1 jour, 3 films à découvrir #19

En ces temps troublés, le cinéma n’a jamais autant paru être un exutoire. Alors que, pour la plupart, nous sommes confinés chez nous, en télétravail, voire au chômage forcé, voir des films semble être un choix d’occupation privilégié. Pour tenter de penser un peu à autre chose qu’à l’actualité sinistre, j’ai eu l’idée de vous parler, tous les jours, de trois films, sortis de ma « filmothèque ». Trois films pas forcément connus, pour changer un peu de ce qu’on pourrait voir d’habitude, et sans véritable logique dans les choix, l’objectif de cette petite rubrique étant, surtout, de vous parler de cinéma, et de faire du septième art notre principal allié !

Affiche de Panique (1947)
Affiche de Panique (1947)

Panique (Julien Duvivier, 1947)

Synopsis : Le bizarre et presque inquiétant Monsieur Hire est soupçonné d’un crime. La foule déchaînée traque l’homme qui n’a d’autre choix que de se réfugier sur le toit d’un immeuble.

Panique de Julien Duvivier, c’est le théâtre d’une grande tragédie, avec en son cœur ce triangle amoureux, et, autour de ce dernier, cette foule assoiffée de sensations, délatrice, enragée, en quête d’un bouc émissaire, dans la droite lignée des M le Maudit et Furie de Fritz Lang. Tout est écrit, exposé et raconté avec justesse et intelligence. C’est un film maîtrisé de bout en bout, au message intemporel, trouvant encore de nombreux échos aujourd’hui, et qui est capable de nous parler à tou(te)s. Un film dont on ne parle pas assez.

📺 Disponible sur MyTF1 VOD et UniversCiné


Affiche du Guépard (1963)
Affiche du Guépard (1963)

Le Guépard (Luchino Visconti, 1963)

Synopsis : Le prince de Salina, un noble aristocrate d’une intégrité irréprochable, tente de préserver sa famille et sa classe sociale au milieu des bouleversements sociaux de la Sicile des années 1860.

Le Guépard montre la capacité d’un homme à renoncer, tout en exposant son regard nostalgique sur le passé, bienveillant sur le présent, et vigilant sur le futur. On peut y voir, dans la destruction de l’ancien ordre établi, et la construction d’un nouveau, l’opportunité pour des personnes indignes de confiance, de devenir influentes, et, même, plus loin, on voit presque se profiler le spectre de la Première Guerre Mondiale. Nombreux déjà sont les écrits sur cet immense film qui, pendant trois heures, nous fait vivre cette histoire prenante et émouvante dont on ne décroche un instant le regard, lequel n’a de cesse d’être captivé par la présence solaire de Burt Lancaster, qui livre ici une incroyable prestation, portant tout le film sur ses épaules. Personnage charismatique, émouvant et attachant, il nous impressionne et nous touche, dans un film à l’esthétique sublime, tant dans les décors intérieurs qu’extérieurs, au sens de la mise en scène impressionnant, qui multiplie les discours sur le passé et le futur avec beaucoup de justesse et de finesse d’écriture. Le Guépard est incontestablement un superbe film, en trois mots : un chef d’oeuvre.


Affiche de La Isla Mínima (2014)
Affiche de La Isla Mínima (2014)

La Isla Mínima (Alberto Rodriguez, 2014)

Synopsis : En 1980, dans une petite ville du sud de l’Espagne, des adolescentes sont assassinées. Deux détectives aux convictions différentes sont chargés d’enquêter.

La Isla Mínima réussit le pari d’être un polar convaincant, un tableau d’une époque sombre pour l’Espagne, et de véhiculer un discours sur les bases poussiéreuses et sanguinaires sur lesquelles se sont construites la société moderne. L’intrigue est prenante, et la photographie est sublime, avec de nombreux plans qui méritent d’appuyer sur pause pour en profiter quelques instants, notamment les plans aériens, dont certains font penser, dans leur forme, à des coupes de cerveau humain. Une manière de montrer que l’on va bel et bien insister à un examen de la complexité de la nature humaine ? Dans tous les cas, voilà, encore, un film qui mérite d’être plus connu, et que ceux qui ont aimé, par exemple, la série True Detective, devraient apprécier également.

📺 Disponible sur Canal VODla Boutique ARTE, MyTF1 VOD, et FilmoTV

Retrouvez la sélection d’hier ici !

Quentin Coray

Quentin, 26 ans, mordu de cinéma depuis le visionnage de Metropolis, qui fut à l'origine d'un véritable déclic. Toujours en quête de nouvelles découvertes pour élargir mes connaissances et ma vision du cinéma. "L'art existe et s'affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l'idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains." - Andreï Tarkovski

Une pensée sur “1 jour, 3 films à découvrir #19

  • 5 avril 2020 à 7 h 20 min
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    Deux magnifiques adaptations littéraires (Simenon et Lampedusa) à ne louper sous aucun prétexte, je suis bien d’accord.
    Le troisième manque à ma culture. Ce petit polar espagnol m’avait pourtant fait de l’œil à sa sortie.

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