Affiche de Taxi Driver (1976)

Affiche de Taxi Driver (1976)

Est-il encore nécessaire de présenter ce film ? Loué par la critique, adulé par le public, Taxi Driver fait partie de  ces œuvres dont on dit « il faut absolument que tu l’aies vu ». Ce qui est l’un des fleurons de la grande carrière de Martin Scorsese m’avait longtemps échappé, jusqu’au mois dernier, où j’ai jugé qu’il était temps de franchir le cap.

Robert de Niro dans Taxi Driver (1976)

Robert de Niro dans Taxi Driver (1976)

Quelques instants à peine après avoir lancé le film, le spectateur est directement saisi par la musique de Bernard Herrmann, qui le plonge immédiatement dans cette ambiance mélancolique et douce d’une nuit New-Yorkaise, tout en l’alarmant face aux nombreux dangers qui s’y cachent. Vous êtes invités à suivre la vie de Travis, un jeune homme sans histoires venu devenir chauffeur de taxi à New York.

Si le malaise n’est pas immédiatement palpable, c’est parce que Scorsese a décidé de le faire aller crescendo. On comprend rapidement que l’héroïsme et les paillettes ne seront pas au cœur de l’intrigue, mais que l’on va bien assister à une histoire sombre, et surtout vraie. Travis est désespérément seul, et son sentiment de solitude se transmet aisément au spectateur grâce à la maestria du réalisateur.

Robert de Niro dans Taxi Driver (1976)

Robert de Niro dans Taxi Driver (1976)

Durant toute la durée du film, Taxi Driver jongle entre élans poétiques et passages crus, à l’instar de son protagoniste qui, bien que doué de sensibilité, peine à faire preuve de délicatesse, comme en témoigne son échec avec Betsy, une jeune femme relativement distinguée, qu’il va finir par inviter au cinéma pour voir… un porno. Comme dit précédemment, cette opposition se ressent dès le thème musical principal, qui alterne entre douceur et brutalité.

De là, Scorsese parvient à restituer un film qui suit son discours de bout en bout, en choisissant un héros anonyme, confronté à l’obscurité de la nuit, d’emblée apaisante mais recelant maintes menaces. C’est d’ailleurs cette même nuit qui va absorber l’humanité de Travis, le plongeant à son tour dans l’ombre et le transformant en justicier sans scrupules, lequel n’a plus de but dans la vie que de débarrasser les rues de New York de ceux qui la souillent.

Robert de Niro dans Taxi Driver (1976)

Robert de Niro dans Taxi Driver (1976)

Bien aveugle serait celui qui ne reconnaîtrait pas à sa juste valeur la grande performance de Robert de Niro, qui se livre corps et âme dans ce rôle qui figure sans conteste parmi les plus grands de sa belle carrière. Un rôle qui tient quasiment de la schizophrénie, au vu de la transformation radicale opérée par le personnage au cours du film. La toute jeune Jodie Foster fait également ici une entrée fracassante dans le monde du septième art, faisant découvrir un nouveau talent qui allait bientôt crever l’écran.

Aujourd’hui, tout (ou presque) a déjà été dit sur Taxi Driver. Sans forcément entrer dans les détails, je ne serai pas une exception en disant à mon tour qu’il s’agit d’un immanquable, qui se vit surtout avant d’être raconté. En définitive, Taxi Driver fait partie de ces films qui ont tellement bien traité leur thématique qu’ils en sont inimitables.

Note : 9/10.