The Host (Bong Joon-ho, 2006) ★★★★ – Critique & Analyse

Le quotidien était jusqu’ici paisible, banal, sans surprises. Au bord de l’eau, on apprécie un moment de détente entre amis ou en famille. Et puis, soudain, l’horreur. Surgie de nulle part, monstrueuse, la créature sème la terreur.


Fiche du film

Affiche de The Host (2006)
Affiche de The Host (2006)
  • Genre : Action, Fantastique, Horreur, Science-Fiction
  • Réalisateur : Bong Joon-ho
  • Année de sortie : 2006
  • Casting : Song Kang-ho, Byun Hee-Bong, Park Hae-Il
  • Synopsis : À Séoul, alors que Park Gang-du, vendeur au caractère immature, travaille au bord de la rivière dans un petit snack où il vit avec sa fille unique et adorable Hyun-seo, ainsi que son père Hee-bong, sa sœur Nam-joo, une championne ratée de tir à l’arc, et son frère Nam-il, un diplômé au chomage, la foule assiste à un curieux spectacle qui ne tarde pas à déclencher une incroyable hystérie, la panique : une créature monstrueuse, immense et inconnue, surgissant du fond de la rivière ne fait que piétiner et attaquer les pauvres innocents, en détruisant tout sur son chemin. Gang-du essaie de se sauver avec sa fille, mais il la perd au cœur de la foule apeurée et la voit soudain se faire enlever par ce monstre qui part ensuite avec elle au fond de la rivière. (SensCritique)

Critique et Analyse

The Host (2006)
The Host (2006)

Bong Joon-ho est un cinéaste qui aime explorer les genres et varier les registres. Celui qui avait donné un nouveau souffle au polar coréen avec Memories of Murder change ici radicalement de style en s’essayant au registre fantastique. Loin de l’intrigue poussiéreuse de son polar, le cinéaste coréen donne naissance à une créature monstrueuse qui terrorise le peuple. Si le virage est saisissant, ses sont restées les mêmes. En effet, la préoccupation du réalisateur vis-à-vis de la manière dont le pays est géré et l’état de sa société demeurent au cœur des enjeux de The Host.

« The Host invoque le fantastique et le monstrueux pour rappeler les valeurs familiales, critiquer l’ingérence des institutions coréennes et l’interventionnisme américain. »

Fruit de négligences volontaires, la créature est le symbole du poids de l’Homme sur son environnement, de ses effets néfastes, allant jusqu’à mener à sa propre destruction. La créature dévore littéralement les Hommes, représentant d’une certaine manière l’image du danger que l’Homme représente pour lui-même. En soi, le sort de la créature n’est pas vraiment le soucis principal du métrage ou du spectateur. Elle agit comme un catalyseur de l’intrigue et comme le support des différents discours portés par le film. En effet, The Host invoque le fantastique et le monstrueux pour rappeler les valeurs familiales, critiquer l’ingérence des institutions coréennes et l’interventionnisme américain.

The Host (2006)
The Host (2006)

Car ce n’est pas parce que la manière de raconter est fantastique et basée sur de l’imaginaire, que les thématiques du film le sont aussi. Il y a, dans The Host, des éléments que l’on a régulièrement tendance à retrouver dans les films coréens modernes, comme cette paranoïa ambiante, et cette image toujours négative des institutions coréennes. Une nouvelle fois, c’est en jouant sur les couleurs et l’atmosphère générale que le cinéaste fait émerger ces pensées chez le spectateur, en débutant son film sous un soleil agréable et une lumière chaleureuse, pour le faire se poursuivre dans une grisaille permanente et dans le béton et le fer. Il y a, toujours, ce côté désespéré, avec ces variations de ton, entre l’horrifique, le grotesque et le thriller, qui permettent de caractériser les différentes composantes du scénario.

The Host est un film judicieux et intelligent. L’exercice de style pouvait être périlleux à bien des égards, comme en témoigne cette créature en images de synthèse parfois ostensiblement factice. Mais tiendrons-nous réellement rigueur aux équipes du film pour cela ? Ça ne serait pas très pertinent. Le pari du cinéaste est ici relevé, avec une belle capacité à s’approprier un genre souvent associé aux films de série B (si pas pire), pour s’exprimer sur des thématiques importantes à ses yeux, et véhiculer des messages forts. Aidé par un casting au rendez-vous, notamment un de ses acteurs fétiches, Song Kang-ho, The Host est une histoire humaine et sur l’humanité, très bien réalisée, offrant un regard intelligent et original sur la société coréenne et sur notre monde.


Note et avis

4/5

Bong Joon-ho invoque le fantastique et le monstrueux pour développer avec intelligence des thématiques on ne peut plus humaines et alerter l’humanité sur ses travers. Judicieux et pertinent.


Bande-annonce du film

Quentin Coray

Quentin, 26 ans, mordu de cinéma depuis le visionnage de Metropolis, qui fut à l'origine d'un véritable déclic. Toujours en quête de nouvelles découvertes pour élargir mes connaissances et ma vision du cinéma. "L'art existe et s'affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l'idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains." - Andreï Tarkovski

4 pensées sur “The Host (Bong Joon-ho, 2006) ★★★★ – Critique & Analyse

  • 25 mars 2019 à 12 h 19 min
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    Olala avec mon frère on arrêtait pas de regarder ce film ! L’un des seuls films « d’horreur » que je peux regarder lol

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  • 27 mars 2019 à 15 h 16 min
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    Un film formidable ! Et assez dans la lignée de Memories of murder en fait par son mélange des genres, son approche satirique de sujets sérieux qui permet à Bong de parler indirectement des problèmes de la société sud-coréenne.

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    • 27 mars 2019 à 21 h 51 min
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      Absolument ! Ça se ressent très bien malgré les grandes différences en termes de genre et d’apparence

      Répondre

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