Le Top des Films James Bond

Après avoir récemment passé en revue toute la saga James Bond, et dans l’attente du prochain épisode, Mourir peut attendre, encore reporté, il semblait intéressant de faire un bilan sur ces bientôt soixante années de films. Même si l’exercice du « top » reste subjectif, que je l’évite généralement avec des classements sans ordre, le faire pour parler de cette saga paraissait approprié, le but de celui-ci étant surtout de proposer une vision de ce qu’est « ma » saga James Bond, avec mes préférences et mes retenues. Car le grand intérêt de cette saga, c’est que chacun et chacune la perçoit et l’aime différemment. C’est parti !


24 – Moonraker (Lewis Gilbert, 1979)

Affiche de Moonraker (1979)
Affiche de Moonraker (1979)

Il est certain qu’on ne peut reprocher à Moonraker son jusqu’auboutisme. Après un départ relativement calme et intrigant, ce épisode prend un virage radical en faisant preuve d’un humour très envahissant, comme les références que le film invoque. L’effet de mode semble avoir été le plus fort, aboutissant sur un épisode très kitsch.


23 – Quantum of Solace (Marc Forster, 2008)

Affiche de Quantum of Solace (2008)
Affiche de Quantum of Solace (2008)

Seul épisode qui se présente explicitement comme étant une suite à un autre, Quantum of Solace prend aussi la relève d’un opus de grande qualité qui signait l’ouverture d’une nouvelle ère. Un rôle difficile à assumer, d’autant plus que ce 22ème film manque grandement de tension et, surtout, souffre de scènes d’action très mal filmées, à base d’un montage bien trop charcuté pour les rendre lisibles. Un film trop brouillon pour réussir ce qu’il entreprend, mais c’est aussi, en grande partie, à cause d’un contexte de production très compliqué.


22 – L’Homme au pistolet d’or (Guy Hamilton, 1974)

Affiche de L'Homme au pistolet d'or (1974)
Affiche de L’Homme au pistolet d’or (1974)

Christopher Lee, l’un des grands spécialistes des rôles de méchants au cinéma, face à James Bond, cela avait tout pour fonctionner. Le film démarre d’ailleurs bien, sur la base de ce qui fait l’une de ses grandes qualités : les décors. Mais cette confrontation entre Bond et son double maléfique manque grandement de souffle, souffrant de défauts partagés avec son prédécesseur, Vivre et laisser mourir, et s’il propose quelques fulgurances, l’intensité y fait défaut.


21 – Vivre et laisser mourir (Guy Hamilton, 1973)

Affiche de Vivre et laisser mourir (1973)
Affiche de Vivre et laisser mourir (1973)

L’ère Roger Moore s’ouvre avec une sonorité « rock » mémorable, et des rites vaudous impressionnants. Mais les grandes qualités de ce film sont contrebalancées par trop de petits défauts qui s’accumulent, empêchant l’intrigue d’être véritablement passionnante, et faisant pencher le film vers une lourdeur regrettable. Les ingrédients sont bons, mais la recette ne prend pas.


20 – Dangereusement Vôtre (John Glen, 1985)

Affiche de Dangereusement Vôtre (1985)
Affiche de Dangereusement Vôtre (1985)

Disons-le tout de suite : Dangereusement Vôtre a de bonnes scènes d’action, et un bon duo d’antagonistes, avec un Christopher Walken psychopathe et une Grace Jones intimidante et impitoyable. Duran Duran propose également une musique dynamique et de grande qualité pour accompagner le générique, mais ce dynamisme contraste avec le reste du film. Roger Moore est devenu trop vieux pour le rôle, et cet épisode a du mal à canaliser un scénario assez rocambolesque, tout en cherchant à ne pas être toujours dans l’excès.


19 – Le monde ne suffit pas (Michael Apted, 1999)

Affiche de Le monde ne suffit pas (1999)
Affiche de Le monde ne suffit pas (1999)

Ce 19ème film cherche à brouiller les pistes, à cacher ses atouts pour se dévoiler dans des rebondissements qui visent à surprendre le spectateur. On sent une volonté de casser le rythme pour éviter de s’enliser, mais cet épisode a du mal à marquer à cause de sa difficulté à mettre en avant son duo d’antagonistes, à développer la relation qui les lie et leurs motivations, ce qui empêche une implication totale de la part du spectateur.


18 – Octopussy (John Glen, 1983)

Affiche d'Octopussy (1983)
Affiche d’Octopussy (1983)

Le retour de la Guerre Froide, des pistes intéressantes qui sont explorées, Louis Jourdan… Octopussy a de beaux atouts, mais il cherche également à jouer sur tous les fronts, ce qui le dessert. Par ailleurs, là où l’on s’était calmés sur ce point avec l’épisode précédent, l’humour revient, parfois et souvent de manière trop visible, ce qui alourdit aussi ce treizième film qui a donc du mal à vraiment tirer son épingle du jeu.


17 – Meurs un autre jour (Lee Tamahori, 2002)

Affiche de Meurs un autre jour (2002)
Affiche de Meurs un autre jour (2002)

Si un épisode devait être désigné comme un « plaisir coupable », ce serait certainement celui-ci. Complètement démesuré, où tout est permis, avec un méchant cabotin à souhait, le vingtième film, célébrant également les 40 ans de la saga, multiplie les hommages et les accès de folie, n’ayant pas peur de provoquer une indigestion chez le spectateur. C’est peut-être le Moonraker de ma génération, bouquet final d’une période où James Bond a dépassé toutes les limites possibles.


16 – On ne vit que deux fois (Lewis Gilbert, 1967)

Affiche d'On ne vit que deux fois (1967)
Affiche d’On ne vit que deux fois (1967)

On applique la recette qui marche pour cette escapade au Japon. On ne boude pas spécialement son plaisir devant ce cinquième film, mais on ressent comme une certaine lassitude face au schéma assez répétitif que suivent les derniers films de l’ère Connery. On retiendra, notamment, la première apparition du sinistre Blofeld, impeccablement incarné par Donald Pleasence.


15 – Les diamants sont éternels (Guy Hamilton, 1971)

Affiche de Les diamants sont éternels (1971)
Affiche de Les diamants sont éternels (1971)

Dans mes souvenirs, c’était le James Bond le plus « faible ». Et pourtant. Ce qui pourrait être considéré comme des défauts, comme le côté très kitsch et décomplexé du film, est suffisamment bien géré pour le rendre tout à fait atypique et attachant. Malgré ce retour en arrière, on ressent finalement une sorte de nostalgie, pour un dernier coup de rétroviseur avant d’aller définitivement de l’avant.


14 – Spectre (Sam Mendes, 2015)

Affiche de 007 : Spectre (2015)
Affiche de 007 : Spectre (2015)

Il est difficile de statuer de manière clair sur le cas de Spectre. Alors que nous venions de faire table rase du passé, ce 24ème film semble en profiter pour faire revenir la saga à ses classiques, sous un nouveau format. Son traitement de Blofeld et son scénario paraissent simples et, pourtant, après le film précédent, on est tentés de se demander s’il n’y a pas plus derrière. On est entre le caricatural et le cérébral, dans un mélange assez curieux, qui reste globalement efficace, mais qui pose tout de même beaucoup de questions.


13 – Opération Tonnerre (Terence Young, 1965)

Affiche d'Opération Tonnerre (1965)
Affiche d’Opération Tonnerre (1965)

Après le mythique Goldfinger, il fallait tenter de réussir à transformer l’essai. Et Opération Tonnerre est un Bond de bonne facture, même s’il pâtit d’une moins bonne gestion du rythme qui tend à provoquer des longueurs. Ce qu’on apprécie, c’est cette volonté de relever de nouveaux défis, comme celui de filmer des scènes d’action sous l’eau. Quoi qu’on pense du résultat, c’est ce qui fait le charme de cet opus.


