Cannes 2019 – Jour 7 – A la recherche de la Palme d’Or

Septième jour de Festival, ce dernier bat son plein, et nous sommes déjà à mi-parcours. Les films de la compétition s’enchaînent, et de nouveaux favoris se présentent dans la quête de la Palme d’Or, accumulant les éloges qui ne cessent d’accroître le sentiment d’indécision chez celles et ceux qui se livrent à l’exercice des pronostics. Il est temps de se faire une idée par soi-même.

To live to sing (2019)
To live to sing (2019)

Première séance du jour à la Quinzaine des Réalisateurs. C’est presque devenu une tradition. La séance est prévue à 11h30, mais je suis déjà dans la file aux alentours de 9h30 avec Jules. Le film de ce matin s’intitule To live to sing, film chinois racontant l’histoire d’une troupe d’opéra traditionnel dont le quartier où ils se produisent va être détruit. Le thème était intéressant, et les premiers visuels séduisants. Comme d’habitude, on profite de l’attente pour discuter avec nos voisins de file, échanger sur le cinéma, les films de cette Quinzaine, sur nos activités… C’est toujours un moment agréable, qui rappelle que le Festival séduit toujours plein de passionnés, que l’on n’a pas forcément l’occasion de croiser en allant au cinéma habituellement. La séance, quant à elle, sera bien plus anecdotique, avec un film moyen, pourtant capable d’offrir des moments de grâce, mais qui peine à tirer son épingle du jeu.

Portrait de la jeune fille en feu (2019)
Portrait de la jeune fille en feu (2019)

A peine le générique se lance, il faut partir. Car il est déjà 13h15, et le prochain objectif est Le portrait de la jeune fille en feu, de Céline Sciamma, qui recueille des critiques dithyrambiques. La séance est à 14h45 en Salle du Soixantième, pas le temps d’attendre, et on s’offre un petit sprint improvisé sur la Croisette, façon Serge Karamazov dans La Cité de la Peur. Un peu essoufflés, on arrive largement à temps, il y a encore peu de monde, on est bien. Pour Jules, petit doute, car son badge Cinéphile n’offrait pas d’accès à cette salle auparavant mais, normalement, à partir de la deuxième semaine, c’est possible. Dans le doute, on demande quand même au personnel et, comme d’habitude, pas de réponse franche. On nous dit qu’il faut une invitation (c’est le cas, mais que pour les séances spéciales), puis finalement c’est bon… Puis la personne revient dix minutes plus tard pour dire qu’il faut une invitation. Jules est parti foncer en chercher une, mais le quartier où se situe le stand donnant des invitations aux Cinéphiles était bouclé. Et, bien entendu, il n’y avait pas besoin d’invitations. J’entre donc, tout seul, pour découvrir un film formellement très beau, une belle histoire d’amour avec deux excellentes actrices, mais sans avoir été capable d’effacer la distance entre le film et moi.

Une vie cachée (2019)
Une vie cachée (2019)

Petite pause du jour, le temps de chercher un peu à manger, et de songer, déjà, au Malick à 21h30. Je remonte dès 18h vers la Salle du Soixantième, et je vois déjà une sacrée file. Je suis inquiet, mais je me rends vite compte que c’était pour une autre séance, et j’ai l’occasion de bavarder avec un autre festivalier qui me raconte son travail de projectionniste bénévole, ses participations à des festivals, et son ancien métier dans l’informatique, dont il a connu les débuts dans les années 1970. La pluie commence à tomber, les gens commencent à rentrer, et je me mets d’emblée auprès de la barrière pour attendre le Malick. Certains me regardent bizarrement, se demandant ce que fais là, tout seul sous la pluie. Je suis rapidement rejoint par Jules, heureusement muni d’un parapluie, puis, quand toute la file de la séance précédente est enfin rentrée, retour au calme. On reconnaît, juste derrière nous, Chris, une autre blogueuse avec qui on échange régulièrement sur Twitter, et nous repartons dans une nouvelle conversation pendant les deux heures d’attente qu’il nous reste. A 21h30, on rentre enfin, et le film commence à 21h45. La séance fut des plus étranges et frustrantes, ayant été ébloui par les 40 premières minutes avant, hélas, de commencer à devoir lutter contre la fatigue quand le rythme se mit à baisser. Aussi fascinant soit-il, l’aspect contemplatif des films de Malick les rend magiques, mais aussi éprouvants, surtout à un horaire aussi tardif et, à mes yeux, assez injuste pour un film aussi long. Malgré tout, force est de constater que le film est superbe, même si, finalement, mon souvenir du film reste assez particulier et brouillé par la fatigue. Il est bientôt 1 heure du matin, et le temps de rentrer, avant d’attaquer une nouvelle journée au programme plus éclaté et improvisé.

Quentin Coray

Quentin, 27 ans, mordu de cinéma depuis le visionnage de Metropolis, qui fut à l'origine d'un véritable déclic. Toujours en quête de nouvelles découvertes pour élargir mes connaissances et ma vision du cinéma. "L'art existe et s'affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l'idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains." - Andreï Tarkovski

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