Jason Bourne (Paul Greengrass, 2016) – Critique & Analyse

On pensait que tout était réglé pour Jason Bourne, que le puzzle était finalement assemblé, et que la boucle était bouclée. Mais le succès entraîne le succès, et quand une recette fonctionne, on a envie d’en servir à nouveau. C’est ce qui a mené ce Jason Bourne à voir le jour.


Fiche du film

Affiche de Jason Bourne (2016)
Affiche de Jason Bourne (2016)
  • Genre : Action, Espionnage, Thriller
  • Réalisateur(s) : Paul Greengrass
  • Distribution : Matt Damon, Tommy Lee Jones, Alicia Vikander
  • Année de sortie : 2016
  • Synopsis : La traque de Jason Bourne par les services secrets américains se poursuit. Des îles Canaries à Londres en passant par Las Vegas… (SensCritique)

Critique et Analyse

Matt Damon dans Jason Bourne (2016)
Matt Damon dans Jason Bourne (2016)

A l’origine, Jason Bourne devait être le quatrième film de la franchise, mais Paul Greengrass avait décidé de quitter le navire, et Matt Damon, partant pour revenir dans un quatrième film, ne voulait pas reprendre le rôle dans un film n’étant pas réalisé par Greengrass. C’est pour cela que le quatrième film est devenu Jason Bourne : L’Héritage, sans Matt Damon ni Paul Greengrass, avec un nouveau héros incarné par Jeremy Renner. Une suite à ce film était pressentie, lorsque Paul Greengrass a choisi de revenir, entraînant donc le retour de Matt Damon, et de Jason Bourne, dans le film du même nom. L’occasion de retrouver l’ancien agent qui continue de vivre caché, se livrant à des combats illégaux partout à travers le monde, qui va à nouveau être rattrapé par son passé.

« En continuant de développer l’histoire de la trilogie originale, Jason Bourne crée un décalage entre l’action du terrain et le pouvoir de la technologie, déjà présent auparavant mais particulièrement visible dans ce nouveau film. »

Pour justifier ce retour, les scénaristes font du père de feu David Webb l’instigateur du programme Treadstone, liant définitivement Jason Bourne à ce dernier. Un peu à la manière dont débutait La Mort dans la peau, Jason Bourne dévoile un homme à nouveau indépendant mais surtout caché, le décor de carte postale en moins, la vie paisible dans la campagne indienne ayant été troquée pour celle d’un vagabond qui se bat pour sa survie, comme pour racheter des années à assassiner des cibles pour le compte d’agences qui ne veulent plus que sa mort. Ce quatrième film (en considérant L’Héritage comme un spin-off et non comme le quatrième film de la saga, à proprement parler) aborde de nouvelles problématiques liées à l’évolution de la technologie, mettant notamment la cybersécurité et le piratage de données confidentielles en avant, par l’intermédiaire entre autres du personnage d’Heather Lee (Alicia Vikander), experte en la matière. En continuant de développer l’histoire de la trilogie originale, Jason Bourne crée un décalage entre l’action du terrain et le pouvoir de la technologie, déjà présent auparavant mais particulièrement visible dans ce nouveau film.

Matt Damon dans Jason Bourne (2016)
Matt Damon dans Jason Bourne (2016)

Bourne passe le plus clair de son temps dans l’action, encore très présente dans ce film, mais les secrets et les rebondissements sont l’affaire des technologies, à l’image du piratage réalisé par Nicky Parsons et mené par Christian Dassault, et l’influence d’Heather Lee sur l’avancée de l’enquête, que ce soit pour traquer Jason Bourne pour le compte de Dewey, ou pour, parfois, lui offrir une porte de sortie dans cette chasse géante. On pense aussi au personnage d’Aaron Kalloor, sorte de Mark Zuckerberg fictif qui vient introduire le sujet de la protection et de l’utilisation des données des citoyens pour le compte de projets secrets qui les dépassent souvent, et dont les objectifs restent très obscurs. En résulte un épisode très dense et rythmé, avec peu de temps morts et de longues scènes d’action.

Et c’est le retour de Paul Greengrass à la réalisation qui permet à ce Jason Bourne de tenir la route, contrairement au spin-off précédent, retrouvant cette identité qui fait la spécificité de la saga. Et sur ce point, le film ne laissera pas le spectateur sur sa faim, avec des scènes toujours plus spectaculaires, nous menant souvent à nous demander jusqu’où ça peut aller, sans que cela ne paraisse jamais être trop. La place d’un quatrième film dans une saga est particulière, surtout après une trilogie qui se complétait déjà bien, elle même issue d’un premier film qui n’appelait même pas forcément de suite. Bien que ce Jason Bourne se greffe aux précédents sans s’avérer essentiel, il permet en quelque sorte de laver l’affront de L’Héritage en remettant Jason Bourne au premier plan, en faisant ici référence au personnage, mais aussi à l’esprit de la saga lui-même. Un bon film d’action avec un casting de poids également, qui montre que la recette fonctionne toujours autant.

Note et avis

En résumé

Jason Bourne reprend du service dans ce quatrième film réussi, marquant les retrouvailles entre la saga et Paul Greengrass, pour un épisode une nouvelle fois très rythmé, intense et fidèle à l’esprit de la saga.

Overall
7/10
7/10

Quentin Coray

Quentin, 27 ans, mordu de cinéma depuis le visionnage de Metropolis, qui fut à l'origine d'un véritable déclic. Toujours en quête de nouvelles découvertes pour élargir mes connaissances et ma vision du cinéma. "L'art existe et s'affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l'idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains." - Andreï Tarkovski

1 réflexion sur “Jason Bourne (Paul Greengrass, 2016) – Critique & Analyse

  • 12 décembre 2021 à 14 h 37 min
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    J’ai beaucoup aimé les trois premiers et ton avis enthousiaste m’a donné bien envie de découvrir ce nouveau volet sur Netflix.

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