A la rencontre de… 007 Spectre (2015)

Affiche de 007 : Spectre (2015)
Affiche de 007 Spectre (2015)

« Bond, James Bond. » Voilà maintenant trois ans que le célèbre agent britannique se faisait attendre dans les salles obscures. Après un Skyfall torturé, psychologique, très personnel mais avant tout très réussi, son successeur était attendu au tournant, après un dénouement qui annonçait le début d’une nouvelle ère dans la saga James Bond. 007 Spectre a su faire monter la tension ces derniers mois à travers des bandes-annonce alléchantes, présageant un Bond spectaculaire, et promettant un retour aux sources, remettant l’énigmatique organisation du Spectre, omniprésente dans les premiers films de la saga. Plein d’ambition, 007 Spectre a fait il y a un peu moins de deux semaines sa grande sortie officielle dans les salles françaises. J’ai pu aller le voir la veille en avant-première après une longue attente. A-t-elle été récompensée ? Oui ! Mais il y a quand même des « pour » et des « contre ».

Daniel Craig dans 007 Spectre
Daniel Craig dans 007 Spectre

Dès le début du film, 007 Spectre annonce le ton : nous sommes en 2015, mais on renoue avec les origines. Après le retour du fameux « gunbarrel » en début du film, celui-ci enchaîne avec l’une des plus spectaculaires scènes d’ouverture de la saga. Grand défilé, course-poursuite, le rythme est effréné et le spectateur est cloué au fond de son siège, à l’instar des films précédents, perpétuant ce qui est devenu une tradition. Le générique, quant à lui, m’inquiétait quelque peu, craignant que la musique ne manque de puissance, mais le rendu au cinéma est très satisfaisant, proposant un très beau générique, bien que je ne parvienne toujours pas à trouver mieux que celui de Skyfall.

Daniel Craig a modifié son jeu. D’habitude très froid, voire antipathique, il est plus détendu, semblant ici vouloir davantage s’apparenter à certains de ses prédécesseurs. Ce petit changement est d’ailleurs plutôt bienvenue et satisfera les fans de la première heure qui restent toujours circonspects face à l’image de Bond donnée par l’acteur.

Daniel Craig dans 007 Spectre (2015)
Daniel Craig dans 007 Spectre (2015)

La première heure du film est très satisfaisante. Bien rythmée, elle permet de bien planter le décor, de présenter la nouvelle équipe et de donner une touche toute spéciale à 007 Spectre. La scène de la rencontre entre le chef du Spectre et James Bond, par exemple, est très bien amenée, avec des jeux de lumière visant à dissimuler le visage du mystérieux antagoniste de l’agent britannique, jusqu’à une réplique inattendue résumant tout le malaise qui règne lors de ce passage.

La seconde heure, hélas, marque un brutal changement de rythme. Beaucoup plus lent voire décousu, le film se perd quelque peu dans des longueurs, et c’est d’ailleurs le principal reproche qui lui est fait. D’aucuns reprocheront également le manque de piquant de Léa Seydoux, James Bond girl très (trop ?) froide qui ne parvient pas à susciter d’empathie au près du spectateur qui peine à s’attacher à ce personnage plus important que l’on ne pourrait penser. Christoph Waltz, également, s’annonçait comme un personnage plein de promesses, et livre au final une prestation pas forcément mauvaise, mais pas vraiment satisfaisante quand on endosse le rôle du méchant numéro un de la saga James Bond, dont le plus brillant interprète reste Telly Savalas, dans l’excellent Au service secret de sa majesté, face à George Lazenby.

Léa Seydoux dans 007 Spectre (2015)
Léa Seydoux dans 007 Spectre (2015)

007 Spectre semble souffrir auprès de la critique. Probablement parce que les attentes autour du vingt-quatrième James Bond étaient trop grandes. Promesses d’un retour aux sources, dernier Bond réalisé par Sam Mendes, mais aussi successeur de l’excellent Skyfall, la barre à franchir était peut-être trop haute. Pourtant, 007 Spectre est très loin de se vautrer, il est même de vraiment bonne facture. Spectaculaire comme en témoigne l’incroyable scène d’ouverture au Mexique, intimiste comme le suggèrent les teintes chaudes dans lesquelles le film baigne la plupart du temps, il fait ce qu’il à à faire. Cependant, on sent que, même s’il est plein de bonnes intentions, il ne va pas vraiment au bout des choses, et c’est probablement le point le plus négatif du film, qui aurait pu rivaliser avec les meilleurs s’il avait été parfaitement abouti.

Je dois l’avouer, je ne le mettrai pas à un niveau aussi haut que le sont à mes yeux Skyfall et Au service secret de sa majesté, probablement mes deux Bond préférés parmi tous. Mais après deux visionnages, 007 Spectre m’a prouvé qu’il était satisfaisant, et que sans crever les plafonds, il réunit les ingrédients nécessaires à la réalisation d’un bon James Bond et propose un divertissement de bonne facture. J’avais volontairement choisi de ne pas mettre la barre trop haut car c’est une erreur que beaucoup font trop souvent. Et en tant que fan, je n’ai pas été déçu.

Note : 8/10.

Bande-annonce de 007 Spectre

Quentin Coray

Quentin, 26 ans, mordu de cinéma depuis le visionnage de Metropolis, qui fut à l'origine d'un véritable déclic. Toujours en quête de nouvelles découvertes pour élargir mes connaissances et ma vision du cinéma. "L'art existe et s'affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l'idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains." - Andreï Tarkovski

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