Affiche d'Ant-Man (2015)

Affiche d’Ant-Man (2015)

Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, la mode est aujourd’hui aux super-héros ! Depuis le succès d’Iron Man il y a sept ans déjà, les studio Marvel n’en finissent plus et nous font sans cesse découvrir de nouveaux super-héros issus des comics de la fameuse franchise. Iron Man, Thor, Captain America, Les Gardiens de la Galaxie, sans compter les séries, ils ont tous droit à leur propre saga, voire, des fois, à des réunions entre eux, accumulant encore plus de star-power, et de millions par la même occasion. C’est là que débarque Ant-Man, le nouveau super-héros, qui a la capacité de devenir… tout petit. Original, vous avez dit ? C’est vrai. Maintenant, tout dépend comment on l’entend.

Paul Rudd dans Ant-Man (2015)

Paul Rudd dans Ant-Man (2015)

Ant-Man l’annonçait déjà dans sa bande-annonce : pas de gros muscles ou de monde à sauver, on s’intéresse cette fois à un héros tout à fait différent qui délaisse le gigantisme pour devenir minuscule, tout en ayant une force surhumaine. L’idée était donc de changer de point de vue et d’offrir au public néophyte un tout nouveau type de héros, un ancien voleur qui va, malgré lui, être pris au cœur d’un vaste conflit d’intérêts tournant autour d’une molécule découverte trente ans auparavant.

Scott Lang (Paul Rudd) n’est donc pas du tout un héros dans l’âme, c’est juste un type banal qui sort de prison après une peine purgée suite à un cambriolage qui a mal tourné. Tout ce qu’il veut, c’est casser avec son passé, et retrouver sa fille, qui vit avec sa mère, qui s’est depuis remariée. Scott est un personnage optimiste, qui ne rechigne jamais à sortir des blagues pour détendre l’atmosphère, et Paul Rudd a été bien choisi pour endosser ce rôle. En effet, Ant-Man, contrairement aux plus sérieux  Iron Man et Captain America, adopte un ton beaucoup plus léger, et même si certains points de développement scientifique semblent montrer une certaine ambition, on comprend vite qu’il est inutile de pousser la réflexion trop loin.

Paul Rudd dans Ant-Man (2015)

Paul Rudd dans Ant-Man (2015)

Le dressage instantané des fourmis, la mention de la physique quantique… Il semble salutaire, en de nombreuses occasions qui se présenteront pendant les deux heures que dure le film, de laisser le rationnel et son esprit scientifique terre à terre. Ant-Man peut aussi s’adresser à un public jeune, plus jeune encore que celui des Avengers, mais il le fait quand même plutôt bien, en exploitant notamment le côté « ridicule » que peut avoir le pouvoir du héros.

Si les scènes d’action sont relativement belles et assez impressionnantes grâce aux rapides changements de perspective et d’échelle entre taille humaine et taille « fourmi », on ne manque aucune occasion de tourner en ridicule cette caractéristique propre au super-héros. On s’en rend compte à plusieurs reprises lors du film, notamment celle où Ant-Man affronte son ennemi sur un petit train, donnant lieu à des scènes impressionnantes à l’échelle microscopique, mais devenant tout de suite ridicules quand on revient à l’échelle humaine. Cette idée de tourner en dérision le héros, sans pour autant le ridiculiser, fait partie intégrante de la volonté du réalisateur de toujours garder un ton humoristique, voire enfantin.

Ant-Man (2015)

Ant-Man (2015)

Maintenant, s’il est bon de souligner qu’Ant-Man apporte un petit vent de fraîcheur dans la grande saga Marvel, force est de constater qu’il ne peut s’extirper des codes déjà bien établis par la franchise. L’intrigue reste très classique, avec des personnages habituels, et des rebondissements attendus. Il est vrai que pour faire partie d’un ensemble, un film doit s’adapter, mais le risque, avec le nombre grandissant de films Marvel, c’est d’être condamnés à suivre des histoires répétitives et téléphonées. Ne dit-on d’ailleurs pas que la qualité vaut mieux que la quantité ? Cependant, business is business, et les superproductions super-héroïques n’ont pas fini de se multiplier. Au fond, cela ne me dérange pas, mais je ne peux m’empêcher de craindre que l’on finisse par voir dix fois la même histoire et d’arriver à saturation, ce qui est déjà presque le cas, j’en parlais d’ailleurs dans mon article sur Avengers : L’ère d’Ultron, que je vous invite à lire également.

Dans tous les cas, Ant-Man se présente comme il s’annonce : décalé, drôle, et divertissant. Un peu comme l’a fait Les Gardiens de la Galaxie, Ant-Man ne se prend pas au sérieux, et s’assume, quitte à fâcher les plus terre-à-terre d’entre nous. Un nouveau super-héros original et attachant s’ajoute à une équipe déjà bien garnie, laquelle risque de continuer à s’agrandir dans les années qui arrivent. C’est également sympa de revoir Michael Douglas dans une grosse production, et je constate également, après Jurassic World, que le carré plongeant est en passe de devenir une mode parmi les personnages féminins des blockbusters actuels. Ce qui est sûr, c’est que l’homme-fourmi remplit plutôt bien son contrat !

Note : 7/10.

Bande-annonce d’Ant-Man