12 – James Bond contre Dr. No (Terence Young, 1962)

Affiche de James Bond contre Dr. No (1962)
Affiche de James Bond contre Dr. No (1962)

Tout a commencé ici, dans ce film fait avec les moyens du bord, loin de la démesure des derniers. Une modestie qui fait plaisir, permettant à ce premier film d’aller à l’essentiel, de proposer une aventure et une histoire efficaces, posant les bases de la saga.


11 – GoldenEye (Martin Campbell, 1995)

Affiche de GoldenEye (1995)
Affiche de GoldenEye (1995)

Finie la Guerre Froide, James Bond évolue dans un nouveau monde. On fait une synthèse du passé tout en le laissant derrière désormais, en prenant du recul sur la saga pour mieux la faire évoluer. On entre dans une époque où l’on n’a pas peur de la démesure, et Pierce Brosnan convainc très rapidement en 007.


10 – Bons baisers de Russie (Terence Young, 1963)

Affiche de Bons baisers de Russie (1963)
Affiche de Bons baisers de Russie (1963)

Quand on connaît la démesure et le côté très divertissant qui ont tendance à caractériser les films James Bond, Bons baisers de Russie offre quelque chose de très différent, de plus terre-à-terre, avec une véritable intrigue d’espionnage, et une mise en scène moderne.


9 – Demain ne meurt jamais (Roger Spottiswoode, 1997)

Affiche de Demain ne meurt jamais (1997)
Affiche de Demain ne meurt jamais (1997)

Le parti-pris par ce 18ème film est clair : divertir et impressionner. Demain ne meurt jamais ne souffre d’aucun temps mort, avec des scènes d’action spectaculaires qui rythment cet épisode mettant en lumière de nouveaux ennemis : l’information et la technologie. On en prend plein les yeux sans que cela atteigne des proportions trop démesurées (par rapport à d’autres films de la saga), et on concentre tout ce qu’il y a de meilleur dans cette période.


8 – Rien que pour vos yeux (John Glen, 1981)

Affiche de Rien que pour vos yeux (1981)
Affiche de Rien que pour vos yeux (1981)

Nous n’allions pas laisser Roger Moore dépérir dans les dernières places de ce classement uniquement. Souvent décrié pour sa présumée lenteur, ce 12ème film laisse l’humour et les gadgets de côté pour un épisode plus sérieux, trouvant une harmonie entre le souhait de divertir et celui de maintenir une vraie crédibilité. Les courses-poursuite sont impressionnantes, et on apprécie grandement le bon équilibre trouvé ici, après les folies de Moonraker.


7 – L’Espion qui m’aimait (Lewis Gilbert, 1977)

Affiche de L'Espion qui m'aimait (1977)
Affiche de L’Espion qui m’aimait (1977)

Intrigue intéressante, scènes d’action de qualité, une James Bond girl qui marque, les débuts du mémorable Requin… Tous les ingrédients s’associent à merveille pour l’un des meilleurs épisodes de la saga, qui parvient à maintenir le côté détaché et humoristique caractérisant l’ère Moore, sans que cela ne prévale sur le reste. Un épisode spectaculaire et généreux qui garantit de passer un très bon moment.


6 – Permis de tuer (John Glen, 1989)

Affiche de Permis de tuer (1989)
Affiche de Permis de tuer (1989)

Une quête personnelle pour James Bond, qui le mène sur des sentiers jusqu’ici quasiment inexplorés. Un Bond à fleur de peau, caractéristique de l’ère Dalton, où l’on s’intéresse à l’homme derrière le matricule, avant tout. Un épisode fort, violent et intense, où Bond prend tous les risques.


