Ip Man 4 (Wilson Yip, 2020) – Critique & Analyse

Cela ne fait plus aucun doute : les blockbusters vont déserter les salles de cinéma cet été. Sommes-nous condamnés à ne pas pouvoir en prendre plein les yeux pour autant ? Peut-être pas. Contrairement à ses prédécesseurs, Ip Man 4, le nouvel épisode de la célèbre saga avec Donnie Yen, est sorti en salles chez nous. C’est parti pour une démonstration d’arts martiaux en bonne et due forme !


Fiche du film

Affiche d'Ip Man 4 : Le Dernier Combat (2020)
Affiche d’Ip Man 4 : Le Dernier Combat (2020)
  • Genre : Arts Martiaux, Drame
  • Réalisateur(s) : Wilson Yip
  • Distribution : Donnie Yen, Scott Adkins, Danny Chan Kwok-kwan
  • Année de sortie : 2020
  • Synopsis : Quatrième film de la série de films Ip Man, basé sur la vie du grand maître wing chun du même nom, dans lequel l’intéressé se rend cette fois-ci aux États-Unis, à San Francisco, où son élève Bruce Lee a ouvert une école. (SensCritique)

Critique et Analyse

Ip Man 4 (2020)
Ip Man 4 (2020)

Il y a douze ans, nous découvrions à l’écran les aventures d’Ip Man, grand maître des arts martiaux chinois qui fut enseigna notamment ces derniers à Bruce Lee. Un homme qui nous était présenté comme humble, sage, et totalement dévoué à son art, parfois même trop. D’abord confronté à l’invasion japonaise, faisant de sa maîtrise de la boxe Wing Chun un exutoire et un moyen de défense face à l’adversité, Ip Man nous était présenté dans un premier métrage qui aurait pu se suffire à lui-même. Mais il revint dans des suites aux intérêts et aux réceptions variées auprès des spectateurs. Aujourd’hui, il revient pour un dernier combat.

« Le maître des arts martiaux fait taire les injustices à coups de pieds et de poings qui fusent à toute vitesse, créant chez le spectateur une sorte de sentiment de jouissance face au triomphe de la sagesse sur l’idiotie. »

Cette fois, c’est le dernier. Que va pouvoir offrir ce quatrième et dernier épisode ? Conclusion, héritage, dernier baroud d’honneur… Les possibilités sont multiples. Pour Ip Man, l’heure est à la sagesse et à l’apaisement. Cependant, comme cela a toujours été le cas avec lui, ce calme et cette douceur apparents cachent une force tranquille et invincible. Le maître des arts martiaux fait taire les injustices à coups de pieds et de poings qui fusent à toute vitesse, créant chez le spectateur une sorte de sentiment de jouissance face au triomphe de la sagesse sur l’idiotie.

Ip Man 4 (2020)
Ip Man 4 (2020)

Ip Man incarne, quelque part, cette lutte face à l’adversité et aux forces négatives, cette capacité à surpasser les épreuves. Mais comment cela se matérialise-t-il dans ce quatrième épisode ? D’une assez drôle de manière. Ip Man 4 suit un scénario très classique, qui se contente de grande lignes, sans faire dans le détail. L’écriture et la finesse ne sont pas le fort de ce quatrième opus qui multiplie les stéréotypes pour proposer une galerie de personnages aussi clichés qu’identifiables. Une situation à débloquer ? Lançons un combat. Il est certain que l’on n’attend plus vraiment d’un Ip Man de briller par son écriture, mais on sent, pourtant, ici, une volonté de traiter certaines thématiques comme le racisme aux Etats-Unis, par exemple, et le traitement au côté souvent enfantin de ces sujets le rendent souvent maladroit, voire ridicule.

Cependant, Ip Man 4 arrive quelque peu à compenser ces faiblesses par une générosité et une honnêteté manifestes et, surtout, une gestion des scènes d’action toujours aussi maîtrisée. Les chorégraphies sont impressionnantes, les bruitages forts rendent les coups percutants, et le spectateur apprécie tout de même un spectacle divertissant et jouissif. On est finalement un peu indécis face à cet Ip Man 4, loin de la qualité du premier, avec tous ces clichés, cette manière de déclencher des combats à tout va, et cette intrigue assez légère. D’un autre côté, on a envie de retenir cette générosité presque enfantine, et cette dose d’action qui agit comme un exutoire auprès du spectateur.

En résumé

Note et avis

Il est certain que ce n’est plus vraiment pour le scénario que l’on va voir les Ip Man, ce quatrième opus restant toujours aussi généreux et jouissif dans ses phases d’action. Les méchants et les racistes en prennent pour leur grade, pour l’écriture et la finesse, on passera.

Note
5/10
5/10

Quentin Coray

Quentin, 26 ans, mordu de cinéma depuis le visionnage de Metropolis, qui fut à l'origine d'un véritable déclic. Toujours en quête de nouvelles découvertes pour élargir mes connaissances et ma vision du cinéma. "L'art existe et s'affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l'idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains." - Andreï Tarkovski

2 pensées sur “Ip Man 4 (Wilson Yip, 2020) – Critique & Analyse

  • 30 juillet 2020 à 6 h 42 min
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    En fait, je pense que ce film est plus finaud qu’il n’en a l’air de prime abord. Pour avoir lu quelques romans bien documentés sur la période de l’après-guerre à Chinatown, la présentation des rapports chinois/américain demeure assez réaliste, ainsi que les critiques qui en sont faites, comme l’incapacité des immigrés chinois à quitter leur quartier sécurisé pour s’ouvrir à une culture nouvelle ou la traque permanente des immigrés pour un oui ou pour un non. A cette période, beaucoup de chinois ont du mentir pour rester aux USA et se créer de nouvelles identités, chaque entrée au pays était extrêmement contrôlée avec des interrogatoires à n’en plus finir… Il y avait donc une véritable terreur à chaque contrôle de papiers et les associations chinoises de soutien, comme celle présentée dans le film possédaient un rôle communautaire important.
    Peut-être les ai-je un peu imaginés, mais j’ai ressenti derrière la critique très caricaturale primaire des sous-entendus plus profonds.
    Dans le même état d’esprit, Ip Man 4 m’a beaucoup fait penser à Tout simplement noir. Avec l’humour remplacé par le sport et pas les mêmes méthodes de traitement de la question du racisme, mais une volonté identique de dénoncer les problèmes d’intégration et d’égalité par une fausse naïveté.

    Bon, et puis ça m’a fait repenser à la réplique de Once Upon a Time in Hollywood de Tarantino. « Mes mains sont inscrites au registre des armes mortelles, si par malheur je te tue, je vais en prison. » ^^ J’ai bien ri.

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    • 30 juillet 2020 à 8 h 02 min
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      Ah je ne conteste en rien la véracité de la situation illustrée ! Il est certain que l’Amérique des années 60 était loin d’être une terre d’accueil rêvée et que le racisme y était très présent… Je souligne juste que malgré la présence de sous-entendus profonds et engagés, la manière d’amener les choses reste très caricaturale. Certes, le « format » du film fait qu’on ne cherche pas une dissertation sur la société de l’époque, mais ça reste tout de même très pataud, presque enfantin dans la manière d’amener les choses, à mes yeux. C’est juste cette idée selon laquelle il y a des sujets graves derrière qui fait que je ne me dis pas juste « pas grave, on est juste là pour de l’action décomplexée ! »

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