernier jour de la quinzaine, l’occasion de s’offrir quelques dernières reprises, et de découvrir le fameux palmarès du festival.

La journée commence avec une bonne « grasse matinée », un réveil à 9h45, chose qui n’était plus arrivée depuis un moment. Aujourd’hui, une seule reprise de prévue, avec Une vie cachée de Terrence Malick, que j’avais découvert une première fois sans vraiment bien le voir, la fatigue ayant été trop forte à plusieurs moments-clé du film. Comme d’habitude, on arrive deux heures en avance dans la file, et c’est donc l’occasion de presque redécouvrir le film du cinéaste américain. Je reste sur une impression peut-être pas mitigée, mais pas totalement enthousiaste non plus, ne pouvant que constater la beauté du film, mais étant un brin freiné par son côté très étiré. Maintenant, il ne reste plus qu’à penser à la soirée qui s’annonce, et au palmarès.

Nombreux sont les passants à quémander des invitations pour la cérémonie de clôture et la « dernière séance » avec la diffusion d’Hors Normes d’Eric Toledano et Olivier Nakache. Pour nous, ça sera visionnage de la cérémonie de clôture sur le grand écran à côté du tapis rouge. Comme d’habitude, des rumeurs se font entendre concernant le rappel à la dernière minute de certaines personnalités pour qu’elles soient présentes à la cérémonie, signe qu’elles devraient gagner un prix. Et les noms entendus ne sont pas forcément encourageants. On a tous nos favoris, pour moi c’est Parasite. Si c’était possible, j’aimerais qu’il gagne plusieurs prix, mais comme ce n’est pas le cas, j’espère vraiment qu’il gagnera la Palme, mais c’est loin d’être gagné, surtout quand on voit le niveau de la sélection cette année.

Bong Joon-ho avec la Palme d'or
Bong Joon-ho avec la Palme d’or

Les lauréats commencent alors à être annoncés : Emily Beecham, actrice principale de Little Joe, largement descendu par la critique, obtient le prix d’interprétation féminine, contre, notamment, Adèle Haenel et Noémie Merlant qui généraient une alchimie tout à fait particulière dans Portrait de la jeune fille en feu. Ce dernier, qui était d’ailleurs le favori de mes collègues, ne remporte que le prix du scénario, alors que c’était un candidat pour la Palme. Puis les frères Dardenne, hués par la presse, remportent le prix de la mise en scène, ce qui commence également à largement éloigner Malick du palmarès, en plus d’accumuler les choix surprenants au vu du niveau de la sélection de cette année, et des choix proposés. Mais, heureusement, d’autres prix espérés suivent, comme Antonio Banderas, impeccable dans le très beau Douleur et gloire, et la délivrance espérée vient lorsque Parasite remporte la Palme d’or. Finalement, ce palmarès restera assez étonnant et plutôt pauvre au vu du niveau de la sélection, et laissera un goût amer chez beaucoup de monde, mais il s’achève sur une superbe note.

Maintenant, place à la soirée, dont on profitera notamment sur la plage, arrivant alors que le film d’Oliver Stone sur les Doors passe pour la dernière projection du Cinéma de la plage. Avec du vin et des bières, on termine ce festival avec une bonne petite soirée qui ira jusqu’à 4 h du matin, heure à laquelle on passe une dernière fois devant le Palais et le tapis rouge, et que beaucoup de monde s’active déjà pour tout enlever. L’image d’une fête aussi fastueuse et flamboyante qu’elle ne devient plus qu’un souvenir fugace avant le retour à une vie normale. On se dit au revoir, je rentre chez moi, alors que la lueur du jour commence doucement à apparaître.

Une vue qui va me manquer...
Une vue qui va me manquer…

La nuit fut très courte, car il faut se lever, ranger les affaires, faire un peu de ménage, laisser les clefs, puis aller prendre le train pour regagner Paris. C’est à ce moment que le sentiment de nostalgie se manifeste, ce sentiment qui fait qu’on a l’impression d’avoir vécu un beau festival, mais que c’est déjà fini, et que c’est passé trop vite. Demain, il faut retourner au travail, reprendre ses activités normales. Finis les levers aux aurores pour rejoindre les files d’attentes, les soirées à faire son programme du lendemain, à écrire sur Cannes, l’effervescence du festival, tous ces gens qui demandent des invitations… Alors que le train démarre, je vois peu à peu s’éloigner Antibes, Juan-les-Pins, puis Cannes… Inévitable départ loin de ces lieux synonymes de souvenirs heureux, de moments de joie et de fête, mais que l’on ne quitte que provisoirement. Je peine encore un peu à réaliser, mais nul doute que les prochains jours vont être placés sous le signe de la nostalgie…

Je m’étais promis de revenir au Festival cette année, pour la quinzaine, et j’ai pu tenir cette promesse. J’ai vu 21 films en tout, dont 19 inscrits aux différentes compétitions. J’ai pu profiter de ce séjour pour faire de très belles découvertes et, surtout, de très belles rencontres, forger un beau groupe d’amis cinéphiles qui va, sûrement, continuer à se consolider voire de grandir, notamment en vue de l’année prochaine. Car on y pense déjà ! J’ai pu faire tout ce que je voulais, voir des films de tous horizons et de nationalités diverses, voir des films d’à peu près toutes les sélections proposées, mon film favori de la quinzaine a décroché la Palme, j’ai vu Sylvester Stallone, une de mes idoles, en chair et en os, j’ai monté les marches, assisté à une séance de gala, et parlé cinéma pendant des heures avec d’autres passionnés. Que demander de mieux ? Je ne sais pas vous, mais j’ai déjà hâte à l’année prochaine.

