TOP FILMS 2019

Une année se termine, encore. Et on peut dire, à mon avis, en tout cas, que 2019 a été une belle année cinéma, avec son lot de très bons films, grâce à des valeurs sûres (Quentin Tarantino, James Gray, Pedro Almodovar, Bong Joon-ho…), mais nous avons eu droit, aussi, à de bien belles surprises. Comme à chaque fois, on se prête au jeu des bilans, on se remémore des souvenirs, qu’ils soient bons ou mauvais. Côté cinéma, c’est la saison des Tops, qui fleurissent partout. Et si vous pensiez que j’allais faire exception à la règle… vous avez tort !

Comme l’année dernière, je n’ai pas envie de faire un Top à proprement parler, avec un numéro 1 et un classement qui devrait ranger les films selon leurs qualités ou mes propres préférences. Evidemment, il y a une certaine hiérarchisation qui est faite, on sait quels films on préfère par rapport à d’autres. Mais, à un certain moment, le classement n’a plus vraiment de sens, tant les films sont variés, les contextes dans lesquels on les a vus diffèrent, et tant d’autres critères encore peuvent biaiser le jugement. Alors, on parlera plutôt d’une sélection, qui visera à vous proposer ma vision de cette année 2019, avec 20 films retenus, sur les 78 films sortis au cours de l’année et que j’ai pu découvrir.


TOP FILMS 2019

Ad Astra

Affiche d'Ad Astra (2019)
Affiche d’Ad Astra (2019)

Un périple vers la fin de l’humanité, loin de la Terre et de notre époque, pour finalement faire naître un éclat d’humanité dans les ténèbres, et revenir à ses origines, et à l’essentiel.

Le nouveau film de James Gray donne le vertige, puisant dans des classiques comme 2001 ou Apocalypse Now, mais gardant surtout son identité propre. Il ne fait pas l’unanimité, mais c’est bien le signe d’une oeuvre signée d’un artiste qui a sa vision, qui exprime son art et qui reste cohérent dans cette expression. Riche en plans puissants et symboliques, puissant et envoûtant, mystérieux et vertigineux, Ad Astra s’impose comme un des grands films de l’année, et même de ces dernières années. C’est une épopée spatiale où les épreuves confrontent aux échecs, qui ne laissent indemnes ni le héros ni le spectateur. Porté par un Brad Pitt sobre et exemplaire, accompagné de la très belle musique de Max Richter, et très bien mis en images par Hoyte van Hoytema et une esthétique aux accents « retro », il convie le spectateur à l’introspection, faisant émerger dans sa conscience de multiples questions et réflexions.

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Chambre 212

Affiche de Chambre 212 (2019)
Affiche de Chambre 212 (2019)

Mêler passé et présent dans un film frais et spontané sur les effets du temps sur les sentiments.

Dans Chambre 212, passé et présent se mêlent comme si de rien n’était, avec une représentation des souvenirs à travers des personnages qui créent un décalage, mais qui, pourtant, appuie le propos réaliste selon lequel notre passé nous suit toujours. Chambre 212 était séduisant sur le papier, et il l’est tout autant au cours de la séance et après. Il exploite la « magie » du cinéma pour suivre un parti pris original dans sa représentation des sentiments amoureux et de notre rapport au passé. On y retrouvera du Blier, du Allen, voire un soupçon de Bergman, qu’Honoré ne manque d’ailleurs pas de citer dans le générique, preuve de la présence, plus ou moins importante, de ces différents cinéastes dans ses sources d’inspiration. Chambre 212 est une autre bien belle découverte de cette année 2019 au cinéma, portée par une Chiara Mastroianni qui n’a pas volé son prix à Cannes. Chacun y trouvera des messages qui pourront lui parler, ce qui fut mon cas, dans cette nuit des plus étranges et étonnantes dans la chambre 212.

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Dolemite is my name

Affiche de Dolemite is my name (2019)
Affiche de Dolemite is my name (2019)

Le retour en grâce d’Eddie Murphy dans un film célébrant la création artistique et l’émancipation.

