Cinexpress #38 – Ghost in the Shell (2017)

Avant de poursuivre cet article, je tiens à préciser que je n’ai jamais lu les mangas ni vu les anime avant de voir cette nouvelle version « live » de l’histoire de Ghost in the Shell. De quoi, donc, me permettre de l’aborder de la manière la plus neutre possible, et avec un minimum d’a priori. Loin d’être une grande attente, il paraissait tout de même intéressant et semblait mériter le coup d’œil.

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Affiche de Ghost in the Shell (2017)
Affiche de Ghost in the Shell (2017)

  • Genre : Action, Policier, Science-Fiction
  • Réalisateur : Rupert Sanders
  • Année de sortie : 2017
  • Casting : Scarlett Johansson, Pilou Asbæk, Takeshi Kitano
  • Synopsis : Dans un futur proche, le Major est unique en son genre : humaine sauvée d’un terrible accident, son corps aux capacités cybernétiques lui permet de lutter contre les plus dangereux criminels. Face à une menace d’un nouveau genre qui permet de pirater et de contrôler les esprits, le Major est la seule à pouvoir la combattre. Alors qu’elle s’apprête à affronter ce nouvel ennemi, elle découvre qu’on lui a menti : sa vie n’a pas été sauvée, on lui a volé. Rien ne l’arrêtera pour comprendre son passé, trouver les responsables et les empêcher de recommencer avec d’autres. (senscritique.com)

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Ghost in the Shell (2017)
Ghost in the Shell (2017)

Affilié au sous-genre cyberpunk, Ghost in the Shell navigue dans un mélange entre science-fiction et anticipation. Du moins, c’est ce qui est affiché, cette version hollywoodienne se permettant également de muscler son histoire avec de bonnes doses d’action. On le sait, Hollywood et les adaptations ce n’est pas toujours ça. Il semblerait, une nouvelle fois, que l’Oncle Sam n’ait pas déçu, mais pas vraiment dans le bon sens du terme. Pour développer sa version de l’histoire, Sanders se focalise sur l’effacement de la mémoire de Motoko (incarnée par Scarlett Johansson), et le rapport entre l’humain et la machine. En soi, l’idée n’est pas mauvaise, même si le sujet a déjà été plusieurs fois traité au cinéma.

Scarlett Johansson tient bien son rôle, grâce à un jeu très fixe, mêlant suffisamment expressions humaines et automatismes du robot. De plus, visuellement, le film propose de beaux passages et quelques beaux décors. Cependant, le film pêche sur plusieurs points. Son rythme, décousu, manquant souvent de cohérence, fait décrocher le spectateur plus d’une fois. De même, certains personnages demeurent sous-exploités, et leur importance trop minimisée par rapport à ce qu’elle devait être. On a quelque peu la sensation que soit le réalisateur considère que les spectateurs sont déjà familiers de l’univers, soit qu’ils ne le sont pas du tout et que du coup il n’est pas nécessaire de trop approfondir le sujet. Et cela est tout à fait préjudiciable car, pour ma part, je ne suis jamais vraiment parvenu à rentrer dans l’histoire, à me familiariser avec les personnages, ni en parvenant à créer de l’empathie ou de l’antipathie envers eux, supprimant tout capital émotionnel au visionnage, et c’est tout de même bien regrettable.

Scarlett Johansson dans Ghost in the Shell (2017)
Scarlett Johansson dans Ghost in the Shell (2017)

Si l’on inscrit l’histoire dans un univers purement cinématographique, par rapport à ses choix scénaristiques, et sans considérer les œuvres originales, on se dit que, pourtant les références ne manquent pas. Dark City (1998) proposait une intrigue passionnante sur l’effacement de la mémoire et la force de la nature humaine face à une intelligence supérieure. RoboCop (1987) était également très proche de cette idée de fusion entre humain et androïde à des fins policières et/ou militaires. Le cinéma américain a donc déjà prouvé auparavant qu’il était capable de donner naissance à des films de science-fiction de haut vol avec une thématique très proche. Mais ce Ghost in the Shell semble foncer tout droit avec des œillères, hésitant sans cesse entre jouer la carte du divertissement de l’oeuvre de science-fiction ambitieuse dont il découle pour, finalement, générer un mic-mac manquant de passion et de nouveauté.

Personnages trop peu développés, empathie absente, histoire remaniée pour un résultat très classique avec un twist et un méchant très clichés, Ghost in the Shell n’a certes pas que des défauts, mais semble louper le coche. Pourtant, l’histoire a beaucoup de potentiel, et malgré une déception (toute relative), cela donne envie de voir les films d’animation de Mimoru Oshii, qui me permettront probablement de voir le vrai potentiel de cette histoire.

Note : 4/10.

Bande-annonce de Ghost in the Shell

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