Septième Lard – The Room (2003)

The Room

Il est très rare que je lance un film en sachant pertinemment qu’il sera mauvais. Probablement car je me dis que le temps que je vais lui consacrer aurait pu être dédié au visionnage d’un film plus enrichissant. Mais voilà, The Room s’est imposé au fil des années comme une vraie institution au sein de la communauté cinéphile, étant considéré par beaucoup comme le pire film de l’histoire. Avec la sortie proche du film de James Franco, The Disaster Artist, The Room regagne en popularité, et comme le film de James Franco m’intéresse, je me suis dit que le moment était venu. Alors allons-y ! Oh, hi Mark !

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Affiche de The Room (2003)
Affiche de The Room (2003)
  • Genre : Drame
  • Réalisateur : Tommy Wiseau
  • Année de sortie : 2003
  • Casting : Tommy Wiseau, Juliette Danielle, Greg Sestero
  • Synopsis : Johnny, un sympathique cadre de banque, vit avec sa fiancée Lisa, qu’il envisage d’épouser. Mais Lisa est fatiguée de Johnny et se met à le tromper avec son meilleur ami Mark. S’ensuivent une série de conversations avec les différents amis du couple, jusqu’à la résolution dramatique de l’intrigue. (senscritique.com)

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CET HOMME EST PARTOUT !
CET HOMME EST PARTOUT !

Oui, The Room est un nanar, un vrai. Tommy Wiseau, cet homme dont vous n’avez probablement jamais entendu parler, est pourtant ici inévitable. Scénariste, réalisateur, producteur, acteur principal, ce qui aurait pu s’appeler The Tommy Wiseau Movie est un festival de bévues et de boulettes aussi délicieuses que malaisantes. Le film annonce directement la couleur en débutant sur quinze minutes de scènes de sexe dignes d’un film érotique du dimanche soir. Pour le reste ? Comment vous dire… C’est magistral.

Les acteurs sont empêtrés dans un mélange d’amateurisme et de direction catastrophique. Les dialogues semblent avoir été distribués au hasard et donnent lieu à des scènes magiques, comme l’annonce de la mère de la petite amie de Johnny (Tommy Wiseau) : « I definitely have breast cancer. » – « Look, don’t worry about it. Everything will be fine. » ou le culte « I did not hit her, it’s not true, it’s bullshit ! I did not hit her, I did naaaaaaaht ! Oh, hi Mark. » Aussi random qu’une partie de twister, joués avec le talent d’un ballon de football, les dialogues sont probablement ce qui font toute la saveur de ce nanar certifié.

Des compétences non négligeables en lancer de ballon étaient requises au casting
Des compétences non négligeables en lancer de ballon étaient requises au casting

Pour compléter la recette, rajoutez de superbes fonds verts, une intrigue totalement décousue, des personnages qui apparaissent et disparaissent sans raison, des séquences utilisées et réutilisées… Ce qui est certain avec The Room, c’est que Tommy Wiseau a tenté de faire quelque chose, de faire passer un message. Mais il a vite été rattrapé par son incompétence et sa mégalomanie. Et pourtant, le personnage principal, victimisé de bout en bout, plein d’abnégation, toujours gentil, en devient attachant (est-ce aussi parce qu’il nous fait rire malgré lui ?), malgré cela, et malgré la nonchalance totale de Wiseau dans son jeu.

The Room est-il le pire film de l’histoire ? Indéniablement, il fait partie des nanars de référence, mais aller jusqu’à le considérer comme étant le pire, peut-être pas. Mais il garantit, en effet, une bonne heure et demie de rires dans ce qui pourrait être renommé en « Tout ce qu’il ne faut surtout pas faire pour faire un bon film » . The Room est clairement raté, mais étrangement on n’a pas envie d’être méchant avec lui. C’est ce film qu’il faut regarder pour se rappeler que faire un film, ce n’est pas forcément si facile et que n’importe qui n’en a pas forcément les capacités. Il mérite, en tout cas, que vous le regardiez. Franchement, vous ne perdrez pas votre temps. « Anyway, how’s your sex life ? »

Note : 2/10.

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