Eddie Murphy, absent des écrans depuis des années, trouve ici un rôle qui lui sied à merveille, faisant écho à sa propre situation. Les retrouvailles d’un homme avec le succès, et la dualité entre l’exubérance en public, et une véritable sincérité, guidée par un idéal, en privé. Dolemite is my name est une célébration de l’émancipation, qui se manifeste à plusieurs échelles, mais aussi une célébration de l’artisanat, de l’art, et de la débrouille. Avec le Tarantino, c’était cet autre film sur le cinéma (mais pas que) qui tire son épingle du jeu. Une prestation complète de la part d’Eddie Murphy, dans un film qui n’a pas fait grand bruit et qui, pourtant, mérite toute votre attention.

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Douleur et gloire

Affiche de Douleur et Gloire (2019)
Affiche de Douleur et Gloire (2019)

En choisissant de réaliser son « film-testament », Pedro Almodóvar réalise l’une de ses plus belles œuvres, pleine de douceur, de nostalgie et d’amour pour le cinéma.

2019 fut l’année où je me suis enfin plongé dans la filmographie de Pedro Almodóvar, notamment pour préparer le visionnage de ce nouveau film, qui était sélectionné à Cannes. J’ai immédiatement adhéré à ce cinéma humain, coloré, beau, doux, amer, touchant et pertinent, et son dernier film n’a pas fait exception. Douleur et gloire était déjà, sur le papier, très séduisant. Voir un tel artiste se prêter à l’exercice de l’autobiographie ne pouvait que susciter de grandes attentions, et le cinéaste est au moins à la hauteur de ces dernières. Antonio Banderas incarne parfaitement cet alter ego qui oscille toujours entre l’apaisement et la peur de la décrépitude, livrant une prestation pleine de sensibilité et de sincérité. Almodóvar se fait rouage de son propre cinéma, se livrant à une sorte de thérapie célébrant le septième art, faisant de ce dernier le moteur de son existence, et le meilleur moyen d’exprimer ce qu’il a sur le cœur, pour trouver l’apaisement. Un apaisement communicatif, grâce à cette nouvelle oeuvre d’une grande beauté, héritage d’un cinéaste d’une grande sensibilité. Un doux moment de grâce.

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Grâce à Dieu

Affiche de Grâce à Dieu (2019)
Affiche de Grâce à Dieu (2019)

Partir d’un sujet d’actualité pour évoquer la souffrance et le pardon, avec un regard intelligent et pertinent.

Grâce à Dieu est un film exhaustif sans être lourd, ni source d’égarement pour le spectateur. Le film de François Ozon explore toute la complexité de l’accord du pardon, de la compréhension de la souffrance d’autrui, traitant de l’actualité mais pouvant s’appliquer à bien d’autres situations. Car le contexte dans lequel il se déroule, avec ses problématiques institutionnelles et religieuses, ne l’empêchent pas d’avoir une portée plus large. N’oublions pas non plus la très bonne prestation des acteurs, tous au rendez-vous, rendant hommage à toute la souffrance de ces hommes et de leur entourage, et du combat qu’ils mènent depuis des années. Un film riche, parlant et pertinent.

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Green Book

Affiche de Green Book (2019)
Affiche de Green Book (2019)

La route est celle de la prise de conscience, où chaque arrêt sera porteur d’une nouvelle leçon.

Ce que veut faire Peter Farrelly dans Green Book, ce n’est pas simplement se baser sur la problématique des a priori liés à la couleur de peau dans l’Amérique des années 60, mais bien élargir son discours en s’intéressant à la société dans son ensemble, à commencer par l’éducation et les différentes classes sociales qui la composent. Le point fort principal de Green Book demeure le duo Viggo Mortensen / Mahershala Ali, qui fonctionne à merveille. Une véritable alchimie se crée entre les deux acteurs et elle parvient à communiquer directement avec le spectateur. Le film adopte un ton souvent assez léger, voire comique, pour ne pas se retrouver trop alourdi, mais il ne tombe jamais dans l’excès pour ne pas non plus perdre en crédibilité. Green Book sait invoquer le drame et le comique avec justesse et pertinence pour maintenir un équilibre qui évite toute forme de lassitude chez le spectateur, ou de déjà-vu. Le scénario du film exploite intelligemment le matériau original, venant prôner la concorde entre les Hommes, donnant du baume au cœur et qui vous mettra, pour sûr, de bonne humeur.

