TOP FILMS 2020

Dire que 2020 a été une année particulière serait un euphémisme. Plusieurs mois sans sorties de films au cinéma, des salles fermées, l’année fut très difficile pour le cinéma, qui n’est toujours pas au bout de ses peines. Alors que de grosses sorties étaient attendues, la plupart d’entre elles ont été reportées, et c’est sans oublier les innombrables pépites méconnues qui ont subi le même sort. 2021 commence dans le brouillard, mais gardons espoir que celui-ci finisse par se dissiper !

J’ai vu bien moins de films de 2020 qu’espéré, et j’estime toujours avoir des rattrapages à effectuer. Néanmoins, j’ai pu découvrir de beaux, voire très beaux films auxquels il était temps de rendre à nouveau hommage. Et comme les habitudes ont la vie dure, cette fois, j’ai envie de faire un petit classement sous forme de Top 10, pour bien mettre en lumière certains coups de cœur particuliers !


TOP FILMS 2020

Mention honorable – The King of Staten Island

Affiche de The King of Staten Island (2020)
Affiche de The King of Staten Island (2020)

Authentique, touchant, humain, un film rafraîchissant !

The King of Staten Island est un film proche de ses personnages, et proche du spectateur, qui pourra y trouver des instants de vie, des souvenirs et des situations qui lui parlent. Judd Apatow parvient à maintenir un bon équilibre entre sérieux et moins sérieux, restant dans le registre de la comédie, en sachant toujours quand apporter du rire, et quand nous toucher au cœur. The King of Staten Island, ce sont deux heures pleines de vie, d’authenticité et d’humanité.

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Mention honorable – Dark Waters

Affiche de Dark Waters (2020)
Affiche de Dark Waters (2020)

Une enquête en eaux troubles sur des problématiques d’actualité et un pouvoir invisible et intouchable.

Si la structure globale de Dark Waters, très habituelle, peut donner une sensation de déjà-vu, cette dernière est alimentée par une réelle volonté de faire du cinéma, qui rend le film aussi palpitant qu’il est passionnant par le sujet qu’il traite. Mark Ruffalo est, quant à lui, toujours au rendez-vous, très bien accompagné par Anne Hathaway, les deux acteurs se fondant dans ces personnages qui traversent les années alors que les dégâts réalisés par DuPont demeurent. Todd Haynes signe donc un film capable de ravir autant les curieux cherchant à en savoir plus sur ces événements, que les plus pointilleux, qui y verront un bon biopic, bien pensé et réalisé.

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Mention honorable – The Gentlemen

Affiche de The Gentlemen (2020)
Affiche de The Gentlemen (2020)

Guy Ritchie fait du Guy Ritchie, prenant du recul sur sa propre oeuvre tout en proposant un petit florilège.

The Gentlemen ne constitue pas pour Guy Ritchie qu’un simple retour dans sa zone de confort. Tous les ingrédients du succès sont présents, entre le casting de haut vol, la maîtrise rythme, l’orchestration de l’intrigue, l’écriture des personnages, l’humour toujours aussi acide et impertinent… Il est certain que les fans de Guy Ritchie trouveront leur compte grâce à une recette qui fonctionne et qui offre un très bon moment.

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Mention honorable – Adieu les cons

Affiche d'Adieu les cons (2020)
Affiche d’Adieu les cons (2020)

Une nouvelle fable douce-amère signée Albert Dupontel pour échapper à la morosité de notre monde.

Adieu les cons fait passer le spectateur du rire aux larmes, avec cet humour pertinent, contrebalancé par un sérieux jamais trop solennel pour sombrer dans la lourdeur. Dupontel a des choses à dire, et il le fait avec cœur et sincérité, invoquant un cinéma au côté artisanal mais très maîtrisé, toujours à l’affût d’idées surprenantes pour ne jamais perdre en énergie. Le réalisateur offre un point de vue pertinent sur notre société, nous mettant un petit coup derrière la tête pour nous réveiller et nous secouer, ce qu’Adieu les cons ne manque pas de faire.

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10 – Adoration

Affiche d'Adoration (2020)
Affiche d’Adoration (2020)

Une adolescence à deux visages racontée dans un conte qui nous transporte au milieu de la nature.

Adoration est un conte aussi féerique que brutal, qui nous fait nous égarer loin de tout, parvenant à cerner l’adolescence de fort belle manière, quand elle est pourtant l’une des choses les plus difficiles à cerner. Le cinéaste belge réussit son pari en signant un très beau film, porté par son duo de jeunes acteurs ici très bien dirigés, incarnant les troubles d’une période charnière de la vie, pleine de chamboulements, où il faut se perdre pour mieux se retrouver.

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9 – Uncut Gems

Affiche d'Uncut Gems (2020)
Affiche d’Uncut Gems (2020)

Un film frénétique, dense, épuisant, offrant à Adam Sandler un rôle de choix.

Uncut Gems suit bien l’objectif des frères Safdie : dépeindre la nature humaine en ajoutant au simple constat et à la réflexion la proposition d’une expérience concrète grâce au cinéma, en n’oubliant jamais d’être ancré dans la réalité, de garder les pieds sur terre pour bien rappeler que tout cela peut arriver à tout le monde, et que ces images sont la transposition de véritables expériences déjà vécues. C’est la prolongation de Good Time, à la différence que ce dernier, déjà bien éreintant et prenant, était plus calme en termes de rythme, là où Uncut Gems est dans une pure frénésie, et d’une impressionnante densité. Adam Sandler y livre une prestation impeccable, dans un film qui se saisit de thématiques remontant aux origines de l’humanité, mais qui sont on ne peut plus d’actualité.

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8 – Play

Affiche de Play (2020)
Affiche de Play (2020)

Les souvenirs prennent vie grâce à la magie du cinéma pour un bel hommage au septième art.

Play traite du souvenir, cette impression que conserve notre cerveau tant bien que mal, et qui finit toujours par se troubler au fil du temps, et que la caméra a le pouvoir d’immortaliser et de rendre disponible à volonté. Et, ici, les souvenirs reprennent ainsi vie grâce au cinéma, que Play raccroche à la réalité en faisant du septième art le narrateur de notre vie. Le film n’est plus juste un film, il devient la vie. Et, suivant ce schéma, Play fait de la caméra le témoin que se passent les générations, qui se prêtent et s’offrent cet outil que chacun utilise pour immortaliser des moments de vie, et que chacun lègue aux suivants pour qu’ils puissent en faire de même, et écrire leur propre histoire. Ainsi, Play parvient à dépasser le simple exercice de style nostalgique pour réussir à rendre un vibrant hommage au cinéma.

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7 – Dans un jardin qu’on dirait éternel

Affiche de Dans un jardin qu'on dirait éternel (2020)
Affiche de Dans un jardin qu’on dirait éternel (2020)

Adapter son regard et laisser le temps s’écouler, à une époque où tout va très vite.

S’il s’y intéresse grandement, Dans un jardin qu’on dirait éternel n’est pas juste un film sur l’art du thé. Il offre une autre vision du monde, délaissée de nos jours dans un monde où tout va vite et où l’on a tendance à céder aux pressions d’une société qui nous presse. C’est un point de vue sur la société moderne, mais aussi sur notre rapport au monde et au cinéma lui-même, nous instruisant sur notre propre regard en tant que spectateur. Un spectateur qui percevra la routine, la lenteur, voire l’ennui, comprenant l’intérêt de chacun en choisissant lui-même d’adapter son regard, et laissant alors ce doux film infuser comme un bon thé.

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6 – La Communion

Affiche de La Communion (2020)
Affiche de La Communion (2020)

Entre lumière et obscurité, un chemin de croix aussi exaltant que cruel.

