La Momie (Karl Freund, 1932) – Critique & Analyse

Dans cet âge d’or du cinéma d’horreur, plusieurs figures se sont distinguées. En tête, Boris Karloff, digne successeur du grand Lon Chaney, qui donnait ses traits à la créature de Frankenstein avant d’incarner un autre « Universal Monsters » dans La Momie, un an après.


Fiche du film

Affiche de La Momie (1932)
Affiche de La Momie (1932)
  • Genre : Epouvante, Horreur
  • Réalisateur(s) : Karl Freund
  • Distribution : Boris Karloff, Zita Johann, David Manners
  • Année de sortie : 1932
  • Synopsis : Dans l’Égypte ancienne, le grand prêtre Imhotep a été enseveli vivant pour avoir volé un manuscrit qui devait ressusciter sa belle. Découvert sous forme de momie par un archéologue, rendu à la vie, il monte une expédition pour retrouver la tombe de sa bien-aimée. Mais celle-ci s’est réincarnée en jeune femme moderne, et il lui faut la conquérir. (SensCritique)

Critique et Analyse

La Momie (1932)
La Momie (1932)

Au début des années 30, la civilisation égyptienne antique fascine, avec ses nombreux mystères, notamment suite à la « malédiction » qui suivit la découverte du tombeau de Toutankhamon en 1922. Dans le même ordre d’idées, La Momie débute avec la découverte d’un nouveau tombeau, renfermant notamment un sarcophage et une momie. Un étrange coffre indique bien qu’il ne doit pas être ouvert, mais la curiosité est trop grande, et voilà que la momie, inanimée depuis des millénaires, se réveille, terrorisant à vie un explorateur curieux, et s’évanouissant dans la nature.

« S’il se déroule dans un contexte très différent, La Momie fait grandement penser à Dracula, que ce soit dans la structure de son récit, que dans les agissements de son personnage principal. »

Retrouvant des traits plus humains, celui qui fut autrefois un grand prêtre se lance dans une quête personnelle, sans éveiller les soupçons. La Momie va alors confronter la réalité et le surnaturel, faisant d’Imhotep une figure inquiétante, capable de contrôler les autres à l’envi pour atteindre son but. S’il se déroule dans un contexte très différent, La Momie fait grandement penser à Dracula, que ce soit dans la structure de son récit, que dans les agissements de son personnage principal. A l’instar du vampire, Imhotep maîtrise l’hypnose, représentée, ici, par un plan répété plusieurs fois, où les yeux d’Imhotep sont éclairés, de la même manière que ceux de Béla Lugosi l’étaient dans Dracula.

Boris Karloff dans La Momie (1932)
Boris Karloff dans La Momie (1932)

On retrouve aussi la femme au centre du récit, partiellement sous l’emprise de la créature, mais qui ne doit pas sombrer définitivement. Ici, cela donne lieu à un triangle amoureux avec, d’un côté, Frank Whemple, et, de l’autre, Imhotep. La romance entre Frank et Helen n’est pas amenée de la manière la plus subtile qui soit, servant surtout de prétexte pour freiner Imhotep dans la réalisation de son plan, pendant que celle qui le lie à la princesse Ank-Souh-Namun permet d’effectuer des retours dans le passé et de renouer avec l’Egypte antique pour apporter au film une touche supplémentaire de mysticisme.

Le film de Karl Freund parvient, cependant, à mieux gérer son rythme que le film de Tod Browning, capitalisant sur la fascination de l’époque envers l’Egypte antique pour cultiver le mystère et offrir au spectateur un voyage dans le temps. Relativement court, comme la plupart des films de la série des Universal Monsters, La Momie va souvent à l’essentiel, ne s’attardant pas trop sur certains éléments (comme la soudaine romance entre Frank et Helen), capitalisant davantage sur le magnétisme de Boris Karloff, acteur-caméléon par excellence. Un film tout à fait plaisant et divertissant, à l’atmosphère réussie.

Note et avis

En résumé

Grâce à son atmosphère soignée, son rythme bien géré et à la présence magnétique de Boris Karloff, La Momie est un divertissement horrifique tout à fait réussi, dans la digne lignée des films de la série des Universal Monsters.

Overall
7/10
7/10

Quentin Coray

Quentin, 27 ans, mordu de cinéma depuis le visionnage de Metropolis, qui fut à l'origine d'un véritable déclic. Toujours en quête de nouvelles découvertes pour élargir mes connaissances et ma vision du cinéma. "L'art existe et s'affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l'idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains." - Andreï Tarkovski

1 réflexion sur “La Momie (Karl Freund, 1932) – Critique & Analyse

  • 15 octobre 2021 à 10 h 38 min
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    Je pense que ce sera mon film d’Halloween cette année, il traîne déjà dans ma liste depuis un moment :D

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