Cinexpress #141 – La Splendeur des Amberson (1942)

En 1942, Orson Welles était déjà bien connu, après son éminent Citizen Kane, devenu depuis une référence absolue du cinéma. Très peu après ce premier coup d’éclat, le jeune réalisateur prodige remet le couvert avec La Splendeur des Amberson, un drame familial qui suit, sur certains aspects, les traces de son prédécesseur. Egalement très reconnu pour sa qualité, il l’est aussi pour le traitement qui a été réservé par les producteurs du film.


Fiche du film

Affiche de La Splendeur des Amberson (1942)
Affiche de La Splendeur des Amberson (1942)
  • Genre : Drame
  • Réalisateur : Orson Welles
  • Année de sortie : 1942
  • Casting : Joseph Cotten, Dolores Costello, Anne Baxter, Tim Holt
  • Synopsis : Andy Dufresne est coupable d’un double meurtre. Il se retrouve dans la prison de Shawshank, où le directeur Norton règne avec le capitaine Hadley. (senscritique.com)

Critique et Analyse

La Splendeur des Amberson (1942)
La Splendeur des Amberson (1942)

Orson Welles impose rapidement son rythme effréné et sa patte, dans un des rares films où il ne figurera jamais à l’écran, mais où sa présence se fera sans cesse sentir. Sa voix accompagne l’évolution de la famille Amberson, riche dynastie connue de toute la région, et siégeant dans un immense manoir. Un siècle s’achève, un nouveau débute. Comme Charles Foster Kane dans son précédent film, Orson Welles confronte la famille Amberson aux bouleversements sociaux et technologiques de ce nouveau siècle où tout va beaucoup plus vite. Les Amberson, fière famille aristocrate, demeure puissante et réputée, mais elle n’est pas pour autant foncièrement rétrograde. Vivant certes dans un environnement et avec des standards dépassés, la famille sera surtout surprise par l’attitude de son plus jeune représentant, George, un jeune homme impétueux et très accroché aux principes.

« Quand Citizen Kane illustrait le succès d’un homme ambitieux vivant avec les évolutions de son époque, La Splendeur des Amberson met en scène le déchirement d’une famille dont la puissance s’est construite à une autre époque, et qui disparaît avec le temps »

La Splendeur des Amberson se sert de cet écart entre les principes d’une société d’un autre temps et d’une société en mouvement, notamment avec l’arrivée de nouvelles technologies, pour mettre en scène ce drame familial basé sur les regrets et le manque de remise en question des vieux principes. Quand Citizen Kane illustrait le succès d’un homme ambitieux vivant avec les évolutions de son époque, La Splendeur des Amberson met en scène le déchirement d’une famille dont la puissance s’est construite à une autre époque, et qui disparaît avec le temps. La preuve en est que c’est Eugene Morgan, celui qui a été écarté de la famille pour avoir été indigne d’Isabelle, et moqué par George à propos de ses inventions, qui finit par bâtir son propre empire et prospérer.

Dolores Costello et Tim Holt dans La Splendeur des Amberson (1942)
Dolores Costello et Tim Holt dans La Splendeur des Amberson (1942)

George, cadet de la distribution, est paradoxalement le plus traditionaliste et le plus conservateur du groupe. Profondément attaché à ses racines, défendant bec et ongles l’honneur de sa famille, ne voyant aucun avenir dans l’automobile, il est l’incarnation d’un temps révolu et d’une absence totale de remise en question, laquelle semble émaner progressivement chez la plupart des autres membres de la famille.

Orson Welles, comme il avait su le faire avec Citizen Kane, parvient à captiver par son sens de la mise en scène, son noir et blanc et ses lumières. Toutefois, le film souffre terriblement d’un montage drastique qui vit la durée du film se réduire de manière non négligeable, et sa fin modifiée. On se demande alors à quel point l’oeuvre de Welles aurait pu être encore plus puissante et dramatique, le résultat qui nous reste étant certes beau et réussi, mais semblant quelque peu expéditif. La Splendeur des Amberson montre, finalement, conjointement la maestria de Welles et la frustration provoquée par ses multiples désaccords avec les grands studios hollywoodiens.


Note et avis

 

3.5/5

[star rating= « 3.5 » max= « 5 »]

Beau drame familial magnifiquement mis en scène grâce à la fameuse patte d’Orson Welles, La Splendeur des Amberson raconte la fin d’une époque et le début d’une nouvelle, mais le sort qui a été réservé à son montage ne fait qu’imaginer à quel point le film aurait pu être parfait.


Quentin Coray

Quentin, 26 ans, mordu de cinéma depuis le visionnage de Metropolis, qui fut à l'origine d'un véritable déclic. Toujours en quête de nouvelles découvertes pour élargir mes connaissances et ma vision du cinéma. "L'art existe et s'affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l'idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains." - Andreï Tarkovski

Une pensée sur “Cinexpress #141 – La Splendeur des Amberson (1942)

  • 2 février 2018 à 10 h 36 min
    Permalink

    J’avais bien aimé ce film, mais je ne m’en souviens plus très bien… Mais j’aime tous les films d’Orson Wells.

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