Cosmopolis (David Cronenberg, 2012) ★★★½ : En route vers le chaos

Une virée en limousine dans une ville aussi dangereuse que foisonnante. Avec Cosmopolis, David Cronenberg nous invite à faire un trajet dans un monde moderne à l’agonie.


Fiche du film

Affiche de Cosmopolis (2012)
Affiche de Cosmopolis (2012)
  • Genre : Drame
  • Réalisateur : David Cronenberg
  • Distribution : Robert Pattinson, Sarah Gadon, Paul Giamatti
  • Année de sortie : 2012
  • Synopsis : Dans un New York en ébullition, l’ère du capitalisme touche à sa fin. Eric Packer, golden boy de la haute finance, s’engouffre dans sa limousine blanche. Alors que la visite du président des Etats-Unis paralyse Manhattan, Eric Packer n’a qu’une seule obsession : une coupe de cheveux chez son coiffeur à l’autre bout de la ville. Au fur et à mesure de la journée, le chaos s’installe, et il assiste, impuissant, à l’effondrement de son empire. Il est aussi certain qu’on va l’assassiner. Quand ? Où ? Il s’apprête à vivre les 24 heures les plus importantes de sa vie. (SensCritique)

Critique et Analyse

Robert Pattinson dans Cosmopolis (2012)
Robert Pattinson dans Cosmopolis (2012)

Un golden boy dans sa limousine. A même pas trente ans, Eric est déjà à la tête d’une richesse inestimable, et tout ce qui l’intéresse en ce jour, c’est une coupe de cheveux. Pendant son trajet, il va vivre diverses péripéties, discutant avec différents personnages, faisant face à des situations particulières, comme le passage du président dans la ville, les funérailles d’une star de la musique… Tout est lié tout en ayant un aspect très décousu, chaotique. Et c’est bien ce qu’essaie de retranscrire David Cronenberg dans Cosmopolis, en adaptant le roman éponyme de Don DeLillo. Un choix radical qui pourrait en laisser plus d’un regarder passer cette limousine sans y rentrer.

« Eric est l’incarnation de ce capitalisme qui crée la fortune des uns à l’abri du regard des autres, vivant dans un petit monde exclusif, au milieu du monde lui-même, déconnecté de la réalité, s’étant replié sur lui-même. »

En effet, Cosmopolis est un film déstabilisant, dans lequel il est aisé de se perdre, et dans lequel on entre immédiatement ou jamais. Etant parvenu à suivre cette épopée citadine avec un certain intérêt, voyons un peu plus en détail ce qu’elle propose. Tout d’abord, Cosmopolis développe un état d’esprit général, basé sur une contradiction permanente entre Eric et certaines composantes avec le monde dans lequel il vit. Assis dans sa limousine, il est dans sa bulle, qui le protège et le transporte à l’abri du regard de tous dans ces rues, ces « tous » dont il ne connaît la réalité de l’existence. Eric est l’incarnation de ce capitalisme qui crée la fortune des uns à l’abri du regard des autres, vivant dans un petit monde exclusif, au milieu du monde lui-même, déconnecté de la réalité, s’étant replié sur lui-même.

Cosmopolis (2012)
Cosmopolis (2012)

Les conversations qu’il entretient avec ses interlocuteurs, nébuleuses, sont à l’image de ce monde chaotique dans lequel les personnages évoluent. Car s’il s’agit de montrer le décalage perpétuel entre Eric et le monde dans lequel il vit, Cosmopolis cherche surtout à montrer le déclin de ce dernier. Un pari financier qui échoue, des attentats, des manifestations violentes, rapidement, la réalité rattrape Eric, qui se retrouve dans une situation inédite. Alors que son monde n’était fait que de certitudes et de succès, comment envisager la vie autrement, tout remettre en question face à l’expiration de ce même monde ? C’est ainsi que s’explique toute l’étrange mélancolie qui émane de Cosmopolis, évoluant dans cette étrange froideur où l’humain est soumis aux technologies et ne redevient vraiment humain que dans des élans de bestialité violents.

Cosmopolis est un film qui a tendance à diviser, et on le comprend aisément. Très verbeux, il peut perdre le spectateur dans ces dialogues souvent étranges qui cherchent plus à faire ressentir et à parler indirectement au spectateur, qu’à expliciter les choses. Cosmopolis s’apparente à une sorte de dissertation allégorique sur le capitalisme, ses effets et sa fin. Une virée aux allures de fin du monde qui enchaîne les dialogues aussi fournis qu’étranges sur un monde au bord du précipice. Un voyage étrange, qui nous fait justement bien nous demander où nous allons.


Note et avis

3.5/5

Verbeux, chaotique, Cosmopolis s’apparente à une sorte de dissertation allégorique sur le capitalisme, ses effets et sa fin. Une virée aux allures de fin du monde qui enchaîne les dialogues aussi fournis qu’étranges sur un monde au bord du précipice.

Bande-annonce du film

Quentin Coray

Quentin, 26 ans, mordu de cinéma depuis le visionnage de Metropolis, qui fut à l'origine d'un véritable déclic. Toujours en quête de nouvelles découvertes pour élargir mes connaissances et ma vision du cinéma. "L'art existe et s'affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l'idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains." - Andreï Tarkovski

Une pensée sur “Cosmopolis (David Cronenberg, 2012) ★★★½ : En route vers le chaos

  • 17 décembre 2019 à 8 h 12 min
    Permalink

    C’est vrai Cosmopolis est verbeux, tortueux et confus parfois. Cronenberg à du talent, c’est indéniable, même si il m’a semblé qu’ici il se contentait de calquer le roman de De Lillo à l’écran sans réellement prendre sa part.

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