Séance de Rattrapage – Matrix (1999)

Matrix

Matrix est très certainement et incontestablement l’une des sagas les plus cultes de ma génération. Les trois films des Wachowski, quinze ans après leur sortie, ont marqué durablement les esprits et continuent de garder une place très importante dans la mémoire de nombreux amateurs de cinéma. Si j’en parle dans une séance de rattrapage, c’est parce que, jusqu’ici, ma connaissance de la saga se limitait à des bribes, sans jamais avoir vraiment parcouru toute l’oeuvre. Mais l’erreur est réparée.

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Affiche de Matrix (1999)
Affiche de Matrix (1999)
  • Genre : Action, Science-fiction
  • Réalisateur : Andrew Wachowski, Larry Wachowski
  • Année de sortie : 1999
  • Casting : Keanu Reeves, Laurence Fishburne, Carrie-Anne Moss, Hugo Weaving
  • Synopsis : Thomas est un hacker perdu dans la vie. Il est contacté par Morpheus qui lui montre la réalité, une humanité réduite en esclavage par les machines. (senscritique.com)

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Carrie-Anne Moss et Keanu Reeves dans Matrix (1999)
Carrie-Anne Moss et Keanu Reeves dans Matrix (1999)

Quand on pense à Matrix, on se rappelle notamment de cette fameuse scène d’esquive de balles, ou du duel dantesque contre l’Agent Smith dans Matrix Revolutions. Mélange d’action et de science-fiction, Matrix nous fait basculer dans un monde parallèle où tout semble possible, mais où tout peut aussi avoir un impact sur la réalité. La force de Matrix réside d’ailleurs ici, car le film se présente comme une vaste allégorie d’une société emprisonnée dans les codes, les routines, la hiérarchie, la technologie et la déshumanisation. Et, à ce propos, quoi de mieux qu’un gigantesque programme informatique pour représenter et contextualiser cette vision pessimiste mais pas si irréaliste que ça ?

Tous amorphes et aux actions préconçues, les personnages « annexes » sont associés à des programmes faisant partie de la matrice, représentation explicite de la société capitaliste moderne telle que vue par les auteurs. L’équipe de Morpheus, Trinity et Neo incarnent donc ces personnages rebelles qui décident d’agir et de lutteur pour libérer l’humanité, dans un contexte de dystopie sociale d’un côté, et dans un contexte post-apocalyptique de l’autre. C’est ici que le film se scinde en deux, entre vision allégorique et fiction post-apocalyptique. Si Matrix premier du nom soulève des éléments intéressants et un traitement très intelligent de l’évolution de la société moderne, le virage pris par Matrix : Reloaded et Matrix Revolutions oriente la saga vers du post-apocalyptique pur et la dessert largement.

Laurence Fishburne dans Matrix (1999)
Laurence Fishburne dans Matrix (1999)

En effet, le second opus propose encore un mélange entre la projection du monde dans la matrice et le combat contre les extra-terrestres, quand le troisième se focalise presque totalement sur la survie de la cité de Zion et le combat contre les Sentinelles, dans un schéma beaucoup plus classique et beaucoup moins profond que le premier opus. C’est pour cela que le premier Matrix reste à mes yeux le meilleur, pour sa capacité à produire un divertissement de science-fiction puissant avec beaucoup d’effets visuels impressionnants, tout en nourrissant un propos sociologique fort et en amenant une réflexion intéressante grâce à une allégorie intelligente.

Le parallèle se fait rapidement avec Dark City, dont on connaît les points de convergence avec Matrix, bien que le film d’Alex Proyas ait un fond plus mythologique et métaphysique. Matrix montre la capacité des Wachowski à réaliser un film grand public qui en met plein la vue, mais qui est capable de balader le spectateur et de le faire réfléchir, comme dans leur futur et excellent Cloud Atlas. Si la saga s’avère très inégale quand à la qualité de ses opus, elle n’en demeure pas moins culte, symbole d’une génération mais aussi de la percée fulgurante de l’informatique et des nouvelles technologies à l’orée du XXIe siècle.

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