1 jour, 3 films à découvrir #4

En ces temps troublés, le cinéma n’a jamais autant paru être un exutoire. Alors que, pour la plupart, nous sommes confinés chez nous, en télétravail, voire au chômage forcé, voir des films semble être un choix d’occupation privilégié. Pour tenter de penser un peu à autre chose qu’à l’actualité sinistre, j’ai eu l’idée de vous parler, tous les jours, de trois films, sortis de ma « filmothèque ». Trois films pas forcément connus, pour changer un peu de ce qu’on pourrait voir d’habitude, et sans véritable logique dans les choix, l’objectif de cette petite rubrique étant, surtout, de vous parler de cinéma, et de faire du septième art notre principal allié !

Affiche de Yojimbo (1961)
Affiche de Yojimbo (1961)

Yojimbo (Akira Kurosawa, 1961)

Synopsis : Un samouraï errant fait étape dans un village terrorisé par 2 clans. En se ralliant successivement à l’un et à l’autre, il va sauver les villageois.

Dans le japon médiéval, des clans s’affrontent et mettent les villageois en danger et à rude épreuve. Dans ce monde menacé par les guerres et les rivalités, un homme fait cavalier seul, un dénommé Sanjuro. Kurosawa, cinéaste japonais légendaire, réputé comme étant l’un des plus grands réalisateurs de tous les temps, donne ici naissance à un personnage mémorable. Toshirô Mifune, son acteur fétiche, est plus charismatique que jamais, demeurant imperturbable et inflexible face aux tentatives de manipulation et d’intimidation à son égard. Plus « fou » dans Rashomon (1950) et Les Sept Samouraïs (1954), Mifune joue ici un de ces personnages dont l’aura dépasse ce seul film. Moments de tension, combats rythmés, duels de regards… Kurosawa déploie à nouveau toute sa maîtrise, et développe un langage cinématographique qui influencera beaucoup les réalisateurs de westerns spaghetti, Sergio Leone en tête, lequel réalisera un remake de Yojimbo, Pour une poignée de dollars (1964). Kurosawa lui-même offrira une nouvelle aventure à ce personnage avec Sanjuro (1962), perpétuant un peu plus la légende.


Affiche de L'Enfer est à Lui (1949)
Affiche de L’Enfer est à Lui (1949)

L’Enfer est à Lui (Raoul Walsh, 1949)

Synopsis : Le gangster Cody Jarrett et ses complices attaquent un train en Californie. Pendant l’opération, quatre employés sont tués. La police est déterminée à retrouver les coupables et surveille la mère de Cody, à laquelle ce dernier voue une adoration pathologique.

Les années 30 et 40 furent l’âge d’or des films de gangsters. Question de contexte historique et économique certes, mais aussi grâce à des acteurs qui façonnèrent leur légende en campant parfois les pires crapules. Parmi eux, James Cagney est certainement l’un de ceux qui incarnèrent le mieux à l’écran ces hommes qui défiaient les lois, parfois faute de mieux, comme dans Les Fantastiques Années 20 (1939), ou parfois car ils ont ça dans le sang, comme dans L’Enfer est à Lui. Dès la séquence d’introduction, le film impressionne et captive le spectateur, pour ne jamais le lâcher ensuite. C’est un film mené tambour battant, dont on ne perd pas une miette, montrant le combat entre la loi et le crime, mais aussi la fidélité à travers les épreuves. Aussi détestable soit-il, le personnage principal est lui-même sujet aux trahisons, et doit survivre dans un monde où l’adversité est omniprésente. James Cagney est plus impressionnant que jamais, pour un film mémorable jusqu’à la dernière réplique.


Affiche d'Assaut (1976)
Affiche d’Assaut (1976)

Assaut (John Carpenter, 1976)

Synopsis : Une nuit, à Los Angeles, les membres d’un gang assiègent un poste de police dans lequel s’est réfugié un homme qui a tué l’un des leurs. Pour survivre aux assauts répétés, les policiers et les prisonniers unissent leurs forces.

Nous devons à John Carpenter beaucoup de films de bonne, voire très bonne, voire excellente facture. L’homme aux multiples casquettes, toujours fidèle à son art avant tout, a su rapidement s’imposer, avant même le succès retentissant de son Halloween (1978), avec un film comme Assaut. Très modeste, allant à l’essentiel, c’est un film de débrouille, qui paraît être fait avec les moyens du bord, mais qui est tout sauf un travail d’amateur. Grâce à un véritable travail sur l’ambiance, et notamment le son, c’est un huis clos sous tension permanente, ramenant l’humanité à ses origines, faisant du danger qui la menace une ombre cachée dans la nuit. Carpenter est ici réalisateur, scénariste, compositeur et monteur, faisant d’Assaut un film plus que jamais estampillé Carpenter, et, s’il est dans l’ombre de certaines de ses œuvres majeures comme The Thing (1982) c’est, déjà, pour le jeune réalisateur, une grande réussite.

Retrouvez la sélection d’hier ici !

Quentin Coray

Quentin, 27 ans, mordu de cinéma depuis le visionnage de Metropolis, qui fut à l'origine d'un véritable déclic. Toujours en quête de nouvelles découvertes pour élargir mes connaissances et ma vision du cinéma. "L'art existe et s'affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l'idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains." - Andreï Tarkovski

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