D’habitude, quand je commence une journée cannoise, j’ai déjà un programme assez clair en tête, avec ma petite liste de films à voir dans la journée. Pourtant, aujourd’hui, l’inspiration manquait cruellement. Evidemment, il y a le Tarantino qui fait son tapis rouge, mais je sais pertinemment que je peux faire une croix dessus. Alors il va falloir improviser, et aller s’aventurer un peu hors des sentiers battus pour faire de nouvelles découvertes.

Une idée de la foule devant le Palais, quelques heures à peine avant la projection du nouveau Tarantino

Une idée de la foule devant le Palais, quelques heures à peine avant la projection du nouveau Tarantino

Une journée qui commence d’une manière assez singulière car, la veille, alors que je faisais la queue pour Une vie cachée, j’ai été sollicité via ma page Facebook par deux étudiants en DUT Information-Communication option journalisme, qui voulaient faire un petit reportage sur les amateurs qui, comme moi, couvrent le Festival de Cannes. Pour rendre service mais, aussi, pour me prêter à l’exercice, j’accepte avec plaisir. Je les retrouve donc en matinée, suivant leurs directives, tournant divers plans, répondant à leurs questions, croisant même certains de leurs camarades en route… Je découvre toute leur organisation, la difficulté rencontrée pour réaliser un reportage, même s’il ne doit durer qu’1 minute 30, surtout lorsque le matériel prêté n’est pas à la hauteur… Mais ils se débrouillent, et je fais en sorte de faciliter la tâche, en refaisant certains plans si besoin. Le tournage aura bien pris une heure et demi, mais ils sont contents, c’est le principal ! Je ne sais pas si je passe bien devant la caméra ni si j’ai été très convaincant. On verra bien si les journalistes à qui ils montreront leur travail seront satisfaits, en tout cas, c’est ce que je leur souhaite !

Il est bientôt midi, et j’ai réussi à constituer mon programme. Première étape : Un Certain Regard avec Viendra le feu, film galicien qui semblait intéressant, et qui tombait bien, surtout. Un film qui avait en effet du potentiel et tout pour me plaire, mais là où la contemplation et la lenteur peuvent me fasciner, elles ne m’ont ici jamais parlé, avec un rendu bien trop étiré, malgré un dernier acte assez impressionnant. Sur ce petit échec, je ressors de la salle et vois une immense foule qui attend de rentrer pour la séance presse du nouveau film de Quentin Tarantino, et je vois aussi des pancartes s’agiter dans tous les sens pour demander une invitation à la séance de gala dans le Grand Théâtre Lumière.

L'équipe de Nuestras Madres à la Semaine de la Critique (sans la présence du réalisateur César Díaz, absent pour une journée organisée pour les candidats à la Caméra d'Or)

L’équipe de Nuestras Madres à la Semaine de la Critique (sans la présence du réalisateur César Díaz, absent pour une journée organisée pour les candidats à la Caméra d’Or)

Peu à l’aise au milieu des foules et sachant très bien que je ne rentrerai pas dans la salle, j’opte pour La Semaine de la Critique, beaucoup plus calme, quoique ! Beaucoup de monde pour la seconde séance de la journée de Nuestras Madres, film guatémaltèque en compétition à la Semaine de la Critique, qui, comme pour le précédent, m’intéressait sur le papier, et qui tombait bien en termes d’horaire. Au vu du monde présent, j’admets avoir un peu eu peur quant à mes chances de rentrer, mais tout s’est bien passé. Le résultat final a été au-delà de mes espérances, certes très académique et pas des plus originaux, mais intéressant et instructif.

L'équipe de La Fameuse Invasion des ours en Sicile (avec le réalisateur Lorenzo Mattotti à gauche, faisant face à Thierry Frémaux, de dos)

L’équipe de La Fameuse Invasion des ours en Sicile (avec le réalisateur Lorenzo Mattotti à gauche, faisant face à Thierry Frémaux, de dos)

Il faut maintenant repartir vers le Palais et la salle Debussy pour la dernière séance du jour, encore du côté d’Un Certain Regard, avec La Fameuse Invasion des ours en Sicile, un des rares films d’animation présents en sélection officielle. Raison de plus pour s’y intéresser ! Dans la salle Debussy qui plus est, nous ne bouderons pas notre plaisir. Comme le réalisateur, venu présenter le film avec une partie de l’équipe, l’a indiqué, c’est un film avant tout pour les enfants, ce qui se ressent en voyant les visuels et la trame générale du film. Mais force est de constater qu’il demeure sympathique et propose un bon moment. Voilà, troisième et dernière séance bouclée, trois films relativement courts, qui m’ont permis de les enchaîner assez facilement, ce qui fait du bien. La journée aura donc été productive, loin du grand centre d’intérêt du jour, mais c’est toujours bon de partir un peu à l’aventure. Aujourd’hui, j’ai préféré la Galice, le Guatemala et l’Italie à Leonardo DiCaprio et Brad Pitt, désolé !