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J’Accuse

Affiche de J'Accuse (2019)
Affiche de J’Accuse (2019)

Une brillante et inquiétante mise en lumière des dangers de l’état policier et de la mise en danger du libre arbitre des citoyens.

Certainement l’une des sorties les plus polémiques de l’année, à cause de son réalisateur. Pourtant, J’Accuse est sans aucun doute une grande réussite, partant d’une affaire appartenant désormais à l’Histoire et qui trouve de nombreux échos avec la société contemporaine. Nul doute que J’Accuse est l’un des grands films de cette année. Prenant, porté par de très bons acteurs, pertinent et intelligent, c’est un film important, rappelant les dangers de l’Etat-policier, de l’importance du maintien du libre-arbitre, des effets souvent néfastes du pouvoir, source de manipulations et de trahisons.

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J’ai perdu mon corps

Affiche de J'ai perdu mon corps (2019)
Affiche de J’ai perdu mon corps (2019)

Une odyssée riche en émotions qui touche à ce qu’il y a de plus pur et d’essentiel.

Rares sont les films, aujourd’hui, à être capables de toucher et de raconter les choses avec autant de poésie, comme le fait J’ai perdu mon corps. On est touché par l’histoire, on arrive à être ému par le sort d’une main, on a peur… J’ai perdu mon corps nous fait passer par tous les états et nous fait explorer tout le spectre des émotions. Le travail sur le son et les images est remarquable, et il est impossible de ne pas citer Dan Levy, compositeur de la superbe bande originale du film, qui le sublime encore davantage. Une de ces très belles surprises qui figura parmi les belles découvertes de cette année.

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L’heure de la sortie

Affiche de L'heure de la sortie (2019)
Affiche de L’heure de la sortie (2019)

Une représentation intelligente et prenante de la perte de communication entre les générations, et de la peur de la fin du monde.

Présenté comme un thriller, L’Heure de la sortie parvient à établir une ambiance curieuse, presque malsaine, nous enfermant dans ce microcosme où les comportements irrationnels se multiplient, où l’on perd nos repères. Car, dans un tel climat de panique et d’inquiétude, on ne peut qu’être désorienté. Sébastien Marnier, qui réalise ici son second long-métrage, se présente comme un témoin éclairé, plus que comme un juge moralisateur, appuyant où ça fait mal, ne cherchant pas à juger, mais surtout à éveiller les consciences. Alors que le cinéma français est toujours critiqué, souvent pour de mauvaises raisons, L’Heure de la sortie montre qu’il nous a proposé de très bons films cette année, et celui-ci figurera sans aucun doute parmi ceux qui m’ont le plus marqués cette année.

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La Belle Epoque

Affiche de La Belle Epoque (2019)
Affiche de La Belle Epoque (2019)

Rendre les souvenirs palpables, malléables, approximatifs et fantasmés pour faire de la mémoire la metteuse en scène de nos vies.

Croisant les intrigues et les destins, brouillant les pistes en rendant de plus en plus incertaine la frontière entre ce qui est réel et ce qui est mis en scène, La Belle Epoque illustre l’altération de la réalité par nos propres souvenirs et notre volonté, parfois, de nous y réfugier. La Belle Époque confirme les espoirs misés sur lui, grâce à une écriture intelligente, une idée intéressante, et des acteurs à la hauteur, avec un Daniel Auteuil très touchant en tête. C’est une manière pertinente de raconter nos liens avec le passé, le temps qui passe, l’idéal et la réalité. On s’attache, on s’égare, on s’imagine ce que nous ferions à la place de Victor, on réfléchit sur notre passé… Un beau film, très bien pensé.

