Kirk Douglas en 5 rôles

Kirk Douglas

Le légendaire Kirk Douglas fête aujourd’hui ses 101 ans. Un âge plus que respectable pour l’un des derniers témoins vivants de l’âge d’or de Hollywood. Un homme parti de rien, qui a su s’imposer au fil du temps comme l’un des plus grands acteurs de l’histoire, illuminant chaque film auquel il a participé de son aura et de son talent. A l’occasion de cet anniversaire exceptionnel, j’ai choisi de revenir sur 5 de ses plus grands rôles. Pour des raisons d’authenticité et de légitimité, j’ai choisi cinq films que j’ai vus, ne soyez donc pas surpris ni déçus de ne pas y voir, par exemple, Le Champion, Les Vikings, ou Sept Jours en Mai. C’est donc parti pour cette petite rétrospective de l’une des carrières les plus illustres du septième art !


Le Gouffre aux Chimères (Billy Wilder, 1951)

Affiche du Gouffre aux Chimères (1951)
Affiche du Gouffre aux Chimères (1951)

Ce n’est pas son rôle le plus connu, et pourtant, Kirk y livre une prestation formidable. Ici dirigé par Billy Wilder, cinéaste dont le talent ne fait pas le moindre doute, il joue le rôle complexe d’un journaliste en quête du scoop de sa vie. Au cœur d’une vaste machinerie qui dénonce à la fois une société de consommation dont les excès font peur, et une quête inlassable de sensationnel de la part de la population, Chuck Tatum (Kirk Douglas) est un personnage très ambigu. En même temps grand méchant de l’histoire, on espère, paradoxalement, le voir triompher dans un dénouement heureux. Bien sûr, cette idée s’éloigne au fur et à mesure que l’histoire se poursuit. Dans tous les cas, Kirk Douglas y est génial de machiavélisme, d’arrogance et de spontanéité.

Kirk Douglas dans Le Gouffre aux Chimères (1951)
Kirk Douglas dans Le Gouffre aux Chimères (1951)

Les Ensorcelés (Vincente Minnelli, 1952)

Affiche des Ensorcelés (1952)
Affiche des Ensorcelés (1952)

Brillante mise en abyme du monde du cinéma et du show business, Les Ensorcelés décortique la personnalité d’un homme complexe et ambivalent, symbole lui-même de la difficulté à maintenir un équilibre sain entre intérêts personnels et communs. Grâce à un Kirk Douglas brillant, dans la lignée de son rôle dans Le Gouffre aux ChimèresThe Bad and The Beautiful est un film superbe, complexe, qui laisse au spectateur le choix de juger de lui-même de l’intégrité des personnages, et des raisons qui guident leurs actes. A l’instar d’un Eve ou d’un Boulevard du Crépuscule, ce film fait partie des meilleurs films sur le cinéma, et même des meilleurs films tout court.

Kirk Douglas et Lana Turner dans Les Ensorcelés (1952)
Kirk Douglas et Lana Turner dans Les Ensorcelés (1952)

La Vie Passionnée de Vincent Van Gogh (Vincente Minnelli, 1954)

Affiche de La Vie Passionnée de Vincent Van Gogh (1956)
Affiche de La Vie Passionnée de Vincent Van Gogh (1956)

Très probablement l’un des rôles les plus connus de l’acteur. Au-delà de la ressemblance physique, c’est ici tout un travail de restitution de l’histoire d’un homme torturé et au destin tragique qui est ici réalisé. Irrésistiblement passionné, incompatible avec la société, Van Gogh est ici présenté comme un homme qui vit à travers ses passions, lesquelles ne se contentent pas de le nourrir, mais le dévorent également. Un biopic saisissant tant Kirk Douglas semble habité par ce personnage, donnant l’impression de voir le vrai Van Gogh reprendre vie devant nos yeux.

Kirk Douglas dans La Vie Passionnée de Vincent Van Gogh (1956)
Kirk Douglas dans La Vie Passionnée de Vincent Van Gogh (1956)

Les Sentiers de la Gloire (Stanley Kubrick, 1957)

Affiche de Les sentiers de la gloire (1957)
Affiche des Sentiers de la gloire (1957)

Il me paraissait impensable de poursuivre cet article sans parler d’un film que je considère comme étant un des chefs d’oeuvre absolus du cinéma. Superbe travail de reconstitution réalisé par Stanley Kubrick, Les Sentiers de la Gloire utilise un contexte de guerre pour mettre en scène la lâcheté de l’homme, sa quête de pouvoir et sa fuite devant les responsabilités. Dans cette histoire pleine d’injustice et absolument révoltante, Kirk Douglas campe le rôle du colonel Dax, le seul à être fidèle à ses valeurs et à une véritable justice. Grâce à son charisme naturel, il s’impose comme une véritable force et prend une stature de héros dans un environnement hostile où l’esprit de camaraderie s’arrête aux grades les plus modestes.

Kirk Douglas dans Les Sentiers de la Gloire (1957)
Kirk Douglas dans Les Sentiers de la Gloire (1957)

Seuls sont les Indomptés (David Miller, 1962)

Affiche de Seuls sont les Indomptés (1962)
Affiche de Seuls sont les Indomptés (1962)

Quand les réalisateurs italiens réinventent le western à travers des histoires romancées et des duels mythiques dans les contrées désertiques du XIXe siècle, le western américain se tourne vers le drame et la mélancolie. En témoigne directement ce Lonely are the brave, qui raconte une histoire contemporaine, en plein choc des époques. D’un côté, le cow-boy solitaire qui vit au gré de ses envies, de l’autre, la ville, la route, le monde « réel ». Incapable de s’adapter à ce type d’existence, le héros, bonhomme intègre, généreux et enthousiaste, devient alors un hors-la-loi, sans identité, traqué comme un criminel. En résulte un film émouvant, qui fait réfléchir, et évite les superflus. Encore une fois, la présence rayonnante de Kirk Douglas et sa capacité à s’adapter à tous ses rôles ne sont pas étrangères au succès de ce film.

Seuls sont les Indomptés (1962)
Seuls sont les Indomptés (1962)

En définitive, il ne fait aucun doute que Kirk Douglas a su marquer son époque et l’histoire du cinéma de par son talent et à travers des rôles marquants, dans de grands films qui sont devenus des incontournables. Mon exploration de la filmographie de Kirk Douglas est loin d’être terminée, mais c’est avec enthousiasme que je la continuerai progressivement. Et vous, que pensez-vous de cette sélection ? Dans quels rôles Kirk Douglas vous a particulièrement marqués ?

Pour en savoir plus :

Critique du Gouffre aux Chimères (1951)

Critique des Sentiers de la Gloire (1957)

2 réflexions sur « Kirk Douglas en 5 rôles »

  1. Pour ma part je retiens aussi, de la filmographie de Kirk Douglas, « Spartacus  » (1960) de Stanley Kubrick ainsi que ses collaborations avec John Wayne comme « La Caravane de Feu » sortit l’année de ma naissance, en 1967, ou encore « L’Ombre d’un Géant » paru un an plus tôt, en 1966 et réalisé par Melville Shavelson. Mais en siècle de vie, il y a tant ) dire sur Kirk Douglas ….
    :-)

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