The Search, Michel Hazanavicius, 2014 : Cru et sans artifices

Aujourd’hui, le Cézanne d’Aix-en-Provence proposait une avant-première de The Search, en présence du réalisateur Michel Hazanavicius et de l’actrice principale Bérénice Béjo. Moi qui aime passer mon temps dans les salles obscures, c’était l’occasion entre autres de rencontrer une actrice et un réalisateur en chair et en os, ce qui n’était quand même pas rien pour moi, grand gamin curieux de tout. Et puis, ça tombait bien car le film m’intéressait !

Après OSS 117 et The Artist (entre autres, et je n’ai pas encore vu The Artist), Michel Hazanavicius s’attaque au genre du film de guerre. Pas de Seconde Guerre Mondiale, on parle ici de la seconde guerre de Tchétchénie, qui s’est déroulée en 1999 (pour le coup, je situe mieux vu que je me rappelle en avoir beaucoup entendu parler à la télévision quand j’étais petit). L’histoire débute avec l’assassinat du père et de la mère d’une famille tchétchène, présumés « terroristes ». Leur fille, jeune adulte, est épargnée, tandis que le petit Hadji, 9 ans, est resté caché dans la maison avec son petit frère encore bébé. Il va alors s’enfuir pour sauver sa vie et celle de son petit frère, tandis que sa soeur retourne trop tard à la maison pour les retrouver. Hadji va laisser son petit frère chez une famille tchétchène et continuer sa route vers l’inconnu, pendant que sa soeur Raïssa va se mettre à la recherche de ses frères. Parallèlement, on suit l’histoire de Carole, française membre de la Commission pour les droits de l’homme, et de Kolia, jeune russe qui va être enrôlé dans l’armée.

Beaucoup semblent avoir été déçus par le film, car il semblait trop convenu et pas adapté à un réalisateur comme Michel Hazanavicius. De mon côté, je n’ai vu de lui que les OSS 117, et ça m’a probablement aidé à encore plus apprécier ce film ! Justement, le réalisateur s’attaque ici à un nouveau genre de films, un terrain risqué car les choix de narration impliquent souvent des prises de parti et des facilités. Ici, ce n’est pas le cas, car on s’aventure à la frontière entre le film et le documentaire. Déjà, le film débute sous la forme d’un film amateur filmé par un soldat russe qui, personnellement, m’a fait un instant douter sur le fait qu’il s’agissait d’un vrai témoignage ou juste d’un faux film amateur. Bien sûr c’était faux, mais cela permettait une entrée en matière claire et efficace. Je dois aussi avouer que l’intervention de Michel Hazanavicius et Bérénice Béjo m’ont permis de mieux cerner certains détails et certains choix de réalisation. La majorité des acteurs ne sont pas des professionnels, ce sont des gens du pays qui ont souvent connu la guerre, ce qui a permis d’obtenir un résultat vraiment réaliste dans la restitution des émotions et de l’ambiance de la guerre. De plus, j’accorderai une mention très spéciale au petit garçon qui incarne Hadji, et qui joue remarquablement bien, alors qu’il ne comprenait pas un brin de français et a fait tout le tournage sans presque jamais réussir à établir de communication avec l’actrice principale.

Il s’agit pour moi d’un film vraiment brut, cru, qui pour certains peut sembler « facile » et pas adapté à un réalisateur comme Michel Hazanavicius, mais je ne suis pas d’accord. J’ai vu un film dur, très réaliste, et à mes yeux l’exercice est largement réussi. Et puis en plus j’ai pu avoir des photos souvenirs alors c’est parfait !

Quentin Coray

Quentin, 27 ans, mordu de cinéma depuis le visionnage de Metropolis, qui fut à l'origine d'un véritable déclic. Toujours en quête de nouvelles découvertes pour élargir mes connaissances et ma vision du cinéma. "L'art existe et s'affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l'idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains." - Andreï Tarkovski

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