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Le Daim

Affiche de Le Daim (2019)
Affiche de Le Daim (2019)

Dupieux trouve la parfaite association entre la maturité et le « bricolage » pour donner à ce Daim un style de malade.

Digne héritier d’un Réalité, celui auquel il s’apparente le plus dans la filmographie de Quentin Dupieux, Le Daim est un beau coup d’éclat de la part du cinéaste, qui pioche ici dans ses meilleures cartes pour donner vie à ce film d’une délicieuse singularité. On est dans la parfaite association entre le côté « bricolage » du Dupieux débutant, et la maturité acquise à travers la réalisation de tous ses films. Jean Dujardin excelle dans le rôle principal, auquel Dupieux semble s’identifier, pour accompagner cette mise en abyme décapante et hilarante. Pas de doute, Le Daim a un style de malade.

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Le Mans 66

Affiche de Le Mans 66 (2019)
Affiche de Le Mans 66 (2019)

Les fractures sociales représentées dans le cadre de la course automobile, théâtre de confrontations entre vendeurs et créateurs, commerciaux et artistes, où l’on prouve sa valeur à toute allure sur l’asphalte des circuits des courses mythiques.

Dans Le Mans 66, il est intéressant de voir à quel point la maîtrise de James Mangold persiste, même à toute allure. Le film a une esthétique assez « vintage », retranscrivant l’esprit des années 60. Il prend le temps de poser le contexte, de présenter les personnages, pour faire des courses les points d’orgue de cette rivalité. Impressionnantes, immersives, elles sont superbement filmées, faisant frémir le spectateur en l’embarquant dans ces bolides lancés à toute allure. On retrouve la puissance visuelle et sonore du Rush de Ron Howard, auquel on pense pendant ce film, même si les enjeux et l’angle d’attaque sont assez différents. Le Mans 66 est une belle réussite, un film parvenant à proposer une vraie expérience tout en faisant un état des lieux intéressant de notre société.

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Les Misérables

Affiche de Les Misérables (2019)
Affiche de Les Misérables (2019)

L’enfer des banlieues brillamment représenté dans un film jamais manichéen, témoignant du sentiment d’urgence qui habite ces quartiers, premiers témoins des injustices sociales qui accablent notre pays.

L’un des chocs du dernier Festival de Cannes, qui s’est réitéré lors de sa sortie en salles il y a quelques semaines. Les Misérables développe un climat de tension permanent et étouffant, qui va crescendo jusqu’à un dernier acte apocalyptique s’apparentant à un véritable cri de colère teinté de détresse. Toute prise de parti est évitée. Qu’il s’agisse des habitants des quartiers que des forces de police, tous sont dans la même misère, la même détresse, et n’ont plus que la violence pour s’exprimer. C’est elle qui est pointée du doigt, et surtout ses origines, que sont principalement le délaissement de ces quartiers et de toute une génération qui n’a plus de repères et ne veut pas se conformer à l’ordre établi. C’est l’ingérence et le manque de préoccupation du gouvernement envers ces quartiers que Ladj Ly, qui a lui-même vécu toutes ces situations, pointe du doigt.

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My Beautiful Boy

Affiche de My Beautiful Boy (2019)
Affiche de My Beautiful Boy (2019)

Un drame fort sur les liens de la famille, l’addiction, le développement de soi-même, et la capacité à trouver sa place dans la société.

Le dernier Felix van Groeningen a fait très peu d’entrées en salles, et c’est bien dommage. Avec son duo d’acteurs principaux qui génère une vraie alchimie, My Beautiful Boy offre un récit poignant, montrant les illusions que fait miroiter la drogue et les désillusions qu’elle engendre, devenant aussi une drogue pour un père dont l’inquiétude vire à l’obsession. Steve Carell et Timothée Chalamet s’entendent et s’accordent parfaitement à l’écran, portant ce drame familial intelligent et pertinent sur le fond, et se permettant également quelques beaux moments de grâce avec de très beaux plans qui contribuent à la richesse de ce film. My Beautiful Boy parvient à marquer, rappelant les dangers de la drogue et ses conséquences, certes, mais ne se limitant pas qu’à elle, allant plus loin dans la réflexion et le processus pour rappeler l’importance de la famille et du dialogue dans le développement d’une personne, et la difficulté que l’on peut rencontrer à s’accomplir et à trouver ses propres repères. Un film dur par moments, mais qui ne manque pas d’émouvoir. Très beau et fort.

