13ème Festival du Film Coréen à Paris – Le Bilan

Après plusieurs semaines à guetter la programmation, à organiser mes séances, j’ai pu profiter du Festival du Film Coréen à Paris, qui s’est tenu pendant dix jours avant de fermer ses portes hier soir. Cinq mois après Cannes, c’était l’occasion de retrouver l’effervescence d’un festival, de profiter du sentiment d’exclusivité que l’on ressent en allant voir les films qu’il diffuse, de consacrer tout son temps au cinéma. Petit retour, donc, sur ces quelques jours et séances passées au FFCP 2018 !

Profiter de l’occasion pour (re)découvrir le cinéma coréen

Ma principale motivation, en allant au festival, était de découvrir de nouveaux films issus du pays du matin calme, dont je connaissais déjà la qualité du cinéma, mais surtout la très (trop) faible proportion de films suffisamment médiatisés et diffusés en salles françaises. Cette année, Battleship Island a connu un petit élan de notoriété un bref moment, mais n’a été diffusé que dans quelques salles à peine. A Taxi Driver et Memoir of a Murderer n’ont jamais trouvé le chemin des salles. Burning, en compétition au Festival de Cannes, est bien l’un des seuls à avoir été correctement diffusé, notamment grâce à son passage sur la Croisette, et c’est au tour de The Spy Gone North d’en profiter. Le FFCP est donc l’occasion rêvée de découvrir, sur grand écran, des films sud-coréens de qualité, dont une très grande partie risque, hélas, d’être boudée par nos salles.

Privilégier l’éclectisme

S’il m’était difficile de partir sur une véritable frénésie au rythme de trois films par jour, faute d’être suffisamment disponible, j’ai voulu m’offrir une palette de séances variées, avec une comédie muette en noir et blanc, un blockbuster historique et épique, un film historique, un polar, un drame romantique et un thriller historique. Petit tour d’horizon de mes séances au FFCP :

Affiche de Hello Dayoung (2018)
Affiche de Hello Dayoung (2018)

Hello Dayoung

Comédie muette en noir et blanc, Hello Dayoung offre une critique du monde du travail sud coréen, d’une hiérarchisation et d’une société très « verticales », mettant en scène une sorte de grotesque morosité qui ne manque pas de fraîcheur, ni de pertinence. 3.5/5Lire ma critique

Affiche de The Great Battle (2018)
Affiche de The Great Battle (2018)

The Great Battle

Blockbuster sud-coréen de l’année, c’est un film que j’ai, probablement, mal jugé, m’attendant à quelque chose d’un peu plus profond et moins conventionnel, mais qui reprend les codes généraux du blockbuster, dans la construction de son scénario et de ses personnages. Cependant, on ne peut en aucun cas lui reprocher de ne pas être généreux. 3/5Lire ma critique

Affiche de 1987 : When The Day Comes (2017)
Affiche de 1987 : When The Day Comes (2017)

1987 : When The Day Comes

Avec A Taxi Driver l’année dernière, 1987 : When The Day Comes vient apporter de nombreux éléments sur la dictature qui a mis la Corée du Sud à genoux dans les années 1980 et mené à la révolte des jeunes générations. Avec une première partie plus orientée sur l’aspect systémique des événements et une seconde plus axée sur l’humain, c’est un film historique prenant, émouvant et bouleversant porté par de très bons interprètes, une de mes claques du festival. 4.25/5 ♥Lire ma critique

Affiche de Dark Figure of Crime (2018)
Affiche de Dark Figure of Crime (2018)

Dark Figure of Crime

Excellents dans le registre du polar, les sud-coréens pouvaient difficilement me décevoir avec Dark Figure of Crime. Polar relativement classique sur la forme, il propose cependant une intrigue tout à fait intéressante, avec son lot de rebondissements et des réflexions sur la nature du crime ainsi que ses effets sur la société et l’humanité. 3.75/5Lire ma critique

Affiche de Old Love (2017)
Affiche de Old Love (2017)

Old Love

Beaucoup plus contemplatif et lent que les précédents films, Old Love confronte l’humain à ses souvenirs, imagine les vies que l’on aurait pu vivre, se situe au carrefour des lieux et du temps pour nous immerger dans une rêverie mélancolique empreinte de nostalgie mais surtout d’une poésie crépusculaire et hivernale.3.5/5Lire ma critique

Affiche de The Spy Gone North (2018)
Affiche de The Spy Gone North (2018)

The Spy Gone North

Manqué à Cannes, rattrapé à Paris. Thriller prenant, haletant et captivant, The Spy Gone North offre une vision intéressante, intrigante et inquiétante du conflit entre les deux Corées, mettant chaque camp face à ses propres travers et transformant une guerre d’idéologies en source de business et d’arrangements malsains. La seconde claque du festival. 4.25/5 ♥Lire ma critique

That’s all, folks !

Naturellement, il y a d’autres films que j’aurais pu ou voulu voir, mais ces six séances m’ont permis de tirer un bilan tout à fait satisfaisant de ce festival. Offrant une ouverture très intéressante sur un cinéma peu en vue en France, le FFCP donne de la visibilité à des films qui le méritent, et à un cinéma qui se développe de plus en plus. C’est aussi l’occasion, au détour de séances de question/réponse avec les invités du festival (j’ai notamment pu voir Kim Kwang-sik, réalisateur de The Great Battle, et Jang Joon-hwan, réalisateur de 1987 : When The Day Comes), de constater la touchante humilité dont font preuve ces cinéastes, ravis de voir que leurs films peuvent toucher des personnes d’une autre culture, vivant à des milliers de kilomètres de leur pays et qui, surtout, méritent cette reconnaissance.

Il y a fort à parier qu’une grande partie des films diffusés au FFCP ne trouveront pas le chemin de nos salles, mais pour ceux qui auront cette chance, j’espère que le succès sera au rendez-vous, et que ce festival pourra contribuer, à long terme, au rayonnement du cinéma sud-coréen en France.

Merci à tous les organisateurs et bénévoles qui ont participé à la tenue du festival. A l’année prochaine !

Quentin Coray

Quentin, 26 ans, mordu de cinéma depuis le visionnage de Metropolis, qui fut à l'origine d'un véritable déclic. Toujours en quête de nouvelles découvertes pour élargir mes connaissances et ma vision du cinéma. "L'art existe et s'affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l'idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains." - Andreï Tarkovski

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