Mandibules (Quentin Dupieux, 2021) – Critique & Analyse

Enfin. Il aura fallu attendre six longs mois avant de retrouver le chemin des salles. Il nous aura fallu prendre notre mal en patience, mais que dire des équipes qui ont travaillé sur des films qui attendaient également sagement (et sûrement impatiemment) de rencontrer leur public ? Annoncé alors que Le Daim venait à peine de montrer son style de malade, Mandibules a enfin pu prendre son envol. Alors, ce dernier Dupieux fait-il mouche ?


Fiche du film

Affiche de Mandibules (2021)
Affiche de Mandibules (2021)
  • Genre : Comédie
  • Réalisateur(s) : Quentin Dupieux
  • Distribution : David Marsais, Grégoire Ludig, Adèle Exarchopoulos
  • Année de sortie : 2021
  • Synopsis : Jean-Gab et Manu, deux amis simples d’esprit, trouvent une mouche géante coincée dans le coffre d’une voiture et se mettent en tête de la dresser pour gagner de l’argent avec. (SensCritique)

Critique et Analyse

Adèle Exarchopoulos dans Mandibules (2021) © Memento Films Distribution
Adèle Exarchopoulos dans Mandibules (2021) © Memento Films Distribution

S’offrir un film de Quentin Dupieux pour célébrer la réouverture des salles semblait tout à fait indiqué. On connaît l’univers si singulier du cinéaste et son aptitude à nous raconter des histoires totalement absurdes. Après avoir très rapidement enchaîné le savoureux Au Poste ! (2018) et l’imprévisible Le Daim (2019), Quentin Dupieux poursuit sur cette cadence soutenue avec Mandibules, nouveau métrage d’une durée modeste (1h17) au postulat encore une fois très surprenant et surréaliste.

« Avec Mandibules, Quentin Dupieux annonce l’été avec un film ensoleillé, où la chaleur estivale accompagne ce malaise ambiant provoqué par cette bande de losers attachants, empêtrés dans une situation rocambolesque. »

Ce qui est plaisant avec les films de Dupieux, c’est qu’on a l’impression que l’idée de base qui les dirige a été écrite sur un coup de tête, après une blague ou une soirée, en se disant « imagine des mecs qui tombent sur une mouche géante dans un coffre de voiture ? » Si ça n’a aucun sens, ce n’est certainement pas ce que cherche le réalisateur qui matérialise son idée et qui la suit jusqu’au bout. Avec Mandibules, Quentin Dupieux annonce l’été avec un film ensoleillé, où la chaleur estivale accompagne ce malaise ambiant provoqué par cette bande de losers attachants, empêtrés dans une situation rocambolesque.

Mandibules (2021) © Memento Films Distribution
Mandibules (2021) © Memento Films Distribution

Chercher un sens à la présence de cette mouche, discerner une forme de symbolique ou des facteurs rationnels, serait une pure perte de temps, et ce n’est pas ce que recherche Quentin Dupieux. En revanche, parvenir à construire quelque chose d’attrayant, capable de maintenir l’attention du spectateur malgré cela, n’est pas donné à tout le monde. Dans Mandibules, on apprécie cette absurdité permanente, cette facilité déconcertante à enchaîner des situations invraisemblables avec ces personnages complètement loufoques. Grégoire Ludig et David Marsais composent le duo parfait pour porter ce film, également marqué par la prestation à contre-emploi total d’Adèle Exarchopoulos.

Nul doute que Mandibules est pleinement marqué par la « patte » de Quentin Dupieux, reconnaissable par le ton du film certes, mais aussi par cette atmosphère qui règne, ce côté intemporel et toujours très décalé. Toutefois, là où Le Daim s’avérait assez jusqu’au-boutiste, n’hésitant pas à changer radicalement de ton en cours de route et partant dans un vrai délire, Mandibules se fait plus sage, plus calme. L’absurdité règne, mais le surréalisme est davantage en retrait, pouvant laisser sur leur faim ceux qui en attendaient beaucoup sur cet aspect. Nous ne sommes certes pas au niveau des sommets que sont notamment Réalité et Le Daim, mais Mandibules coïncide avec cette réouverture tant attendue des salles, et on ne boudera pas trop notre plaisir.

Note et avis

En résumé

Mandibules est film film sympathique, même si on n’atteint pas le niveau de surréalisme et le jusqu’auboutisme du Daim, par exemple. Quelques blagues et situations font particulièrement mouche (excellent !) mais cela reste assez calme dans l’ensemble.

Overall
6/10
6/10

Quentin Coray

Quentin, 27 ans, mordu de cinéma depuis le visionnage de Metropolis, qui fut à l'origine d'un véritable déclic. Toujours en quête de nouvelles découvertes pour élargir mes connaissances et ma vision du cinéma. "L'art existe et s'affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l'idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains." - Andreï Tarkovski

1 réflexion sur “Mandibules (Quentin Dupieux, 2021) – Critique & Analyse

  • 26 mai 2021 à 16 h 42 min
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    Pas question de bouder son plaisir en effet, ni même de prendre la mouche face à cette fantaisie légère et décalée qui n’entend filer le bourdon à personne.
    Je ne sais pas si l’idée est née lors d’une soirée trop arrosée mais ce qui est sûr c’est qu’elle ne date pas d’hier. Si on en croit Grégoire Ludig, Dupieux lui en aurait déjà parlé lors du tournage de « Au poste ! ».
    Plage ensoleillée, Manu en coquillage, Jean-Hab en crustacé, c’est l’été avant l’heure en effet.

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