CANNES 2019 – Jour 3 – Prendre ses repères

Hier, j’avais surtout eu l’occasion de m’aventurer dans des sélections autres que celle de la compétition. Aujourd’hui, mon programme allait un peu changer la donne avec, notamment, Les Misérables et Bacurau en ligne de mire. Deux films qui avaient obtenu de bons retours et qui passaient en séance du lendemain.

Un nouveau jour se lève sur la Croisette
Un nouveau jour se lève sur la Croisette

Aujourd’hui, c’est décidé, on ne m’aura pas. Première séance à 9h, le réveil est réglé sur 6h. Pour rappel, je m’étais couché à 1h30, après une excellente séance du Daim, qui m’a fait passer un très bon moment, mais qui a bien grignoté ma nuit de sommeil. Mes yeux s’ouvrent, je regarde l’heure : 5h59. Mon horloge biologique fonctionne toujours aussi bien. 6h35, je décolle, j’attends le train, et c’est reparti pour Cannes. Il faut savoir qu’à des horaires aussi matinaux, le Palais n’est pas encore ouvert, ni les alentours. Alors, quand on essaie d’avancer vers la Salle du Soixantième, l’accès n’est pas encore ouvert, il faut attendre 8h. Mais être arrivé aussi tôt n’a pas été vain, car, au moins, je suis bien devant. Peu à peu, les accès se débloquent et, enfin, j’arrive dans la Salle du Soixantième.

Salle du Soixantième : Etape 1
Salle du Soixantième : Etape 1
La Salle du Soixantième
La Salle du Soixantième

J’arrive dans les cinquante premiers environ, et je découvre une salle très agréable et confortable. Une belle récompense, car elle permet de visionner les films de la sélection en « différé » et, surtout, elle redonne de l’intérêt à mon badge Festival. En effet, à défaut d’avoir des invitations (après des échanges, il s’avère que c’est principalement une question de « catégorie professionnelle » qui, pour moi, ne permet pas d’en avoir), j’ai accès au Palais et aux séances du Palais, sauf dans le Grand Théâtre Lumière donc, mais en Debussy, Bazin, Buñuel et, surtout, dans la Salle du Soixantième, uniquement accessible aux Festivaliers, Marché du Film, Presse et 3 Jours à Cannes. Sauf que, souvent, les badges prioritaires ont déjà vu le film en question et vont s’attarder sur l’événement du jour. C’est donc une aubaine et je découvre Les Misérables, de Ladj Ly, dans de très bonnes conditions. Un film très convaincant sur lequel je reviens dans la journée.

Maintenant, il n’est même pas 11 heures, et la prochaine séance est à 16h. Je ne veux pas prendre de risque et tenter une séance intermédiaire, ça sera trop juste. Je préfère flâner un peu, déjeuner de bonne heure, et me poser sur le front de mer pour écrire mes articles afin de rester à jour dans ce rythme effréné ! Un intermède fructueux qui me permet de rattraper mon retard et de rallier tranquillement, une nouvelle fois, la Salle du Soixantième avec deux heures d’avance. Encore une fois, je suis parmi les premiers, aucun stress, pas de risque de voir une horde de badges prioritaires me griller la politesse, je pense que j’ai trouvé mon nouveau repaire où je peux jouir de quelques privilèges en toute sérénité. Au tour, donc, de Bacurau, un film assez déroutant mais à la démarche intéressante, racontant les maux de la politique brésilienne et de l’interventionnisme américain sous un angle mêlant action, science-fiction, épouvante et thriller.

La salle Debussy, c'est quand même quelque chose
La salle Debussy, c’est quand même quelque chose

A la sortie, il est à peine 18h15, et je me dis qu’il est possible de tenter ma chance pour Une grande fille, film russe de Kantemir Balagov, qui passe en salle Debussy à 19h15. La salle est grande, la marge l’est donc aussi. Et, encore une fois, les badges Presse passent avant, mais j’ai l’avantage sur les Cinéphiles, ce qui permet donc d’accéder bien plus facilement à ces séances. J’esquive donc toute la foule qui se rue autour du tapis rouge qui accueille l’équipe de Rocketman et, notamment, Elton John, pour faire la queue pour un film russe. J’ai l’impression d’être un hipster. Mais j’avoue que le côté stars de Cannes n’est pas celui qui m’intéresse le plus. Un an après ma séance de BlacKkKlansman, je retrouve avec joie cette grande et belle salle qui impressionne et donne vraiment le sentiment d’être privilégié. Cette fois, je dois me contenter du balcon, mais ce n’est pas un soucis. Je vois d’ailleurs en contrebas le jury d’Un Certain Regard, et je reconnais notamment Marina Foïs. La séance sera particulière, me laissant dans l’incertitude, encore incapable de m’exprimer de manière structurée au sujet de ce film. Mais, en tout cas, mission accomplie aujourd’hui avec un 3 sur 3, 3 films visionnés donc, 6 heures de film pour environ 4 heures d’attente, je n’ai pas perdu ma journée. Je rentre plus tôt qu’hier, je peux écrire cet article sereinement et envisager de me coucher un peu moins tard, car demain, le réveil va encore sonner tôt.

Quentin Coray

Quentin, 27 ans, mordu de cinéma depuis le visionnage de Metropolis, qui fut à l'origine d'un véritable déclic. Toujours en quête de nouvelles découvertes pour élargir mes connaissances et ma vision du cinéma. "L'art existe et s'affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l'idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains." - Andreï Tarkovski

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :