CANNES 2019 – Jour 10 – Premiers pas sur les marches

Déjà le dixième jour. Ne pas penser que la fin du festival approche, surtout pas. Profiter des dernières séances, c’est le principal. J’avais prévu, dès 8h30, de découvrir Roubaix, une lumière, le nouveau film d’Arnaud Desplechin, en Séance du lendemain. Ensuite, Dolan était prévu pour l’après-midi, en séance du lendemain également.

Mais le festival est fait d’imprévus. J’avais prévu d’y aller avec Chris, une autre cinéphile arrivée sur le tard et qui a rejoint notre petite bande. Le réveil est à 5h45, et je reçois un message desa part m’avertissant que ce sera trop tôt pour venir, faute d’avoir suffisamment récupéré de la veille et, surtout, que les critiques sur le film de Desplechin sont loin d’être positives dans leur majorité. Je me mets alors à lire les différents retours pour statuer, hésitant carrément à me recoucher. Mais tant pis, on est dans les derniers jours, on ne va pas faire la fine bouche. Je me dis que je peux aller voir Yves, à la Quinzaine, qui a l’air assez déjanté, ou le Dolan au Grand Théâtre à 8h30, mais il faudra passer en dernière minute, sans avoir besoin d’être en tenue de soirée cependant. Hésitant toujours, je décide de me rendre à Cannes et de décider sur place. En approchant du Palais, je constate que des vigiles bloquent tous les croisements avec le boulevard, obligeant les passants à faire un très gros détour pour revenir vers le Palais. Une bonne quinzaine de minutes dans le vent, et il est déjà bien 7h10 quand j’arrive dans la file de dernière minute pour le Dolan, qui cumule déjà pas loin d’une centaine de personnes.

L’inquiétude est présente, car la grosse séance est déjà passée la veille, mais Dolan reste un cinéaste convoité, et les 3 Jours à Cannes débarquent aujourd’hui, avec leurs invitations et la possibilité de passer en dernière minute. Alors j’attends, restant quand même bien placé, par rapport à d’autres qui rejoignent une file qui ne cesse de grandir. On franchit la première barrière, puis le portique de sécurité, et on est là, juste à côté du tapis rouge, attendant que tous les festivaliers munis d’invitations entrent et montent les marches. Les minutes défilent, et aussi ceux qui montent les marches. Puis les vigiles ouvrent et commencent à badger. Vite, vite, faites que j’arrive à passer à temps. Ça avance, ça avance, ça commence à sentir bon… Et ça y est, je suis passé !

Les marches sont à moi !
Les marches sont à moi !

J’admets que ma volonté était, évidemment, de découvrir le Dolan, mais, aussi, de saisir l’occasion d’enfin monter ces fameuses marches et de rentrer dans la salle du Grand Théâtre Lumière, à laquelle je n’avais jamais accédé. Et il semblait difficile de concevoir de partir d’un Festival complet sans y être parvenu. C’est donc une belle revanche que je prends enfin, me munissant de mon téléphone, filmant à l’aveugle ma montée tout en en profitant de mes propres yeux. Certes, c’est vite fait, c’est moins impressionnant qu’il y paraît, mais ça reste une belle étape et quelque chose d’immanquable quand on se rend au Festival de Cannes.

Vue de l'intérieur du Grand Théâtre Lumière, juste avant et juste après la séance de 8h30
Vue de l’intérieur du Grand Théâtre Lumière, juste avant et juste après la séance de 8h30

J’entre donc dans cette salle immense par l’accès orchestre, trouvant une place bien au milieu au troisième rang, parfait. La salle est très impressionnante, très sombre, tellement haute et profonde qu’on ne voit même pas les gens sur le balcon juste au-dessus. C’est donc parti pour Matthias et Maxime, avec pour contrainte de me baisser pour la dame derrière qui ne voit pas sinon, et de composer avec la coupe éclatée de mon voisin de devant qui cache les sous-titres français, parce qu’on en a (vraiment) besoin pour un film québécois. Je n’ai certes pas vu le meilleur Dolan, mais je n’en perds pas une miette, restant jusqu’à la toute fin du générique, et après que les lumières se rallument, pour prendre quelques photos et profiter de la salle, car ce n’est pas toujours qu’on a la chance d’y être, et il est plus que probable que ça ne se reproduise pas avant l’année prochaine.

Un moment de sérénité avant l'obscurité
Un moment de sérénité avant l’obscurité

Le temps de sortir, de prendre un café au stand Nespresso, et d’aller se « péter le bide » (c’est l’expression la plus adaptée pour illustrer mes intentions) au Steak’n’Shake tout en parlant ciné, la journée se termine déjà, et il n’est que 13h. Mais il n’y a plus grand chose à voir, et vu le temps, beaucoup plus clément, je me dis que c’est l’occasion de profiter un peu du soleil et de la plage. Après-midi tranquille donc, histoire de prendre encore quelques couleurs pour faire jalouser les voisins lundi, et barboter un peu dans un eau encore un peu fraîche, mais largement supportable. S’ensuivra une petite promenade au coucher de soleil pour respirer un peu, l’écriture de cet article et, maintenant, le grand espoir de ce Festival : voir Sylvester Stallone en chair et en os demain.

Quentin Coray

Quentin, 26 ans, mordu de cinéma depuis le visionnage de Metropolis, qui fut à l'origine d'un véritable déclic. Toujours en quête de nouvelles découvertes pour élargir mes connaissances et ma vision du cinéma. "L'art existe et s'affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l'idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains." - Andreï Tarkovski

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