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Once Upon a Time… in Hollywood

Affiche de Once upon a Time... in Hollywood (2019)
Affiche de Once Upon a Time… in Hollywood (2019)

Aux origines du cinéma de Tarantino, un voyage dans une époque où tout a basculé, une brillante célébration du cinéma, un art qui traverse les âges et qui se transforme.

Le grand retour de Tarantino à l’oeuvre, et quel retour ! Once Upon a Time… in Hollywood est un film difficile à classer dans la filmographie de Quentin Tarantino. C’est un film plus sage, plus personnel, fait avec le cœur et avec passion, où le cinéaste se livre et raconte sa vision (peut-être idéalisée mais belle) du cinéma et d’un monde auquel il a choisi de dédier sa propre vie. C’est aussi un film porté par ses interprètes, qui conviennent ici tous parfaitement aux personnages qui leur ont été désignés. Comme chaque film de Quentin, Once Upon a Time… in Hollywood divise, et il a surtout divisé les fans du cinéaste, dont une part d’entre eux regrette une « patte » beaucoup moins visible. Mais, pourtant, Tarantino a rarement été aussi éloquent, et il nous gratifie ici d’un très beau film sur le cinéma, un film qui nous transporte pendant près de trois heures, puis que l’on emporte avec nous, en mûrissant son souvenir comme celui d’un moment d’allégresse et d’insouciance.

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Parasite

Affiche de Parasite (2019)
Affiche de Parasite (2019)

Un brillant mélange des genres qui témoigne de la maestria de Bong Joon-ho, un film remarquable en tous points.

Je ne cherche certes pas à classer les films ici, mais s’il fallait le faire, Parasite serait sans doute le numéro 1. Fractures sociales, idéaux de vie dans un monde dirigé par l’argent, liens familiaux, valeurs et intégrité, Bong Joon-ho parvient, en un peu plus de deux heures, à balayer un très large spectre de thématiques auxquelles l’humanité s’intéresse depuis la nuit des temps. A chaque fois que le film franchit un seuil, il va encore plus loin, sans jamais, pourtant, dévier de sa trajectoire, restant toujours cadré par une maîtrise irréprochable qui permet de tenir le spectateur en haleine de bout en bout. On rit, on a peur, on grince des dents, on comprend, on condamne, on se moque, on a pitié… Parasite nous fait passer par toutes les émotions et par tous les états possibles, et on ne peut pas en dire autant de beaucoup de films.

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The Lighthouse

Affiche de The Lighthouse (2019)
Affiche de The Lighthouse (2019)

Une plongée hypnotique et hallucinée dans la folie, au détour d’une expérience visuellement remarquable, portée par deux acteurs complètement investis dans leurs rôles.

De la pureté de l’expérience. Ayant vécu toute mon enfance et mon adolescence en Bretagne, j’ai toujours été près des océans, entendant, la nuit, la lointaine sirène des phares, et vécu de nombreuses tempêtes. Cette idée de l’inconnu, du lointain, d’une immense force que nous ne pouvons dompter, a toujours occupé mon esprit, et The Lighthouse est venu raviver tous ces éléments pour me prendre au piège. Un piège dont je ne me suis jamais sorti au cours de la séance, fasciné par l’esthétique si particulière du film, directement héritée de l’époque du muet et des quelques années qui suivirent, ainsi que par le travail remarquable sur le son, et ce duo d’acteurs qui fonctionne à merveille. Quelque part, je m’étais toujours demandé comment vivaient les gardiens des phares à cette époque, considérant cela comme une véritable épreuve pour un être humain. The Lighthouse répond à cette question et offre, surtout, une expérience inattendue, grisante et glaçante.