A l'année prochaine, les marches !
A l’année prochaine, les marches !

En guise de petite conclusion plus « statistique », voici mon petit « palmomètre », classant tous les films que j’ai pu voir pendant la quinzaine, excluant naturellement The Thing et Rambo, projetés lors de séances spéciales.

Palmomètre

Affiche de Parasite (2019)
Affiche de Parasite (2019)
1 – Parasite (Bong Joon-ho) – Compétition – 4.5/5 – Lire la critique
Affiche provisoire de The Lighthouse (2019)
Affiche provisoire de The Lighthouse (2019)

2 – The Lighthouse (Robert Eggers) – Quinzaine des Réalisateurs – 4.25/5 – Lire la critique

Affiche de Douleur et Gloire (2019)
Affiche de Douleur et Gloire (2019)

3 – Douleur et gloire (Pedro Almodovar) – Compétition – 4/5 – Lire la critique

Affiche de Le Daim (2019)
Affiche de Le Daim (2019)

4 – Le Daim (Quentin Dupieux) – Quinzaine des Réalisateurs – 4/5 – Lire la critique

Affiche d'Une vie cachée (2019)
Affiche d’Une vie cachée (2019)

5 – Une vie cachée (Terrence Malick) – Compétition – 4/5 – Lire la critique

Affiche des Misérables (2019)
Affiche des Misérables (2019)

6 – Les Misérables (Ladj Ly) – Compétition – 3.5/5 – Lire la critique

Affiche de Portrait de la jeune fille en feu (2019)
Affiche de Portrait de la jeune fille en feu (2019)

7 – Portrait de la jeune fille en feu (Céline Sciamma) – Compétition – 3.5/5 – Lire la critique

Affiche de Le Traître (2019)
Affiche de Le Traître (2019)

8 – Le Traître (Marco Bellocchio) – Compétition – 3.5/5 – Lire la critique

Affiche d'Une grande fille (2019)
Affiche d’Une grande fille (2019)

9 – Une grande fille (Kantemir Balagov) – Un certain regard – 3.5/5 – Lire la critique

Affiche de Bacurau (2019)
Affiche de Bacurau (2019)

10 – Bacurau (Kleber Mendonça Filho & Juliano Dornelles) – Compétition – 3.5/5 – Lire la critique

Affiche de Nuestras Madres (2019)
Affiche de Nuestras Madres (2019)

11 – Nuestras Madres (César Diaz) – Semaine de la Critique – 3.5/5 – Lire la critique

Affiche de La Fameuse Invasion des ours en Sicile (2019)
Affiche de La Fameuse Invasion des ours en Sicile (2019)

12 – La Fameuse Invasion des ours en Sicile (Lorenzo Mattotti) – Un certain regard – 3.5/5 – Lire la critique

Affiche de Matthias & Maxime (2019)
Affiche de Matthias & Maxime (2019)

13 – Matthias & Maxime (Xavier Dolan) – Compétition – 3/5 – Lire la critique

Affiche du Miracle du Saint Inconnu (2019)
Affiche du Miracle du Saint Inconnu (2019)

14 – Le Miracle du Saint Inconnu (Alaa Eddine Aljem) – Semaine de la Critique – 3/5 – Lire la critique

Affiche de The Dead Don't Die (2019)
Affiche de The Dead Don’t Die (2019)

15 – The Dead Don’t Die (Jim Jarmusch) – Compétition – 2.5/5 – Lire la critique

Affiche de To live to sing (2019)
Affiche de To live to sing (2019)

16 – To live to sing (Johhny Ma) – Quinzaine des Réalisateurs – 2.5/5 – Lire la critique

Affiche de Summer of Changsha (2019)
Affiche de Summer of Changsha (2019)

17 – Summer of Changsha (Zu Feng) – Un certain regard – 2.5/5 – Lire la critique

Affiche de Viendra le feu (2019)
Affiche de Viendra le feu (2019)

18 – Viendra le feu (Oliver Laxe) – Un certain regard – 2/5 – Lire la critique

Affiche de Zombi Child (2019)
Affiche de Zombi Child (2019)

19 – Zombi Child (Bertrand Bonello) – Quinzaine des Réalisateurs – 1.5/5 – Lire la critique

J’espère que tout mon suivi du festival vous aura plu, et que cela vous aura permis de vivre ce que j’ai vécu sur place ! Maintenant, je vais reprendre un rythme normal, souffler un peu, et, très probablement, repartir vers du cinéma plus classique et ancien. A très vite !

Quentin Coray

Quentin, 26 ans, mordu de cinéma depuis le visionnage de Metropolis, qui fut à l'origine d'un véritable déclic. Toujours en quête de nouvelles découvertes pour élargir mes connaissances et ma vision du cinéma. "L'art existe et s'affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l'idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains." - Andreï Tarkovski

2 pensées sur “CANNES 2019 – Jours 12 & 13 – Un dernier tour, le départ et le bilan

    • 27 mai 2019 à 15 h 05 min
      Permalink

      Oui c’était génial ! C’était au moins à la hauteur de mes attentes, et même si j’ai bien pu en profiter, à la fin on se dit toujours « c’est passé trop vite ! »
      21 films en 12 jours c’est déjà pas mal, mais j’aurais pu en faire encore plus en habitant plus près et avec un meilleur badge je pense. :p Peut-être l’année prochaine ? ^^

      Répondre

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :