Le Château Ambulant (Hayao Miyazaki, 2004) ★★★★½ – Critique & Analyse

Après avoir visité d’immenses châteaux volants, après avoir cherché à réconcilier les Hommes et la nature, après avoir découvert un monde fantastique peuples d’esprits et d’étranges êtres, il est temps d’embarquer dans une dernière et fabuleuse aventure dans l’univers de Miyazaki : Le Château Ambulant.


Fiche du film

Affiche du Château Ambulant (2004)
Affiche du Château Ambulant (2004)
  • Genre : Aventure, Fantastique
  • Réalisateur : Hayao Miyazaki
  • Année de sortie : 2004
  • Distribution : Chieko Baisho, Takuya Kimura, Akihiro Miwa
  • Synopsis : Sophie fait la connaissance du magicien Hauru. Une sorcière jalouse jette un épouvantable sort à Sophie et la transforme en vieille femme de 90 ans. (SensCritique)

Critique et Analyse

Le Château Ambulant (2004)
Le Château Ambulant (2004)

La patte de Miyazaki est souvent reconnaissable, de par son style, l’imagination débordante dont il fait preuve, et les sujets traités. Malgré tout, impossible d’être accablé par la lassitude, ou de ne pas être surpris par ses films. Près de trente ans après son premier film, Le Château de Cagliostro, et près d’une dizaine de long métrages après, nous voici à la rencontre d’un nouveau château, ambulant cette fois. Comme il était possible de le faire de Nausicaä de la vallée du vent vers Princesse Mononoké, il est tentant de percevoir un héritage entre Le Château dans le ciel et Le Château Ambulant.

« On constate, avec Le Château Ambulant, une nouvelle volonté de Miyazaki de s’aventurer au carrefour des imaginaires, tout en alimentant son film de l’onirisme de plus en plus présent dans ses œuvres précédentes. »

Toutefois, malgré deux titres très proches et des similitudes indiscutables en termes de recherche visuelle, cet héritage n’est ni évident ni totalement fondé, bien que perceptible par moments. Car Le Château Ambulant suit la trame générale de la filmographie de Miyazaki, avec les évolutions que cette dernière a connues au fil des films. On retrouve ces architectures et ces ambiances très XIXe siècle, mélangées à des technologies plus modernes et à la présence de mages et de sorcières tout droits sortis d’un conte fantastique. On constate, avec Le Château Ambulant, une nouvelle volonté de Miyazaki de s’aventurer au carrefour des imaginaires, tout en alimentant son film de l’onirisme de plus en plus présent dans ses œuvres précédentes.

Le Château Ambulant (2004)
Le Château Ambulant (2004)

Si le fil de l’intrigue nous semble relativement clair au début, et si les éléments et les enjeux sont clairement exposés, Miyazaki s’amuse, ensuite, à gommer les frontières entre l’imaginaire et la réalité, et à estomper les repères temporels. L’héroïne vieillit, puis rajeunit, puis vieillit à nouveau… La logique temporelle s’efface et nous livre à nous mêmes dans cette rêverie spectaculaire et émouvante. Étonnamment, aussi étrange et déconcertant puisse être le déroulé de l’intrigue, nous sommes happés et captivés par ce conte mené tambour battant, d’une grande poésie, venant une nouvelle fois dénoncer la guerre, montrer sa brutalité et sa futilité face à l’immortalité de l’amour. Miyazaki invoque une nouvelle fois son imaginaire et ses « totems » (ici Calcifer et l’épouvantail) pour donner de la substance et de la beauté à son histoire.

L’intrigue du Château Ambulant est aussi décousue que limpide. Toute notion de temps nous échappe, donnant libre cours au film pour nous embarquer dans une superbe histoire sur l’amour, le temps et la guerre. Un film enchanteur, qui arrive à condenser le meilleur du cinéma de Miyazaki, un véritable voyage pour le spectateur, une nouvelle fois accompagné des magnifiques mélodies de Joe Hisaishi, et de Youmi Kimura. Après ce petit cycle dédié à Miyazaki, c’est probablement son film qui m’a le plus touché et impressionné, avec Princesse Mononoké.


Note et avis

4.5/5

Une fabuleuse aventure qui nous fait voyager hors du temps, une histoire belle et touchante, une nouvelle superbe parenthèse fantastique offerte par Miyazaki.


Bande-annonce du film

Quentin Coray

Quentin, 26 ans, mordu de cinéma depuis le visionnage de Metropolis, qui fut à l'origine d'un véritable déclic. Toujours en quête de nouvelles découvertes pour élargir mes connaissances et ma vision du cinéma. "L'art existe et s'affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l'idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains." - Andreï Tarkovski

2 réflexions sur “Le Château Ambulant (Hayao Miyazaki, 2004) ★★★★½ – Critique & Analyse

  • 21 avril 2019 à 21 h 54 min
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    Je ne l’ai pas encore vu mais ce que tu en dis et ce que j’ai lu sur ce long métrage d’animation culte me fais envie. Excellente soirée à toi :)

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    • 21 avril 2019 à 23 h 15 min
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      Je ne peux que t’encourager à le découvrir, ainsi que d’autres Miyazaki si ça n’a pas encore été fait ! Celui-ci est l’un de mes deux favoris, avec Princesse Mononoké. Très bonne soirée à toi aussi ! :)

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