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Traîné sur le bitume

Affiche de Traîné sur le bitume (2019)
Affiche de Traîné sur le bitume (2019)

Le temps s’étire dans ce polar sombre qui n’est cependant jamais long, tenant le spectateur en haleine pour une plongée désespérée aux racines les plus sombres et cachées de la nature humaine.

Pas de sortie au cinéma pour l’une de mes dernières claques en date. Et quel dommage ! Traîné sur le bitume ne laisse aucune place au hasard, parvenant à n’omettre aucun détail sans jamais tomber dans la redondance et la longueur, étant toujours d’une précision et d’une efficacité redoutables. Vince Vaughn et Mel Gibson, peu en vue depuis un certain temps, trouvent ici tous les deux un rôle tout à fait valorisant, qu’ils tiennent chacun avec une grande justesse. Si le film de S. Craig Zahler dure plus de deux heures et demie, il parvient à tenir le spectateur en haleine de bout en bout, ne laissant jamais cette sorte de langueur ambiante se transformer en ennui, et parvenant, au contraire, à toujours nous captiver davantage. Un film dont je n’ai pas perdu une seule miette, figurant parmi les excellentes surprises de cette année.

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Une vie cachée

Affiche d'Une Vie Cachée (2019)
Affiche d’Une Vie Cachée (2019)

La combinaison entre la narration des premiers temps et l’apogée esthétique des derniers films de Malick pour une quête douloureuse et magnifique sur les sentiers de la foi.

Une Vie Cachée se présente comme un large tableau poétique sur une sombre époque de l’histoire, s’intéressant aux grandes thématiques de la filmographie du cinéaste, que sont la spiritualité, la famille et la nature, explorant ici principalement la foi à travers un portrait d’homme aux convictions inébranlables, soutenu par un riche éventail de personnages secondaires qui viennent alimenter les réflexions et influer sur l’évolution du personnage de Franz. Les amateurs des récents films de Malick trouveront leur compte dans Une Vie Cachée, film d’une beauté remarquable, à l’esthétique sublime, accompagnée d’une magnifique bande originale signée James Newton Howard. Malick reste dans ses gammes, mais continue de fasciner.

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Un grand voyage vers la nuit

Affiche d'Un grand voyage vers la nuit (2019)
Affiche d’Un grand voyage vers la nuit (2019)

Une séance d’hypnose qui plonge le spectateur dans un monde de rêves, où les notions de temps et d’espace se diluent grâce à la magie du cinéma.

Bi Gan rappelle ici ce qui fait la principale force du cinéma, c’est-à-dire faire vivre des choses, attirer le spectateur à lui pour le lier à l’œuvre. Le titre français du film est des plus évocateurs, tant la nuit est ici sublimée, et tant ce rêve mis sur pellicule nous entraîne avec lui. Aussi difficile cela puisse-t-il être par moment, il faut surtout se dire qu’il s’agit de rêves et de souvenirs, que ces éléments doivent être pris à la volée pour créer un ensemble, et qu’il ne faut surtout pas chercher à les assembler dans le but de créer quelque chose de logique. Il ne faut pas penser, juste vivre, et, alors, vous pourrez profiter au mieux de cette belle expérience.

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Voilà qui conclut donc cette belle année 2019 ! On n’oublie pas d’autres crus de qualité, comme The Irishman, Le Chant du Loup, Edmond, Bienvenue à Marwen, et d’autres encore, qui pourraient très bien faire figure de mentions honorables, certains nécessitant encore du temps pour être digérés, d’autres manquant peut-être d’un « je ne sais quoi » pour définitivement tirer leur épingle du jeu. Et vous, quel est votre Top de l’année ? N’hésitez pas à le partager en commentaires !