En jouant sur l’ambiguïté des situations, des paroles et des personnages, La Communion a beaucoup de relief, et parvient, entre autres, à livrer un discours intelligent et raisonné sur la religion et la société chrétienne. Critiquant le dogmatisme, La Communion n’est pas un pamphlet contre le christianisme, mais bien un film qui tente de réconcilier les générations et les époques, d’alerter sur le manque et la perte de foi de la jeunesse pour mieux rappeler ses bénéfices et le fait que croire en quelque chose permet d’espérer. Intelligent, fort, pertinent, La Communion livre un discours de fond éloquent et universel, magnifié par un travail sur l’image qui contribue à l’immersion du spectateur dans ce récit mêlant amertume, allégresse, espoir, fatalité, tristesse et joie. Un regard éclairant sur une époque, un pays, sur ce qui nous constitue en tant qu’être humains.

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5 – Le Cas Richard Jewell

Affiche de Le Cas Richard Jewell (2020)
Affiche de Le Cas Richard Jewell (2020)

La figure du héros toujours au cœur du cinéma de Clint Eastwood, toujours aussi juste, prenant et émouvant.

C’est donc, derrière le jeu des médias et du FBI, un nouvel état des lieux de l’Amérique moderne que le cinéaste propose, par le prisme du héros ordinaire, nouvelle figure récurrente de sa filmographie. Si les acteurs qui nous sont familiers, comme Kathy Bates, Sam Rockwell et Jon Hamm, sont au rendez-vous, c’est bien Paul Walter Hauser, acteur méconnu, qui captive toute notre attention. Intense, poignant, il réalise une performance époustouflante et habitée, parvenant à émouvoir le spectateur et délivrant toute la puissance émotionnelle nécessaire au développement du personnage de Richard Jewell. Parfaitement dosé au niveau du rythme, on n’en perd pas une miette, restant captivés de bout en bout. S’il reste fidèle à son cinéma et à ses composantes récurrentes, Clint Eastwood continue de surprendre par la justesse avec laquelle il parvient à nous raconter des histoires.

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4 – Un pays qui se tient sage

Affiche Un pays qui se tient sage (2020)
Affiche Un pays qui se tient sage (2020)

Prendre du recul sur des faits d’actualité pour mieux comprendre notre société et les dangers qui la menacent.

Un pays qui se tient sage est un film qu’il est chaudement recommandé de regarder, pour la qualité, la pertinence et l’objectivité de la réflexion proposée, qui évite la prise de parti et qui nous invite à penser au monde qui nous entoure, à son fonctionnement et à ce vers quoi il tend à évoluer. Avec ce film, on pense aussi aux Misérables, de Ladj Ly, qui avait recours à la fiction pour également nous réfléchir sur ces sujets d’actualité, qui nous concernent tous. Un pays qui se tient sage fait l’effet d’une claque qui nous secoue, et qui offre une perspective nécessaire pour appréhender ces sujets.

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3 – Drunk

Affiche de Drunk (2020)
Affiche de Drunk (2020)

Échapper à la réalité, mais jusqu’où ? Entre rires et larmes, un film très beau et humain.

Toujours très proche de ses personnages, dans un style résolument naturaliste, Thomas Vinterberg capture avec sensibilité et intelligence notre rapport à la réalité, à la société et au monde qui nous entoure. Autant dans les excès d’allégresse que la dépression, c’est avant tout l’humanité qui s’exprime, une humanité faillible, sans quoi elle perdrait tout son sens. Fuir est une solution, mais elle n’est pas pérenne. Drunk le rappelle, montrant le fragile équilibre entre le fait de se conformer à la réalité, et celui de s’en échapper pour s’exprimer, le juste milieu étant, sans aucun doute, d’être soi-même, avant tout.

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2 – Soul

Affiche de Soul (2020)
Affiche de Soul (2020)

Pixar continue de nous émerveiller dans un nouveau film plein d’imagination et de poésie.

