Cry Macho (Clint Eastwood, 2021) – Critique & Analyse

Clint et son chapeau de cow-boy à l’affiche de Cry Macho, la promesse d’une nouvelle page dans l’histoire de l’une des plus grandes figures du western. Un homme qui avance en âge et qui continue de proposer ses réflexions sur lui-même et le monde qui l’entoure et qui vient, du haut de ses 91 ans, se livrer à nous.


Fiche du film

Affiche de Cry Macho (2021)
Affiche de Cry Macho (2021)
  • Genre : Drame
  • Réalisateur(s) : Clint Eastwood
  • Distribution : Clint Eastwood, Dwight Yoakam, Daniel V. Graulau
  • Année de sortie : 2021
  • Synopsis : Mike, star déchue du rodéo, se voit confier une mission a priori impossible : se rendre au Mexique pour y trouver un adolescent turbulent et l’amener jusqu’au Texas. Il lui faudra pour cela affronter la pègre mexicaine, la police et son propre passé. (SensCritique)

Critique et Analyse

Cry Macho (2021)
Cry Macho (2021)

Tous les fans et amateurs du cinéma de Clint Eastwood ont probablement vibré en découvrant la bande-annonce de Cry Macho, avec cette image de cow-boy solitaire marchant au coucher de soleil, comme dans une illustration d’une légende qui tire sa révérence après une longue et belle vie. La mise en place d’une relation entre un cow-boy texan endurci et un jeune adolescent mexicain semblait convoquer Gran Torino, avec, en plus, cette allure de road movie et cette fragilité émanant du personnage campé par Clint qui venait aussi nous rappeler La Mule. Dans ses promesses, Cry Macho semblait donc s’inscrire dans la continuité de la filmographie de Clint Eastwood, suivant la voie empruntée depuis le virage pris avec Gran Torino notamment, nous faisant passer à l’heure du bilan.

« Cry Macho est à l’image de ce qu’est devenu Clint Eastwood, un homme humble et apaisé, faisant preuve de simplicité. »

Le personnage de Mike, campé par Clint Eastwood, est en effet présenté comme une vieille gloire du rodéo, ayant un boulot modeste dans lequel on ne lui offre plus de reconnaissance, autant qu’il semble détaché du monde dans lequel il vit. Sans famille ni attaches, il est à la foi marginal par lui-même et marginalisé par ses connaissances qui ne voient plus en ce vieil homme qu’un passé qu’on souhaite ranger au grenier. Un parallèle s’effectue rapidement entre le personnage de Mike et le vrai Clint Eastwood, avec cette vision d’un homme qui vit avec son passé, qui continue sereinement son chemin sans trop se préoccuper des autres, une figure que l’on respecte, une légende. Cry Macho est à l’image de ce qu’est devenu Clint Eastwood, un homme humble et apaisé, faisant preuve de simplicité.

Cry Macho (2021)
Cry Macho (2021)

En effet, Cry Macho a essuyé de nombreuses critiques négatives, sûrement pour le décalage manifeste entre les promesses annoncées et le résultat obtenu. Car le dernier film de Clint Eastwood n’est certainement pas un grand film, et ce pour de nombreuses raisons. Tout d’abord car ce n’est pas son intention. Un peu dans la même veine que La Mule, Cry Macho n’a pas d’ambitions démesurées, proposant une petite histoire simple, avec des discours très classiques. C’est un petit film de Clint Eastwood, et on ressent, en le voyant, qu’il ne cherchait pas à en faire plus. Toutefois, on peut lui reprocher d’autres choses qui font que Cry Macho pouvait être un petit film humble tout en étant bien réussi. On pense à l’introduction et au développement assez bâclé du personnage de Mike, aux choix d’acteurs parfois discutables, notamment dans certains seconds rôles, à l’intrigue qui tend à patiner, et aux rebondissements souvent forcés qui balisent trop le chemin pris par le film. C’est là que le bât blesse pour Cry Macho, l’expérience et le talent de Clint Eastwood devant garantir bien plus que cela.

On aime beaucoup qualifier de « crépusculaires » les films de Clint Eastwood, et Cry Macho ne l’est pas vraiment. Dans son ton assez léger, humble, presque cartoonesque par moments (on pense au rôle du coq dans le film), on tendrait plus à se rapprocher d’un Doux, Dur et Dingue (même si ce n’est pas Clint qui le réalise) que d’un Impitoyable ou d’un Homme des Hautes Plaines. Cry Macho marquera hélas difficilement à cause de ses faiblesses manifestes, d’autant plus que les espoirs placés en lui étaient grands, même s’il n’est jamais juste de juger un film seulement sur la base de ses propres attentes. On gardera quand même cette très belle image où l’ombre de Clint s’allonge dans le désert au coucher de soleil, disparaissant dans l’horizon, superbe symbole et très beau moment de cinéma au milieu de cette petite aventure sans prétentions.

Note et avis

En résumé

Cry Macho est en effet un petit film de la part de Clint Eastwood. Mais en le voyant, on comprend bien qu’il n’en souhaitait pas forcément davantage. Juste une petite histoire marquée par la simplicité et l’humilité. Et forcément les défauts qui en découlent, aussi.

Overall
5/10
5/10

Quentin Coray

Quentin, 27 ans, mordu de cinéma depuis le visionnage de Metropolis, qui fut à l'origine d'un véritable déclic. Toujours en quête de nouvelles découvertes pour élargir mes connaissances et ma vision du cinéma. "L'art existe et s'affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l'idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains." - Andreï Tarkovski

2 réflexions sur “Cry Macho (Clint Eastwood, 2021) – Critique & Analyse

  • 2 décembre 2021 à 6 h 08 min
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    Très belle chronique pour ce film modeste, maladroit mais tendre. Je lui préfère néanmoins la Mule.

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