Quentin Coray

Quentin, 26 ans, mordu de cinéma depuis le visionnage de Metropolis, qui fut à l'origine d'un véritable déclic. Toujours en quête de nouvelles découvertes pour élargir mes connaissances et ma vision du cinéma. "L'art existe et s'affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l'idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains." - Andreï Tarkovski

6 pensées sur “TOP FILMS 2019

  • 28 décembre 2019 à 6 h 43 min
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    Cette sélection est ma foi fort intéressante !
    Des tous les films sortis cette année et qu’il m’aurait plu de voir, je n’ai pu en découvrir qu’une petite trentaine. Ceci dit, je suis heureux d’en compter parmi ceux ici cités. Sans doute nuris pas fait figurer le Christophe Honoré, qui m’a profondément irrité. Ni même Green Book ou The Lighthouse que j’ai vu pas plus tard qu’avant hier et qui m’a très largement déçu dans sa seconde moitié. Mais je suis ravi de voir dans cette liste le Tarantino, le Dupieux, le Bong, le Ozon, le Gray, le Polanski, et j’en oublie, qui ont fait mon bonheur cinématographique ! J’ajoute et note aussi le Dolemite qui m’intéresse fortement, comme le Malick que je compte voir sous peu, avant de me laisser traîner sur le bitume.
    Je note les autres films que, pour certains, j’avais du laisser filer à regret (un grand voyage dans la nuit our n’en citer qu’un). Leur heure viendra peut être en 2020.
    Très belle fin d’année sous le signe du ciné.

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    • 28 décembre 2019 à 9 h 42 min
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      Il n’est pas toujours simple de suivre le rythme ! Et je dois dire que 2019 a en effet eu son lot de films intéressants. Il est rare que je voie autant de films à l’affiche, c’est même mon record personnel, je crois. De toutes façons, il n’est jamais trop tard pour rattraper ! Et tu as déjà un programme bien plaisant. ;)
      Très bonne fin d’année à toi aussi !

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  • 28 décembre 2019 à 11 h 13 min
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    The Lighthouse, Ad Astra et bien évidemment Parasite, c’est un trio gagnant pour moi !
    Étonné tout de même que ce classement de 20 films ne fasse même pas une petite place au triomphal Joker :D
    Pour ma part j’y adjoindrais aussi Endgame et L’Ascension de Skywalker, qui, s’ils sont loin d’être parfaits, représentent tout un symbole de la fin d’une ère.
    Du côté des pépites méconnues, Le Mystère des Pingouins et An Elephant Sitting Still restent pour moi des coups de coeur de l’année aussi !

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    • 28 décembre 2019 à 11 h 36 min
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      Eh oui, Joker est pour moi trop estimé par rapport à ce qu’il est vraiment. Ce n’est pas un mauvais film, mais il n’est pas non plus particulièrement brillant. En tout cas il m’a bien moins marqué que tous ceux-ci. Concernant Endgame, il était sympathique, mais pareil, et au sujet de Star Wars IX, au vu du résultat proposé, il aurait plutôt figuré dans un Flop, tant ce film est une déception, et tant il est rempli de défauts. Je comprends l’idée de « fin d’une ère », mais même en ayant tout le capital engrangé par leurs prédécesseurs, ils ne sont pas à la hauteur (surtout Star Wars), et ça ne peut pas non plus les avantager vis-à-vis des autres films. Je ne connais pas du tout Le Mystère des Pingouins, par contre, en effet, An Elephant Sitting Still est une bonne pioche ! :)

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  • 3 janvier 2020 à 20 h 12 min
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    Complètement d’accord pour L’heure de la sortie dont on a pas assez parlé! En revanche je n’ai pas compris l’engouement pour Ad Astra. Les images sont magnifiques mais le scénario est vraiment tiré par les cheveux je trouve. Et je partage votre avis sur Joker!

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    • 5 janvier 2020 à 1 h 59 min
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      Pour Ad Astra, je pense qu’il faut aimer ce que fait James Gray, dans son ensemble. Car si les histoires et les genres peuvent varier, la trame est toujours basée sur un socle commun, avec des thématiques très importantes chez le cinéaste (la famille, la paternité…). Et ici il invoque la science-fiction et le voyage spatial pour aborder ces sujets, tout en livrant son propre discours et sa propre opinion de l’avenir de l’humanité et sa place dans l’univers. Pour ma part, j’y ai été très sensible mais je comprends que ça puisse décontenancer !

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