Souvent décrit comme étant relativement « adulte », Soul semble en effet s’adresser à un public plus âgé que d’habitude, même si l’universalité de son propos lui permet bien sûr d’être capable de toucher tous les âges. Sa grande force réside sans sa capacité à partir d’un postulat et à le remettre en question, tout en faisant preuve de subtilité et d’intelligence dans son propos, invoquant ici la vocation et la passion comme des choses galvanisantes pour l’âme d’après une vision selon laquelle nous vivons dans un but précis, pour en illustrer les limites. Ce sera l’image d’un coiffeur qui s’émeut de voir un de ses plus fidèles clients le voir enfin s’intéresser à lui plutôt qu’au jazz, ou d’une part de pizza que l’on savoure comme si c’était la première. Le retour à l’essentiel, au simple, à ce qui anime chaque instant et que l’on tend à ignorer pour des choses prétendument plus importantes. La simplicité, comme toujours chez Pixar, est au cœur de tout, dans sa beauté mais aussi, paradoxalement, dans sa complexité. Aucun doute, Soul touchera votre âme et fait beaucoup de bien par les temps qui courent, et on regrette grandement de ne pas avoir eu la chance de pouvoir le découvrir sur un grand écran.

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1 – Séjour dans les monts Fuchun

Affiche de Séjour dans les monts Fuchun (2020)
Affiche de Séjour dans les monts Fuchun (2020)

La beauté des images, l’impression du temps qui passe, la magie de l’instant. Coup de cœur instantané.

Séjour dans les monts Fuchun est un film d’atmosphère, qui emporte le spectateur dans un écrin d’harmonie et de sérénité, où le temps semble se dilater, donnant l’impression d’avoir passé quatre heures dans la salle, au lieu de deux heures trente, tant les images sont belles et riches. Ce n’est pas une impression négative, bien au contraire, car on en voudrait bien encore. Et la mention « Fin du premier volet » , apparaissant à la toute fin du film, nous fait justement espérer retrouver cet univers prochainement. Dès son premier film, Gu Xiaogang réussit un véritable tour de force, et on sait que le plus dur est de confirmer. Mais nous sommes en droit, maintenant, d’espérer voir un autre grand film de la part de réalisateur, qui impressionne ici par la qualité de son travail, malgré son jeune âge. Il y a bien longtemps que je n’avais pas vu quelque chose d’aussi beau que Séjour dans les monts Fuchun.

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C’était donc 2020, drôle d’année qui fut pleine de surprises, mais aussi de regrets. On garde ici le meilleur, en attendant la suite ! Et vous, quel est votre Top de l’année ? N’hésitez pas à le partager en commentaires !

Quentin Coray

Quentin, 27 ans, mordu de cinéma depuis le visionnage de Metropolis, qui fut à l'origine d'un véritable déclic. Toujours en quête de nouvelles découvertes pour élargir mes connaissances et ma vision du cinéma. "L'art existe et s'affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l'idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains." - Andreï Tarkovski

2 réflexions sur “TOP FILMS 2020

  • 16 janvier 2021 à 7 h 14 min
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    Les deux premiers de la liste sont sans doute les titres qui me font le plus envie. Un classement qui me rappelle aussi que j’ai toujours « uncut Gems » à voir.

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  • 16 janvier 2021 à 12 h 53 min
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    Voilà un top intéressant !
    « Uncut Gems » en exacte même position pour moi, mais presque par défaut, faute d’avoir vu beaucoup de films cette année… J’ai aimé le film, certes, mais je ne crois pas qu’il me laissera une marque indélébile.
    « Soul » est pour moi en première place, la grosse claque dont on avait tant besoin en cette fin 2020, et je ne peux que déplorer comme toi l’absence de sortie en salles ; quelle merveille le Grand Avant et le Grand Après doivent être sur grand écran !
    J’aurais aimé voir « La Communion », surtout après sa nomination aux Oscars, mais il allait passer dans le cinéma d’art et essai à côté de chez moi seulement juste au moment du premier confinement… Film à ajouter à la longue liste de ceux que cette année nous aura dérobés.
    Bon par contre, « Séjour dans les Monts Fuchun » en tête de liste, je suis loin d’être d’accord, mais je crois que je suis le seul à être de cet avis haha ! Il me semble qu’on avait d’ailleurs eu l’occasion d’en discuter rapidement en tout début d’année – c’était, avant tout, l’un des touts premiers films à sortir, le 1er janvier.
    Sinon pour moi, je retiens également le sublime documentaire « Honeyland » et l’intrigant « Last and First Men » de feu Johann Johannsson, deux excellentes découvertes inattendues mais passées – trop – inaperçues !

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