Le Voyage de Chihiro (Hayao Miyazaki, 2001) ★★★★ – Critique & Analyse

Avec Princesse Mononoké, Hayao Miyazaki avait donné naissance à une de ses œuvres les plus belles et les plus abouties. S’il n’y avait déjà pas de doute concernant la grandeur de l’œuvre du cinéaste, une nouvelle pierre majeure vient s’ajouter à l’édifice en 2001 avec Le Voyage de Chihiro.


Fiche du film

Affiche du Voyage de Chihiro (2001)
Affiche du Voyage de Chihiro (2001)
  • Genre : Aventure, Fantastique
  • Réalisateur : Hayao Miyazaki
  • Année de sortie : 2001
  • Synopsis : Lors du déménagement de sa famille, Chihiro, une fillette de 10 ans, erre dans un monde régi par les dieux, sorcières et monstres. (SensCritique)

Critique et Analyse

Le Voyage de Chihiro (2001)
Le Voyage de Chihiro (2001)

Comme dit dans les précédentes revues au sujet de ses œuvres, Miyazaki, ce sont des thématiques récurrentes, comme le rapport de l’Homme avec la nature, l’enfance et la guerre. Des thématiques toujours abordées avec un regard neuf, apportant à chaque film une nouvelle couche de réflexion et de pensées sur ces sujets. Quand vient Le Voyage de Chihiro, on découvre une petite fille, qui déménage avec ses parents et découvre un vieux parc à thèmes abandonné mais qui semble plein de mystères. Comme dans Le Château dans le Ciel, Nausicaä de la vallée du vent, Mon voisin Totoro ou encore Princesse Mononoké, le personnage principal est jeune, ce qui va permettre d’apporter une perspective tout à fait singulière au monde qui l’entoure.

« « Profusion » est d’ailleurs probablement l’un des mots correspondant le plus à ce film, tant sur la forme que dans le fond. »

Les précédents films de Miyazaki parvenaient à faire passer des messages avec pertinence et poésie, délivrant de beaux discours qui savaient toucher les spectateurs. Le but n’était pas forcément de faire de la politique, mais de sensibiliser et d’éveiller les consciences. Les thèmes, bien que variés, s’axaient généralement autour d’un ou deux thèmes principaux. Mais ce qui surprend avec Le Voyage de Chihiro, c’est la profusion de thèmes abordés. « Profusion » est d’ailleurs probablement l’un des mots correspondant le plus à ce film, tant sur la forme que dans le fond. Une profusion de personnages, de couleurs, d’effets et de sujets, qui peut facilement donner le tournis tant Le Voyage de Chihiro s’apparente à un drôle de rêve.

Le Voyage de Chihiro (2001)
Le Voyage de Chihiro (2001)

Là où les précédents films de Miyazaki exploraient un univers fantastique pour ensuite nous raccorder à la réalité, Le Voyage de Chihiro semble prendre le chemin en sens inverse, en nous éloignant peu à peu de la réalité pour nous mener vers quelque chose de fantastique. Au fur et à mesure que le spectateur avance dans l’histoire, il se pose toujours plus de questions, n’arrivant plus à saisir les tenants et aboutissants. Pour comparer avec une expérience récente, Le Voyage de Chihiro est, quelque part, à Miyazaki ce que Paprika sera à Satoshi Kon. Un film dense, profus, qui gomme nos repères et les frontières entre imaginaire et réel. C’est un périple initiatique sur le passage à l’âge adulte, la représentation du long et tortueux chemin sur lequel nous mène la quête de notre identité, mais aussi une critique de la société japonaise et la crainte d’un écrasement des traditions par la modernité.

Onirique, fantastique, bigarré, Le Voyage de Chihiro se présente comme un film-somme chez Miyazaki. Il condense l’essence de son cinéma et de ses thématiques, réalisant un conte tortueux et fantastique qui multiplie les partis pris audacieux. S’il n’est pas le Miyazaki le plus accessible, c’est l’un des plus marquants. Un égarement dans un monde de rêves pourtant si réel.


Note et avis

4/5

Un rêve plein de personnages, bigarré, tortueux, Le Voyage de Chihiro est le plus dense et le plus onirique des films de Miyazaki


Bande-annonce du film

Quentin Coray

Quentin, 27 ans, mordu de cinéma depuis le visionnage de Metropolis, qui fut à l'origine d'un véritable déclic. Toujours en quête de nouvelles découvertes pour élargir mes connaissances et ma vision du cinéma. "L'art existe et s'affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l'idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains." - Andreï Tarkovski

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