1 jour, 3 films à découvrir #15

En ces temps troublés, le cinéma n’a jamais autant paru être un exutoire. Alors que, pour la plupart, nous sommes confinés chez nous, en télétravail, voire au chômage forcé, voir des films semble être un choix d’occupation privilégié. Pour tenter de penser un peu à autre chose qu’à l’actualité sinistre, j’ai eu l’idée de vous parler, tous les jours, de trois films, sortis de ma « filmothèque ». Trois films pas forcément connus, pour changer un peu de ce qu’on pourrait voir d’habitude, et sans véritable logique dans les choix, l’objectif de cette petite rubrique étant, surtout, de vous parler de cinéma, et de faire du septième art notre principal allié !

Affiche de Faust, une légende allemande (1926)
Affiche de Faust, une légende allemande (1926)

Faust (Friedrich-Wilhelm Murnau, 1926)

Synopsis : Faust accepte de signer un pacte avec le Diable pour sauver son village de la peste et de retrouver sa jeunesse en échange de son âme.

Quand l’un des plus grands cinéastes du début du XXe siècles atteint les sommets. Jusqu’ici, il n’avait vraiment approché le genre fantastique qu’avec Nosferatu (1922), sûrement son film le plus célèbre. Ici, autant que le cinéma muet a gagné en maturité, le cinéaste allemand repousse ses limites. Car le Faust de Murnau est une merveille du septième art. Splendeur de tous les instants, à l’atmosphère fantastique mortifère et éblouissante, un film monumental où forces divines et diaboliques s’affrontent pour raconter la mort et la naissance de la foi.

📺 Disponible sur UniversCiné et LaCinetek


Affiche de Témoin à charge (1957)
Affiche de Témoin à charge (1957)

Témoin à charge (Billy Wilder, 1957)

Synopsis : À peine remis d’un infarctus qui a failli le terrasser, Sir Wilfrid Robarts, ténor du barreau, accepte de prendre la défense de Leonard Stephen Vole, accusé de meurtre. L’affaire, déjà difficilement plaidable, se complique encore lorsque Christine Vole, l’épouse du prévenu, devient l’un des témoins capitaux de l’accusation.

Témoin à charge est un film prenant et surprenant à bien des égards, qui prend son temps pour poser les choses, exposer, confronter, titiller l’attention du spectateur, le faire réfléchir et hésiter. Les amateurs de films à suspense y trouveront, sans aucun doute, leur compte. Billy Wilder donne une nouvelle fois une leçon, dirigeant à merveille une équipe d’acteurs d’exception, adaptant superbement l’oeuvre d’Agatha Christie, et faisant encore une nouvelle fois preuve de toute sa qualité et de sa polyvalence.


Affiche de Dead Man (1995)
Affiche de Dead Man (1995)

Dead Man (Jim Jarmusch, 1995)

Synopsis : Deuxième moitié du XIX° siècle. En fuite après avoir assassiné un homme, le comptable William Blake rencontre un étrange Amérindien nommé Nobody qui le prépare pour son voyage dans le monde spirituel.

Dead Man est un film aussi simple dans sa volonté d’aborder des choses essentielles de la vie, qu’il peut être compliqué à cause de son aspect contemplatif et décousu. C’est un film auquel il faut réussir à adhérer, et qui ne peut plaire à tout le monde, notamment ceux qui ont du mal avec le cinéma contemplatif. Même si l’expérience m’a beaucoup plu, les qualificatifs que j’associerais au film seraient, étonnamment, négatifs : statique, léthargique, fatigué, fatigant… Mais c’est ce qui rend aussi ce genre d’expérience unique et marquante. C’est irréel, partant justement d’une réalité pour la heurter à un imaginaire, jusqu’à ce que les deux fusionnent. On perd tout repère et on s’égare, et c’est une des grandes capacités du cinéma. Avec Dead Man, Jim Jarmusch se réapproprie les codes du western et propose une errance mystique dont la singulière étrangeté la rend hypnotique. Les lointains airs de guitare électrique se répercutent dans le néant, et l’expérience demeure. Était-ce un rêve ? Nul ne le sait.

📺 Disponible sur LaCinetek

Retrouvez la sélection d’hier ici !

Quentin Coray

Quentin, 26 ans, mordu de cinéma depuis le visionnage de Metropolis, qui fut à l'origine d'un véritable déclic. Toujours en quête de nouvelles découvertes pour élargir mes connaissances et ma vision du cinéma. "L'art existe et s'affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l'idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains." - Andreï Tarkovski

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