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Affiche d'Invasion Los Angeles (1988)

Affiche d’Invasion Los Angeles (1988)

  • Genre : Science-Fiction
  • Réalisateur : John Carpenter
  • Année de sortie : 1988
  • Casting : Roddy Piper, Keith David, Meg Foster
  • Synopsis : John erre à travers Los Angeles. Il obtient une paire de lunettes qui lui permet de voir le monde tel qu’il est : entièrement contrôlé par des aliens. (senscritique.com)

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John Carpenter est déjà un cinéaste à la filmographie riche lorsque Invasion Los Angeles sort en 1988. Depuis Assaut (1976), en passant par The Thing (1982) et Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin (1986), le réalisateur s’est imposé comme une valeur sûre du septième art. Adepte des figures masculines fortes pour endosser les premiers rôles de ses films, il fait appel à l’une des grandes stars du catch des années 1980, Roddy Piper, pour incarner le rôle principal de son nouveau film.

Roddy Piper dans Invasion Los Angeles (1988)

Roddy Piper dans Invasion Los Angeles (1988)

Catcheur + Film = Nanar ? Pas du tout. Film d’anticipation intelligent, il fait partie du domaine de la science-fiction, tout en s’avérant très agressif envers notre société actuelle. En effet, Invasion Los Angeles est un film bien construit, qui livre un discours qui lui est propre, mélange d’anticipation et de satire de notre société. Critique à peine dissimulée des dérives du capitalisme et des disparités sociales toujours plus grandes, il développe bien son discours tout en étant un bon divertissement de science-fiction/action. John Carpenter fait ici du John Carpenter, avec un film qui a tout du film culte, tout en nourrissant, en arrière-plan, un propos plus profond.

La scène où John met les lunettes pour la première fois est du meilleur effet, présentant alors une réalité alternative qui ne nous est pas visible, mais qui nous affecte tout de même. Les panneaux publicitaires, les affichages, ne sont que des artifices visuels qui camouflent des messages qui conditionnent l’esprit des gens et les rendent serviles. Et c’est un terrain de jeu parfait pour le cinéaste, qui va dans la logique des choses après être revenu à ce qu’il y a de plus basique chez l’humain dans Assaut, et exploré nos origines dans The Thing, pour ici lever le voile sur les coulisses de pouvoirs pernicieux qui régissent notre société. Une société mêlant servilité et paranoïa, un autre des éléments-clé de la filmographie de John Carpenter.

Keith David et Roddy Piper dans Invasion Los Angeles (1988)

Keith David et Roddy Piper dans Invasion Los Angeles (1988)

La manière dont Carpenter traite sa thématique est très judicieuse, mais, si dans certains films on reproche des longueurs, celui-ci semble parfois passer trop vite sur son sujet. J’aurais aimé un traitement un peu plus développé, notamment sur la manière dont le peuple est soumis aux messages auxquels il est exposé, et dont il est contrôlé. Une durée de deux heures au lieu d’une heure et demie ne m’aurait pas paru exagérée. Biens sûr, on ne peut reprocher à Carpenter la qualité de son film, il demeure fidèle à son cinéma, et réalise ici un nouveau film culte très cher à de nombreux cinéphiles. Dans tous les cas, John Carpenter réalise ici un film à son image : éclectique, bien construit et intelligent.

Note : 7,5/10.

Bande-annonce d’Invasion Los Angeles