A la rencontre de… Terminator (1984)

Affiche de Terminator (1984)
Affiche de Terminator (1984)

« Sarah Connor » et « I’ll be back« , c’était encore tout ce que je savais de Terminator, une saga culte qui m’avait jusqu’ici toujours échappé. Mais il arrive forcément un moment où il faut se mettre face à ses erreurs et s’efforcer de les réparer. C’est ainsi que mon inculture a pris un sacré coup suite au visionnage de Terminator, premier du nom, modèle de consécration, tant pour un acteur, que pour le réalisateur, et un genre tout entier. Rencontre avec Terminator !

Arnold Schwarzenegger dans Terminator (1984)
Arnold Schwarzenegger dans Terminator (1984)

Nous voici donc propulsés en 2029, dans un futur apocalyptique, où le monde a été réduit à néant par une guerre nucléaire mondiale. Dans ce sinistre décor, les derniers représentants de l’espèce humaine, menés par John Connor, se battent contre des machines programmées pour les détruire. Les machines voyant les humains gagner du terrain et s’approcher de la victoire, décident d’envoyer en 1984 un Terminator, un cyborg ultra-sophistiqué ayant parfaitement l’apparence d’un humain. Là, il est envoyé pour tuer Sarah Connor, la mère de John, afin que ce dernier ne naisse jamais et que la race humaine soit anéantie dans le futur. Au même moment, Kyle Reese, l’un des résistants, est également renvoyé en 1984 afin de sauver Sarah Connor et d’éliminer le Terminator.

C’est donc en 1984 que débute l’une des sagas les plus cultes du septième art. Un premier opus qui se lance dans un genre tout nouveau au cinéma : le film d’anticipation. Même si ici la majeure partie de l’action se déroule dans le « présent » (les guillemets font référence au fait que le film a quand même 31 ans maintenant), les thématiques du futur et de l’apocalypse sont récurrentes tout au long de l’intrigue. Ses rebondissements s’appuient d’ailleurs sur le paradoxe temporel créé par le voyage dans le temps vécu par les deux antagonistes que sont le Terminator et Kyle Reeves, le premier n’ayant bien sûr en tête que d’éliminer sa cible, et le second de faire comprendre cette situation invraisemblable à Sarah Connor.

Arnold Schwarzenegger dans Terminator (1984)
Arnold Schwarzenegger dans Terminator (1984)

Terminator reste un film novateur pour l’époque. Les années 1980 ont vu l’arrivée d’une nouvelle vague de réalisateurs et l’explosion du nombre de films de science-fiction. Issu d’une génération de films d’anticipation lancée par la saga Mad Max, Terminator fait de son « héros » un méchant sans pitié ni remords. Après tout, c’est une machine. L’idée de Cameron est de montrer les dangers potentiels du développement des technologies d’intelligence artificielle dans le futur. L’élaboration d’une « conscience virtuelle » qui permet aux machines d’agir par elles-mêmes et d’avoir une volonté met en évidence la menace que représente l’affrontement entre deux formes d’intelligence dans un même monde. En effet, l’homme crée des machines pour le servir, mais il arrive un jour où, étant parvenu à créer des formes d’intelligences virtuelles à même de penser par elle-même, il se fait dépasser par celles-ci, créant une forme de conflit pouvant engendrer la destruction. C’est d’ailleurs ce qui arrive dans Terminator.

Pour mettre en scène son film, James Cameron crée une ambiance qui semble s’inspirer de celle de New York 1997, sorti trois ans plus tôt. La plupart des scènes se déroulent la nuit dans des ruelles sombres, l’objectif étant, bien sûr, d’alimenter le suspense et le climat de tension créés par le film. L’aspect impassible de ce robot-colosse increvable est également au cœur de ce climat et il est vrai qu’il est difficile, aujourd’hui, d’imaginer quelqu’un d’autre que Schwarzy dans le rôle de ce robot tueur indestructible. Les moyens utilisés restent relativement simples, mais il n’en fallait pas plus pour parvenir à un résultat des plus satisfaisants.

Michael Biehn dans Terminator (1984)
Michael Biehn dans Terminator (1984)

Terminator fait partie de ces films à petit budget qui sont parvenus à se faire une place à part entière dans l’histoire du septième art. Réalisé avec un budget de 6,4 millions de dollars, le film en a rapporté près de 80 au box-office mondial. Un succès inattendu, le film développant une thématique encore peu présente dans les salles obscures, et ne disposant pas non plus de l’aura des blockbusters entre lesquels il s’est retrouvé pris en sandwich. Mais il en fallait plus pour vaincre le cyborg, et Terminator est parvenu à obtenir un succès tant financier qu’économique des plus honorables en dépit des circonstances.

Bien ancré dans les années 1980 mais certainement pas démodé pour autant, surtout dans le fond, Terminator est un pilier parmi les films de science-fiction, devenu immanquable par sa qualité esthétique, technique, mais aussi grâce à des codes qu’il contribue largement à installer dans le processus de réalisation de films post-apocalyptiques ou futuristes, tels que la confrontation avec les machines créées par l’homme, et l’inévitable destruction de l’homme par l’homme. C’est ainsi qu’un genre développa son influence, que James Cameron arriva sur le devant de la scène, et que Schwarzenegger devint définitivement l’une des « gueules » d’Hollywood.

Note : 8/10.

Bande-annonce de Terminator (d’époque !)

https://www.youtube.com/watch?v=lHz95RYUbik

Quentin Coray

Quentin, 27 ans, mordu de cinéma depuis le visionnage de Metropolis, qui fut à l'origine d'un véritable déclic. Toujours en quête de nouvelles découvertes pour élargir mes connaissances et ma vision du cinéma. "L'art existe et s'affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l'idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains." - Andreï Tarkovski

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