Mad Max : Au-delà du dôme de tonnerre (George Miller & George Ogilvie, 1985) – Critique & Analyse

Après deux épisodes audacieux et jusqu’au-boutistes, le ton change radicalement avec Mad Max : Au-delà du dôme de tonnerre, qui veut offrir une nouvelle perspective de l’univers Mad Max.


Fiche du film

Affiche de Mad Max : Au-delà du dôme de tonnerre (1985)
Affiche de Mad Max : Au-delà du dôme de tonnerre (1985)
  • Genre : Aventure, Action
  • Réalisateur(s) : George Miller, George Ogilvie
  • Distribution : Mel Gibson, Bruce Spence, Adam Cockburn
  • Année de sortie : 1985
  • Synopsis : Max, de retour, s’est fait dépouiller de son maigre bien. Suivant le voleur, il arrive à la Ville du Troc, où règne Entity. Celle-ci l’engage pour qu’il la débarrasse de Master et Blaster, rois du Monde souterrain. N’ayant voulu tuer Blaster, Max est abandonné en plein désert, d’où il ressurgit à la tête d’une troupe d’enfants pour faire exploser la Ville du Troc. (SensCritique)

Critique et Analyse

Mel Gibson dans Mad Max : Au-delà du dôme de tonnerre (1985)
Mel Gibson dans Mad Max : Au-delà du dôme de tonnerre (1985)

Au départ, ce Mad Max m’intéressait pour son approche différente de l’univers Mad Max. Quand les deux premiers misaient avant tout sur une ambiance sombre et désertique, avec un minimum de personnages et de développement de leur personnalité, Mad Max 3 propose un regard différent sur ce monde post-apocalyptique. Tout d’abord, l’intrigue nous envoie visiter une ville aux faux airs de Mos Eisley (ville de Tattooine que l’on voit à plusieurs reprises dans la saga Star Wars, NDLR), et rien que le fait d’ajouter des figurants dans ce genre de scène nous fait mieux appréhender le mode d’existence de la population, même si ce n’est qu’au détour de quelques scènes.

« Mad Max 3 délaisse ainsi l’aridité des épisodes précédents pour capter une plus large audience et être plus grand public, ce qui s’avère à double tranchant, surtout lorsque les intentions peinent à être bien mises en exécution. »

On découvre aussi le fonctionnement de la ville, lequel ne dépend plus de l’utilisation du pétrole, mais de la consommation de fumier de cochons, travaillé par des petites mains punies pour des méfaits mineurs. En haut on a Tina Turner, semi-antagoniste, prise entre la volonté de faire régner la loi et son pouvoir, sa dépendance vis-à-vis des ouvriers, et son respect à l’égard de Max. Enfin, on a le dôme de tonnerre, arène de combat où la règle du « deux hommes entrent, un homme sort » règne, théâtre de combats dantesques, dont on a l’occasion d’y assister une fois au cours du film. Et puis, pour finir, on a la tribu de nomades perdue, en attente de l’arrivée d’un messie pour les guider vers un eldorado, messie qui sera bien évidemment confondu avec Max. Mad Max 3 délaisse ainsi l’aridité des épisodes précédents pour capter une plus large audience et être plus grand public, ce qui s’avère à double tranchant, surtout lorsque les intentions peinent à être bien mises en exécution.

Mel Gibson dans Mad Max : Au-delà du dôme de tonnerre (1985)
Mel Gibson dans Mad Max : Au-delà du dôme de tonnerre (1985)

Ce qui est reproché à cet opus est donc son côté plus « grand public », tendant moins à se focaliser sur les courses poursuites et au vagabondage entrecoupé par des agressions de gangs punks au look excentrique. Mais justement, même si cet aspect ne m’a pas tant dérangé, notamment dans le second opus, on pouvait apprécier le fait de voir des méchants un peu moins excentriques, et plus de dialogues permettant de donner plus de relief aux personnages secondaires. Malheureusement, c’est là que le bât blesse pour ce Mad Max 3. Les deux premiers films étaient parvenus à déployer un univers unique, capable de reprendre les codes du western pour explorer la noirceur de la nature humaine, et ramener notre espèce à ses instincts de survie les plus primaires. Sans détours, les films se basaient notamment sur l’action, proposant des séquences incroyables, sans trucages, faisant jaillir toute la violence du monde dans un fracas de tôle.

Dans Mad Max 3, le danger s’échappe, les personnages ne sont quasiment jamais menacés, et l’univers se décline dans un ton bien plus enfantin, même trop, pour vraiment ressentir l’affiliation à la saga Mad Max. L’humour désamorce systématiquement la tension, le déroulé du film suit un chemin bien trop balisé, et même la course poursuite finale ne parvient jamais à créer du suspense, ni à faire frissonner le spectateur. Une approche différente n’est pas forcément un problème, sauf quand elle dénature autant un univers, au point de ne pas parvenir à en exprimer l’essence, ce qui reste un comble pour un Mad Max.

Critique de Mad Max

Critique de Mad Max 2 : Le Défi

Note et avis

En résumé

Il y avait de bonnes choses dans Mad Max 3, comme cette vision d’une nouvelle civilisation, mais toute la cruauté et la puissance de cet univers se sont envolées pour un film générique, enfantin, presque parodique, trop balisé et prévisible pour être vraiment pris au sérieux.

Overall
5/10
5/10

Quentin Coray

Quentin, 27 ans, mordu de cinéma depuis le visionnage de Metropolis, qui fut à l'origine d'un véritable déclic. Toujours en quête de nouvelles découvertes pour élargir mes connaissances et ma vision du cinéma. "L'art existe et s'affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l'idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains." - Andreï Tarkovski

1 réflexion sur “Mad Max : Au-delà du dôme de tonnerre (George Miller & George Ogilvie, 1985) – Critique & Analyse

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