Le Mécano de la « General », Buster Keaton & Clyde Bruckman, 1926 : Buster l’Intrépide

Buster Keaton dans Le Mécano de la General
Affiche de Le Mécano de la General (1926)
Affiche de Le Mécano de la General (1926)

Avant d’attaquer les premiers films parlants de ma liste-défi, je souhaitais retrouver le premier film muet que j’ai vu : Le Mécano de la « General ». Je m’en rappelle, j’étais en CM1 et j’avais été le voir avec ma classe au cinéma. A l’époque, il me semble que j’avais trouvé ce film sympathique, et c’était assez audacieux (et surtout très judicieux) d’emmener des gosses de huit ans aller voir un vieux film en noir et blanc, muet de surcroît. Maintenant que les années ont passé, j’ai un meilleur recul, bien que les films muets ne m’aient pas attiré pendant un bon moment, faute d’intérêt et de démarche personnelle pour en regarder. Après avoir redécouvert le génie de Buster Keaton, j’ai craqué en achetant le DVD de son plus grand classique.

Buster Keaton dans Le Mécano de la General (1926)
Buster Keaton dans Le Mécano de la General (1926)

Le Mecano de la « General » nous renvoie en 1861, au moment où la Guerre de Sécession s’apprête à éclater. Johnnie Gray a deux amours : sa locomotive et Annabelle. Ce conducteur de train mène une vie sans histoires, mais l’arrivée de la guerre va chambouler son quotidien et le mener à un vrai conflit d’intérêts personnel. En effet, les hommes partent en massent s’enrôler pour l’armée, et, dans le but de séduire Annabelle, Johnnie est le premier à se ruer aux bureaux d’inscription, mais il est recalé. Sa bien-aimée, constatant qu’il ne s’est pas enrôlé dans l’armée, décide de ne plus lui parler tant qu’il ne portera pas l’uniforme. Mais des soldats de l’Union (Nord) vont élaborer un plan pour piéger les sudistes, et il s’avère qu’un petit groupe d’entre eux va réquisitionner la General, avec Annabelle à son bord. Il n’en faut pas plus pour que Johnnie s’élance sans réfléchir à la poursuite de ses deux passions.

Il est bon de rappeler que ce film fait aujourd’hui figure de véritable classique du cinéma. Pour faire un bon classique, il faut un réalisateur de renom, des acteurs de qualité et un scénario efficace. Ici, tous les ingrédients sont réunis, grâce à un élément commun : Buster Keaton. Je ne manque pas une occasion de louer ses prestations et ses réalisations, mais a-t-on réellement le choix face à un tel génie du cinéma ? Nous avons avec Le Mecano de la « General » un chef d’œuvre du burlesque, marquant sans conteste l’apogée dans la carrière de l’acteur, à l’image d’un bouquet final avant l’arrivée du cinéma parlant, qui va quasiment mettre un terme à la carrière de l’acteur.

Buster Keaton dans Le Mécano de la General (1926)
Buster Keaton dans Le Mécano de la General (1926)

Comme à son habitude, Keaton nous propose un film drôle, avec des gags justes, à l’effet exacerbé par le flegme incomparable de l’homme qui ne rit jamais. C’est plein d’inventivité, avec une candeur naturelle, incarnée par Buster Keaton, opposée au climat de guerre civile qui envahit alors les Etats-Unis. Son attitude totalement détachée face aux gags qu’il subit nous rapproche de ce personnage car il est simple, modeste et ordinaire. A l’image de la course-poursuite en train qui représente la grande majorité de la durée du film, le rythme est effréné, on sait que notre héros ne risque rien, mais on se demande sans cesse par quels moyens il va se sortir des pièges qui lui sont tendus.

Merci pour ce nouveau petit bijou dont toi seul avais le secret Buster, et que seul le cinéma muet pouvait nous livrer. Des retrouvailles plus que réussies !

Note : 9/10.

Le film en intégralité sur Youtube :

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