5 – Tuer n’est pas jouer (John Glen, 1987)

Affiche de Tuer n'est pas jouer (1987)
Affiche de Tuer n’est pas jouer (1987)

Après une baisse de régime et une période marquée par l’humour, notamment, le James Bond incarné par Timothy Dalton vient apporter un véritable renouveau. On revient à une pure intrigue d’espionnage, plus complexe, dans un cadre menaçant, gris et sombre, où Bond passe véritablement à l’action, et cherche moins à plaisanter sur les situations. Un épisode qui ne manque pas d’action, et qui concentre tout ce qu’il y a de mieux dans cette saga.


4 – Goldfinger (Guy Hamilton, 1964)

Affiche de Goldfinger (1964)
Affiche de Goldfinger (1964)

Une première apothéose pour la saga James Bond, avec le premier film à vraiment présenter tout ce qui fait l’essence d’un film James Bond aux yeux du spectateur d’aujourd’hui. De l’action, du rythme, un méchant mémorable pour une confrontation captivante avec James Bond, une grande réussite qui justifie son statut d’incontournable de la saga.


3 – Casino Royale (Martin Campbell, 2006)

Affiche de Casino Royale (2006)
Affiche de Casino Royale (2006)

Ce 21ème film remet les compteurs à zéro, lançant la saga sur une toute nouvelle trajectoire. En faisant les choses patiemment, avec des personnages bien écrits, humains, et cette idée d’utiliser le poker, l’un des jeux favoris de 007, pour illustrer les mécanismes qui dirigent le film, Casino Royale se présente comme étant l’une des plus belles réussites de cette saga. James Bond est redevenu humain, il n’est plus là pour sauver le monde, et le spectateur s’y retrouve à nouveau.


2 – Au service secret de Sa Majesté (Peter Hunt, 1969)

Affiche d'Au service secret de Sa Majesté (1969)
Affiche d’Au service secret de Sa Majesté (1969)

Méconnu, parfois mal-aimé, et pourtant. Après quelques temps à tourner en rond, la saga prend un tournant radical avec ce film résolument plus proche de l’œuvre de base et, surtout, avec un nouvel acteur. Allant crescendo, développant beaucoup plus la psychologie de James Bond, c’est un film bien plus personnel pour notre héros, qui prend ici du relief. Avec l’une des « James Bond girls » les plus marquantes de la saga, c’est un opus à part, méconnu mais, sans aucun doute, l’un des tous meilleurs, ou, au moins, l’un des plus intéressants.


1 – Skyfall (Sam Mendes, 2012)

Affiche de Skyfall (2012)
Affiche de Skyfall (2012)

Jamais nous n’avions été aussi loin dans la conscience de James Bond. Plein de symbolique, Skyfall part aux origines du mythe, dans une quête mêlant la fin de certaines choses, et le début de nouvelles. Bond affronte ses vieux fantômes, il se cherche et se retrouve en combattant son passé et en l’embrassant pour construire quelque chose de nouveau. C’est sans conteste l’un des épisodes les plus riches et les plus profonds d’une saga souvent considérée comme n’étant qu’une source de divertissement, et pas grand chose de plus. Cerise sur le gâteau, Roger Deakins est à la photographie, pour en faire également l’un des plus beaux visuellement. Difficile de ne pas le considérer comme étant le meilleur, ou l’un des tous meilleurs !


Alors, qu’en pensez-vous ? Quel serait votre classement ? Quels sont vos préférés ?

Quentin Coray

Quentin, 27 ans, mordu de cinéma depuis le visionnage de Metropolis, qui fut à l'origine d'un véritable déclic. Toujours en quête de nouvelles découvertes pour élargir mes connaissances et ma vision du cinéma. "L'art existe et s'affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l'idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains." - Andreï Tarkovski

1 réflexion sur “Le Top des Films James Bond

  • 15 novembre 2020 à 11 h 36 min
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    Moonraker en dernier, Skyfall en tête, rien à redire de ce point de vue là haha ! :D

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