Proxima (Alice Winocour, 2019) ★★★½ : Loin des yeux, près du cœur

En cette fin d’année, le cinéma, et notamment le cinéma français, très prolifique et riche en films de qualité cette année, continue de nous offrir des choses prometteuses. Sur le papier, Proxima avait de bonnes choses à offrir, et figurait parmi les bonnes découvertes à faire parmi les films actuellement à l’affiche.


Fiche du film

Affiche de Proxima (2019)
Affiche de Proxima (2019)
  • Genre : Drame
  • Réalisateur : Alice Winocour
  • Distribution : Eva Green, Zélie Boulant, Matt Dillon
  • Année de sortie : 2019
  • Synopsis : Sarah est une astronaute française qui s’apprête à quitter la terre pour une mission d’un an, Proxima. Alors qu’elle suit l’entraînement rigoureux imposé aux astronautes, seule femme au milieu d’hommes, elle se prépare surtout à la séparation avec sa fille de 8 ans. (SensCritique)

Critique et Analyse

Proxima (2019)
Proxima (2019)

Des liens familiaux à la conquête spatiale. Proxima nous invite à faire la rencontre de Sarah, astronaute française sélectionnée pour partir pour une longue mission dans l’espace, et de Stella, sa fille. Comme le laisse suggérer la bande-annonce, la relation entre la mère et la fille constitue le fil conducteur du film, qui suit l’évolution des liens qui les unissent au gré de la préparation de cette longue mission. L’exploration des liens familiaux, en association avec celle de l’espace, fait d’ailleurs forcément penser au Ad Astra de James Gray, sorti plus tôt dans l’année. Mais l’approche s’avère assez différente, notamment dans son exécution.

« Proxima offre un regard réaliste et intimiste sur la place des femmes dans la société, le lien maternel, l’aspiration des Hommes à conquérir l’espace et l’attache avec la maison. »

L’intérêt de Proxima réside dans le réalisme et la pudeur dont il fait preuve, tout en tentant d’aborder divers sujets, sur la basse de la préparation de cette mission pour l’espace. En tant que femme, Sarah doit s’imposer dans un monde très masculin et macho, ici principalement représenté par le personnage de l’astronaute américain, Jack, notamment au travers de la rencontre entre ce dernier et Sarah, où il dit, en plaisantant à moitié, qu’il est heureux qu’elle rejoigne la mission car, paraît-il, les françaises cuisinent très bien. Pour Sarah, l’objectif est donc de s’accomplir en tant que femme, mais aussi en tant que mère, alors qu’elle s’apprête à être séparée de sa fille pour un an. Proxima offre un regard réaliste et intimiste sur la place des femmes dans la société, le lien maternel, l’aspiration des Hommes à conquérir l’espace et l’attache avec la maison. C’est la libération de la mère couplée à la prise d’indépendance de la fille, comprises dans un ensemble plus grand sur l’humanité et l’avenir de la Terre.

Proxima (2019)
Proxima (2019)

C’est sûrement l’une des grandes qualités du film d’Alice Winocour : parler de beaucoup de choses, sans en faire trop, et en restant fidèle à son intention de base. C’est un film très humain, suivant, comme je le disais déjà au sujet d’Ad Astra, la lignée de la plupart des films récents parlant de l’espace, ne cherchant pas l’évasion au milieu des étoiles, mais le rapprochement avec l’essentiel et ce qui nous constitue. On pourrait d’ailleurs, à ce sujet, adresser quelques reproches à Proxima, qui développe bien la relation mère/fille, mais qui manque de bien la contrebalancer avec les réelles motivations de la mère, celles qui l’ont poussée à devenir astronaute et partir pour l’espace, alors que tout semble la retenir sur Terre. On pourrait toutefois, simplement, y voir une représentation d’une volonté inconsciente des Hommes à quitter la Terre pour continuer à assouvir leur volonté de découverte, alors que tout ce qui se trouve sur la planète bleue semble désormais connu.

Proxima fait toujours preuve d’humilité, exprimant les choses avec sincérité et toujours de manière à opérer un rapprochement entre les personnages du film et le spectateur. Eva Green, que l’on entend pour une fois parler français, est à la hauteur, comme on pouvait s’en douter. Aucune volonté de réaliser un coup d’éclat, juste d’instaurer un dialogue, d’élaborer des réflexions souvent pertinentes et dans l’air du temps. Un beau film intimiste et réaliste.


Note et avis

3.5/5

Proxima offre un regard intéressant sur divers sujets d’actualité, sans jamais en faire trop. Une oeuvre intimiste humaine et juste.

Bande-annonce du film

Quentin Coray

Quentin, 26 ans, mordu de cinéma depuis le visionnage de Metropolis, qui fut à l'origine d'un véritable déclic. Toujours en quête de nouvelles découvertes pour élargir mes connaissances et ma vision du cinéma. "L'art existe et s'affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l'idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains." - Andreï Tarkovski

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :