Tolkien (Dome Karukoski, 2019) ★★★ – Critique & Analyse

Je ne manque jamais une occasion d’exprimer mon amour pour la saga cinématographique du Seigneur des Anneaux, et de l’univers créé par J.R.R. Tolkien, dont j’avais notamment lu une édition du Retour du Roi il y a une dizaine d’années. Pourtant, la sortie de ce Tolkien, venant raconter l’histoire de cet auteur majeur de fantasy, me laissait plutôt indifférent, faute d’être réellement emballé par le métrage, et d’avoir vu une potentielle attente stimulée par la communication autour du film. Mais c’était finalement l’occasion d’une séance à deux et, en plus, de profiter d’une salle climatisée en pleine canicule. Tous les prétextes semblaient donc bons pour finalement découvrir ce film.


Fiche du film

Affiche de Tolkien (2019)
Affiche de Tolkien (2019)
  • Genre : Biopic, Drame
  • Réalisateur : Dome Karukoski
  • Année de sortie : 2019
  • Distribution : Nicholas Hoult, Lily Collins, Colm Meaney
  • Synopsis : Tolkien revient sur la jeunesse et les années d’apprentissage du célèbre auteur. Orphelin, il trouve l’amitié, l’amour et l’inspiration au sein d’un groupe de camarades de son école. Mais la Première Guerre Mondiale éclate et menace de détruire cette « communauté ». Ce sont toutes ces expériences qui vont inspirer Tolkien dans l’écriture de ses romans de la Terre du Milieu. (SensCritique)

Critique et Analyse

Tolkien (2019)
Tolkien (2019)

On retrouve Tolkien sur le front de la Somme en 1916, en pleine Première Guerre Mondiale. Il est éprouvé par les rudes conditions de vie dans les tranchées, et cherche un ami à lui. Puis nous retrouvons le jeune Tolkien, avec ses premiers amis, son frère, sa mère, puis les nouveaux amis qu’il va se faire à Birmingham, non sans mal. Le film alternera ensuite entre la Somme et la jeunesse de Tolkien, pour raconter la genèse d’un talent et d’une oeuvre, à travers les événements de sa vie qui vont influencer son destin et son travail.

« Tolkien s’intéresse donc notamment à l’art, et à la place que peut occuper ce dernier dans la vie et la société, avec une certaine justesse et en soulevant des points intéressants. »

Car une oeuvre littéraire ne consiste pas qu’en des mots imprimés sur du papier. C’est bien quelque chose de vivant, aux influences diverses, une part d’âme injectée par l’artiste dans cet objet artistique. C’est ce qu’exprime justement Tolkien, à travers plusieurs personnages. Il y a Tolkien, bien sûr, mais également un ami musicien qui compose ses propres musiques, un poète qui écrit régulièrement, ainsi qu’Edith, grande admiratrice de Wagner. Tous sont confrontés à leurs propres questionnements : ont-ils assez de talent ? Quelle place peut avoir l’art dans une société qui le dénigre souvent ? Tolkien s’intéresse donc notamment à l’art, et à la place que peut occuper ce dernier dans la vie et la société, avec une certaine justesse et en soulevant des points intéressants.

Nicholas Hoult et Lily Collins dans Tolkien (2019)
Nicholas Hoult et Lily Collins dans Tolkien (2019)

Le film est également intéressant dans sa manière d’exprimer l’imagination de Tolkien, qui cohabite avec ses propres chevaliers et chimères au milieu des trous, des flammes et des explosions d’obus. Des manifestations plus nombreuses au fur et à mesure que l’imagination de Tolkien se développe et que les effets psychologiques de la guerre l’affectent. On regretterait presque qu’elles soient relativement rares, même si c’est, au fond, plutôt logique. Car, dans les faits, bien que loin d’être à côté de son sujet, Tolkien demeure très classique et convenu, sans grande surprise, privilégiant la pertinence à l’audace.

Finalement, rien n’est mieux que d’aller voir un film quand on n’attend rien de lui. Une réflexion des plus banales me direz-vous, et vous auriez tout à fait raison, mais on ne s’en rend jamais assez compte. Il y avait très certainement de la place pour donner plus de souffle et de puissance à ce biopic, surtout en parlant d’un tel personnage. Cependant, sa capacité à développer des thématiques et éléments de discours qui me parlent me font moins regretter ces manques en terme d’ambition. Un film plaisant, qui ne révolutionnera pas le genre, mais qui permet de passer un bon moment.


Note et avis

3.25/5

Tolkien est un biopic sympathique, qui reste peut-être trop accroché aux canons du genre quand il avait le potentiel pour être plus ambitieux, mais il reste judicieux dans le développement de ses thématiques.

Bande-annonce du film

Quentin Coray

Quentin, 27 ans, mordu de cinéma depuis le visionnage de Metropolis, qui fut à l'origine d'un véritable déclic. Toujours en quête de nouvelles découvertes pour élargir mes connaissances et ma vision du cinéma. "L'art existe et s'affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l'idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains." - Andreï Tarkovski

1 réflexion sur “Tolkien (Dome Karukoski, 2019) ★★★ – Critique & Analyse

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :