Paradise Lost, Andrea Di Stefano, 2014 : Perdu dans l’enfer colombien

Quoi de neuf cette semaine ? Oui, oui, Interstellar – j’irai le voir dans la semaine qui s’annonce, promis…. Mais pas que ! C’est au détour d’une bande annonce vue au cinéma que j’ai découvert l’existence de ce film. Celle-ci donnait une bonne idée de l’histoire à laquelle on devait s’attendre.

L’histoire se situe à la fin des années 80 et au début des années 90, l’époque où Pablo Escobar est au sommet. Nick, jeune canadien féru de surf, s’installe à Medellín avec son frère et la femme de celui-ci, dans une petite forêt en bordure de plage. Tranquillement installé dans ce cadre idyllique, Nick va faire la rencontre de Maria, belle colombienne dont il va bien sûr tomber amoureux. Coup du sort ou non, elle n’est ni plus ni moins la nièce de Pablo Escobar, le grand baron du trafic de cocaïne, l’homme le plus influent de toute la région. Nick va alors le rencontrer, lui et son entourage proche, et va peu à peu déchanter au fil de ses découvertes.

Je suis allé voir Paradise Lost parce que l’histoire m’intéressait. Pablo Escobar est un personnage que je connaissais déjà, mais peu, je n’ai donc pas un recul suffisant pour faire une analyse approfondie de la cohérence des faits traités dans le film par rapport à la réalité historique. Le parti pris est ici de nous faire intégrer l’intimité de la famille Escobar, à travers un regard étranger, et les risques qu’impliquent l’entrée dans le monde du narco-trafic, volontairement ou non. Le résultat n’est pas mauvais, mais il ne m’a pas non plus transporté. J’ai eu du mal à vraiment entrer dans le film. Pourtant, on ne peut pas faire de gros reproches aux acteurs (Benicio Del Toro passe vraiment très bien en Pablo Escobar), mais je trouve que la narration manque d’efficacité, notamment dans son rythme. La montée en tensions est relativement lente et explose d’un coup, on se perd un peu, on ne sait pas trop quoi penser… D’un côté, c’est intelligent de souligner cette ambiguïté chez Escobar, entre son côté bienfaiteur envers la population, et son rôle de baron de la drogue, mais de l’autre je trouve que tout ça manque de clarté et de réel fil conducteur. D’ailleurs, on se focalise vraiment sur les histoires de règlement de compte et de trafic de drogue, et je trouve que l’influence d’Escobar sur la population de Medellín a été trop éludée. En revanche, on joue bien avec nos nerfs et on arrive, au fil de l’histoire, à accompagner le héros à travers ses craintes et ses mésaventures. Je dois donc dire que cela permet de rééquilibrer la balance vers une bonne moyenne.

En définitive, ce film provoque une certaine frustration qui ne permet pas de réellement le savourer et d’être complètement satisfait à la sortie. C’est une perception purement personnelle, bien évidemment, mais pour ma part il s’agit d’un film qui ne restera pas forcément dans ma mémoire.

Quentin Coray

Quentin, 27 ans, mordu de cinéma depuis le visionnage de Metropolis, qui fut à l'origine d'un véritable déclic. Toujours en quête de nouvelles découvertes pour élargir mes connaissances et ma vision du cinéma. "L'art existe et s'affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l'idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains." - Andreï Tarkovski

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