Septième Lard – The Human Centipede III : Final Sequence (2015)

Affiche de The Human Centipede III (2015)
Affiche de The Human Centipede III (2015)

Mes chers amis, le septième art n’est pas pourvoyeur que de grandes réussites. Après tout, rien n’est parfait. Et on n’apprécie mieux les belles œuvres que lorsque l’on a été confronté au pire. Parfois, on sait à quoi on s’attaque, parfois, la surprise demeure entière jusqu’au bout. Ce cas bien spécial m’a lancé dans cette petite démarche personnelle, car une découverte n’est pas toujours agréable. Je tiens à préciser que ma santé mentale est tout à fait bonne. Je tiens également à dire que je ne partage pas les fantasmes des personnages dudit film. Enfin, afin de préserver votre intégrité, et celle de ce blog, j’ai décidé de ne pas intégrer dans cet article d’images trop explicites. Pour cela, je vous laisse vous balader sur Google et regarder le trailer si cela vous chante.

Laurence R. Harvey et Dieter Laser dans The Human Centipede III : Final Sequence
Laurence R. Harvey et Dieter Laser dans The Human Centipede III : Final Sequence (2015)

« Le 10 juin 2015

Cher Tom Six,

Voilà six ans que tu as connu le succès avec ton film d’horreur phare, The Human Centipede, film d’horreur de Série B somme toute convenable, bien qu’il faille un estomac solide pour ne pas se retrouver dans l’embarras d’un plat de tagliatelles carbonara trop vite régurgité, à la vue d’images quelque peu dérangeantes, pour ne pas dire dégueulasses. Tu vois, j’ai aussi décidé de jouer dans la finesse aujourd’hui. Grâce à un très bon Dieter Laser en chirurgien à la retraite en proie à des délires macabres des plus dégoûtants (créer un mille-pattes humain en joignant ses membres par les extrémités, si vous voyez ce que je veux dire), tu avais créé une véritable curiosité cinématographique, absolument malsaine, mais tu as lancé ton petit phénomène. Deux ans plus tard, tu rempiles avec The Human Centipede II : Full Sequence, avec un autre barge en tête d’affiche, t’enfonçant encore plus dans le malsain, mais perdant de la qualité en route. Qu’à cela ne tienne, il te fallait une trilogie, et un troisième opus digne de ce nom. Pour cela, tu as décidé de réintégrer tes deux protagonistes des opus précédents dans de nouveaux rôles, avec plus de moyens et d’ambition. Il était temps pour The Human Centipede de livrer un dernier baroud d’honneur, auquel j’ai assisté, allant jusqu’au bout dans ma démarche… Ugh. « 

The Human Centipede III : Final Sequence (2015)
The Human Centipede III : Final Sequence (2015)

« Diantre, fichtre, sacrebleu, quelle est donc cette désagréable sensation qui m’envahit ? Serais-je choqué ? Pas tant que ça. Ce n’est pas non plus que j’aime ce genre de films, loin de là, très très loin. Est-ce l’incroyable condition physique de Dieter Laser qui, âgé de 73 ans, me rendrait presque jaloux alors que j’ai plus de cinquante ans de moins ? Si ce n’était que ça… En réalité, je ne peux point te pardonner ce massacre cinématographique dont l’ambition se mue rapidement en moquerie ouverte envers le spectateur. Ah ! Je te vois venir, The Human Centipede n’est pas une franchise qui tourne autour de la philosophie, le budget est serré, bla bla bla… Tu me convaincrais presque, mais je ne me suis pas encore extirpé du véritable gouffre sans fond dans lequel tu m’as plongé tout au long de l’histoire. Pourtant, tu avais toutes les cartes en main pour faire plaisir à ta petite communauté de fans, les deux protagonistes revenants en tête de liste.

En fait, si je devais donner un titre alternatif à ton film, ce serait probablement quelque chose du genre « Le directeur de prison fou » ou « Monologue désordonné d’un psychopathe » . Dieter Laser était probablement ton meilleur atout, mais tu l’as utilisé comme si on faisait un tapis avec 2 et 7 au poker, ça marche quand on a le flair, mais quand on n’en a pas les moyens, on se couche. L’intérêt premier du film, c’est la création du fameux mille-pattes humain, ce comble de l’horreur que tu as porté à l’écran, et pourtant, tu attends 1h26 pour le faire apparaître, c’est à dire un quart d’heure avant la fin. Tout ce qui précède, c’est une succession de scènes interminables mettant en scène un directeur de prison fou, aux pulsions irrésistibles, à la fois pervers et psychopathe, totalement dérangé, mais surtout saoulant à souhait.

Plus j’avance, plus je prie pour que l’on abrège mes souffrances. Je te prie, Tom Six, de m’écouter attentivement, moi qui parle après avoir vu ton film avec mes yeux de modeste spectateur. Vouloir faire un film décalé, crade mais assumé, ne te donne en aucun cas une excuse pour mettre en scène un scénario présentant des twists dignes de l’esprit d’un enfant de cinq ans. Cela ne t’oblige pas non plus à pousser ton acteur fétiche à exploiter toutes les facettes de son personnage jusqu’à l’usure, sous prétexte que son cerveau est dérangé, et  qu’il a une gueule parfaite pour ce rôle.

Dans ton envie de crever l’écran une dernière fois avec ton œuvre phare, tu t’es vautré dans le ridicule, oubliant l’intérêt même de l’histoire, crachant aux yeux des rares spectateurs qui verront ton film. Je te donnerai un point symbolique pour la superbe punchline que balance Eric Roberts : « Vous dites tellement de merde que votre cul doit être jaloux.«  Pour le reste, je ne peux te pardonner. C’est pour cela que je demande aujourd’hui, de manière solennelle, à être remboursé.

Ah ! Je déconne bien sûr.

Mille Bisous « 

Note : 1/10.

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