Under The Skin, Jonathan Glazer, 2014 : Un OVNI contre les Blockbusters

Affiche d'Under The Skin (2014)
Affiche d’Under The Skin (2014)

Je ne m’amuserai pas à critiquer les blockbusters, je suis le premier à foncer pour les voir au cinéma et me laisser emporter par des tornades de scènes spectaculaires et d’effets visuels clinquants, parce que j’aime ça, ça me divertit, et qu’on n’en manque pas de nos jours. Mais de temps en temps, il est bon de casser un peu la dynamique et de s’essayer à autre chose. C’est ainsi que sur les conseils d’un ami, j’allai voir Under The Skin.

Scarlett Johansson dans Under The Skin (2014)
Scarlett Johansson dans Under The Skin (2014)

Peu de temps après avoir vu Lucy, c’était l’occasion de revoir Scarlett Johansson, et ce dans un tout autre registre. Je savais par avance qu’il s’agissait d’un film assez perché où le but était surtout de vivre une expérience cinématographique et émotionnelle spéciale. Je n’ai pas été déçu. C’est un film allégorique très dérangeant et déroutant. Les dialogues sont anecdotiques et nous embrouillent quelque peu (surtout le magnifique accent écossais des autochtones) sur la véritable nature de l’héroïne. Si aucune véritable explication n’est donnée lors du film, on comprend quand même ce qui a pu se passer, et notre esprit ne peut s’empêcher de gamberger afin d’assembler les morceaux au sortir de la salle. Dans tous les cas ce film m’a séduit car il m’a vraiment plongé dans une atmosphère spéciale, sans que j’aie le sentiment de visionner une œuvre pseudo-philosophique tentant de délivrer un message flou masqué par une esthétique trompeuse.

Un film bien intéressant en somme, et la présence de Scarlett Johansson est un atout certain à la renommée d’Under The Skin, qui peut ainsi se permettre d’aller chercher un public d’habitude distant face à ce type de film.

Note : 7/10.

Bande-annonce d’Under The Skin

https://www.youtube.com/watch?v=io92j2qqEGk

Quentin Coray

Quentin, 26 ans, mordu de cinéma depuis le visionnage de Metropolis, qui fut à l'origine d'un véritable déclic. Toujours en quête de nouvelles découvertes pour élargir mes connaissances et ma vision du cinéma. "L'art existe et s'affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l'idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains." - Andreï Tarkovski

Une pensée sur “Under The Skin, Jonathan Glazer, 2014 : Un OVNI contre les Blockbusters

  • 4 avril 2020 à 10 h 48 min
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    Ben, ça faisait longtemps que cela ne m’était pas arrivé! Vous savez, une soirée pourrie, avec un film qui l’est tout autant! Et pourtant, en bon public que je suis, je m’accroche, je me dis qu’il y a quelque chose à comprendre, qu’il va juste falloir être patient, que tout va s’éclairer, que Scarlett Johansson va nous donner les clés. Eh bien, non, rien de rien, la lumière s’allume… Je regarde mes voisins, apparemment tous aussi perplexes, tous aussi hébétés…
    Voilà, ce soir, j’ai vu « Under the Skin »…
    Franchement, la seule explication possible, c’est que le réalisateur a vu toute la filmographie de David Lynch et qu’il l’a très mal digérée, bien qu’étant un inconditionnel du cinéaste. Alors, il a voulu lui rendre un hommage: y a la blonde Scarlett qu’est devenue brune, comme dans « Mulholland Drive », y a Elephant Man, comme dans « Elephant Man », y a la même limpidité du propos que dans  » Lost Highway » et surtout, surtout, y a une beauté des images à couper le souffle.
    Il faut dire qu’au départ le réalisateur était parti pour un documentaire sur l’Ecosse, mais, bon, un docu, c’est un peu léger, alors autant l’envelopper dans un manteau lynchien. Mais il est vrai qu’il faut insister là-dessus, les images sont magnifiques.
    Pour le reste, je n’ai rien compris au film et je trouve que l’on devrait offrir des bourses aux réalisateurs nécessiteux, pour qu’ils puissent s’offrir des stages de création de scénario, cela faciliterait tout de même un peu la tâche -là, le mot est juste!- des cinéphiles…
    Dernier point, Scarlett… Ah, Scarlett, stupéfait que l’on n’en ait fait qu’une voix dans « Her », le cinéaste a voulu n’en faire qu’un corps, de la Scarlett: en effet, elle ne dit quasiment rien, mais on a tout le temps d’admirer sa plastique impeccable et, compris comme un docu (encore!) sur Scarlett Johansson, le film est presque une réussite!
    Pour terminer et redevenir sérieux, voilà un cinéma que j’abhorre, prétentieux, snob, à l’esthétique boursouflée, voilà qui est dit, et tant pis pour les amateurs du genre!

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