Le Dernier Voyage (Romain Quirot, 2021) – Critique & Analyse

Avec la réouverture des salles, nombreux sont les films français à se présenter à nous, permettant au cinéma de notre pays de prendre plus de place qu’il n’en a parfois parmi l’offre proposée et aux yeux du public. L’occasion de découvrir des pépites et de sortir des sentiers battus, comme à travers la découverte d’un film de science-fiction français tel que Le Dernier Voyage.


Fiche du film

Affiche du Dernier Voyage (2021)
Affiche du Dernier Voyage (2021)
  • Genre : Science-Fiction
  • Réalisateur(s) : Romain Quirot
  • Distribution : Hugo Becker, Jean Reno, Paul Hamy
  • Année de sortie : 2021
  • Synopsis : Dans un futur proche, une mystérieuse lune rouge est exploitée à outrance pour son énergie. Alors qu’elle change brusquement de trajectoire et fonce droit sur la Terre, Paul W.R, le seul astronaute capable de la détruire, refuse d’accomplir cette mission et disparaît. Traqué sans relâche, Paul croise la route d’Elma, une adolescente au tempérament explosif qui va l’accompagner dans sa fuite. (SensCritique)

Critique et Analyse

Le Dernier Voyage (2021) © Tandem Films
Le Dernier Voyage (2021) © Tandem Films

La science-fiction n’est certes pas un genre nouveau par chez nous, il a même ses références de renom, allant du Voyage dans la Lune (1902) de Georges Méliès au Cinquième Elément (1997) de Luc Besson, en passant par La Cité des Enfants Perdus (1995) de Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro, jusqu’à des films plus récents et prometteurs comme Dans la brume (2018) de Daniel Roby. Alors, quand on voit cette affiche dessinée au côté très rétro, qui sent bon les années 80, on a bon espoir de découvrir quelque chose que l’on voit rarement par chez nous.

« A l’image de son affiche, Le Dernier Voyage revendique ses références pour se présenter comme un film de passionné, honnête dans sa démarche, quitte à être submergé par elles dans cette volonté de créer un univers vivant et unique. »

Le Dernier Voyage nous immerge dans cet univers post-apocalyptique où une planète inconnue menace de détruire la Terre, où l’humanité survit dans un environnement désertique et désolé. La Tour Eiffel écroulée, les villes en ruine, les symboles qui représentent notre monde ne sont plus qu’un lointain souvenir. Rapidement, le spectateur découvre un univers aussi singulier que référencé. Paysages désertiques et environnement crasseux à la Mad Max, hologrammes, technologie et quête mystique à la Blade Runner, costumes à la Star Wars, la fuite d’un ennemi surpuissant à la Terminator… A l’image de son affiche, Le Dernier Voyage revendique ses références pour se présenter comme un film de passionné, honnête dans sa démarche, quitte à être submergé par elles dans cette volonté de créer un univers vivant et unique.

Le Dernier Voyage (2021) © Tandem Films
Le Dernier Voyage (2021) © Tandem Films

En effet, le principal atout du Dernier Voyage réside dans sa photographie soignée et dans la retranscription de cet univers post-apocalyptique très intéressant à découvrir. L’enjeu, en contrepartie, était d’être en mesure de développer un scénario consistant pouvant permettre de mettre le fond au niveau de la forme, ce que le film parvient moins à faire. L’histoire ici racontée a des allures de véritable tragédie familiale, traitant du poids du deuil et de la place de la mort dans la vie de chacun, et la science-fiction est un genre qui s’adapte très bien aux drames familiaux, comme on a pu le voir récemment avec Interstellar (2014) et Ad Astra (2019), pour ne citer qu’eux. Cependant, celle-ci trouve peu de place pour se développer, et se confronte à des écueils très classiques qui finissent par la rendre très conventionnelle, au détriment de l’intérêt du spectateur envers elle.

Là réside toute la frustration que peut générer Le Dernier Voyage, un film qui fait plaisir à voir pour ce qu’il montre de la capacité du cinéma français à proposer du bon cinéma de science-fiction, mais qui se retrouve aussi face à ses propres limites. La durée, raisonnable voire trop, le condamne aussi à courir après le temps qu’il peine à rattraper dans un dernier acte qui file à toute allure. A côté, entre références cinématographiques et musicales, le cinéaste ne lésine pas sur les clins d’œil personnels, ce qui donne au film un côté très sincère et honnête. Reste ainsi l’impression d’avoir vu quelque chose qui a de l’allure, mais qui a plus de mal à véritablement résister à l’épreuve du temps.

Note et avis

En résumé

Le Dernier Voyage est un film très référencé et il ne s’en cache pas. L’univers ici décrit est intéressant et visuellement très attrayant et riche, mais le film est rattrapé par sa courte durée qui limite ses capacités à développer davantage, et par des poncifs qui condamnent le scénario à perdre en ampleur.

Overall
6/10
6/10

Quentin Coray

Quentin, 27 ans, mordu de cinéma depuis le visionnage de Metropolis, qui fut à l'origine d'un véritable déclic. Toujours en quête de nouvelles découvertes pour élargir mes connaissances et ma vision du cinéma. "L'art existe et s'affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l'idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains." - Andreï Tarkovski

1 réflexion sur “Le Dernier Voyage (Romain Quirot, 2021) – Critique & Analyse

  • 27 mai 2021 à 21 h 18 min
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    Il m’intrigue de plus en plus ce film. Une belle tentative de sortir des sentiers battus du ciné ma français. Je pense que, malgré les écueils, ça vaut le coup d’oeil.

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