Le cinéma de genre français, bien que discret depuis ces dernières années, semble bien revenir petit à petit en force. Laissant beaucoup plus de place à ces comédies légères, attirant un large public en quête de rire et de détente, le cinéma français semblait s’être fermé à la nouveauté et à la prise de risque. Bien qu’on ne puisse pas dire que la donne ait encore radicalement changé, les récents succès critiques de films comme Grave ou Ghostland ont réveillé l’espoir de l’émergence d’un nouveau cinéma de genre français. Dans la brume, film catastrophe et de science-fiction, s’inscrit dans cette veine, et je souhaitais directement me rendre compte de ce que notre cinéma pouvait proposer à ce niveau.


Fiche du film

Affiche de Dans la brume (2018)

Affiche de Dans la brume (2018)

  • Genre : Catastrophe, Science-Fiction
  • Réalisateur : Daniel Roby
  • Année de sortie : 2018
  • Casting : Romain Duris, Olga Kurylenko, Fantine Harduin
  • Synopsis : Un couple se voit confronter à une étrange brume mortelle qui submerge Paris. Afin de survivre, certains trouvent refuge dans les derniers étages des immeubles et sur les toits de la capitale. Sans informations, sans électricité, sans eau ni nourriture, le couple tente de survivre face à cette catastrophe et de sauver leur fille… Mais les heures passent et un constat s’impose, les secours ne viendront pas. Il ne reste qu’une seule possibilité pour s’en sortir : tenter sa chance dans la brume. (senscritique.com)

Critique et Analyse

Dans la brume (2018)

Dans la brume (2018)

Dans un futur proche, suite à un tremblement de terre a priori normal, la ville de Paris se voit subitement recouverte d’un épais nuage toxique qui tue tous ceux qui respirent dedans. Ce n’est que dans les derniers étages des immeubles de la ville que les derniers survivants trouvent refuge, là où l’air est encore frais et respirable. Comme le cinéma français le fait souvent, par tradition ou la faute à des moyens souvent plus modeste, Dans la brume ne cherche pas à mettre en avant une catastrophe mondiale avec des visuels impressionnants et une aventure pour la survie, à l’instar des grands films catastrophe américains. Ici, on reste à une échelle bien moindre, ne se focalisant que sur quelques personnages, juste assez pour que cette catastrophe ne soit pas un prétexte à créer un manège à sensations, mais un contexte pour observer le comportement de ces personnages.

« Dans la brume parvient à créer un bon effet, mettant en scène une catastrophe gigantesque mais se permettant de suivre ce microcosme pour isoler le spectateur avec les personnages et chercher à lui faire vivre la même sensation d’étouffement. »

L’idée principale du film est donc de montrer la capacité des humains à survivre face à une catastrophe aussi soudaine, avec dans un premier temps une phase de déni, puis de prise de conscience modérée, puis à une véritable volonté de survivre, finissant par comprendre qu’ils sont quasiment condamnés. Grâce à son casting réduit mais de qualité, Romain Duris en tête, le film évite donc de s’éparpiller et suit un cheminement clair, avec pour enjeu principal le sauvetage de la petite fille emprisonnée dans la bulle dont elle ne peut sortir. Dans la brume parvient à créer un bon effet, mettant en scène une catastrophe gigantesque mais se permettant de suivre ce microcosme pour isoler le spectateur avec les personnages et chercher à lui faire vivre la même sensation d’étouffement.

Romain Duris et Olga Kurylenko dans Dans la brume (2018)

Romain Duris et Olga Kurylenko dans Dans la brume (2018)

Dans la brume est un bon exercice en la matière, qui se permet quelques belles fulgurances visuelles et au niveau de la mise en scène, notamment lors de l’arrivée de l’immense nuage, et lors du très beau plan séquence filmant la poursuite des deux protagonistes par un chien. Cependant, le principal regret que l’on a au sortir de la séance, c’est de suivre cette histoire et de découvrir un dénouement dont on sent qu’un réel message est adressé, mais le propos n’est pas toujours suffisamment clair pour que l’on puisse établir une réelle conclusion. J’y vois, personnellement, une fable écologiste sur la transmission aux générations future d’une planète polluée, dont on tente de les protéger mais dont l’état est, finalement, naturel pour eux. Par ailleurs, un autre de mes regrets, qui n’engage également que moi et pas l’opinion générale, est la difficulté que j’ai eue à ressentir une réelle empathie pour les personnages.

Cependant, Dans la brume semble suivre une ligne directrice qui lui a été donnée, et il n’en diverge jamais. Efficace, n’allant jamais dans la surenchère, il arrive à créer une ambiance et à susciter de l’intérêt quant à la poursuite des événements. Sans être spécialement brillant, c’est un film qu’il m’a plu de voir, car ce genre de cinéma et ce type de démarche mérite d’être encouragé. Le cinéma français est capable de beaucoup de choses, et notamment d’autres choses que de simplement réaliser des comédies potaches. Encore une fois, il ne s’agit pas de critiquer ces dernières ni de dénigrer ceux qui vont les voir au cinéma, mais plutôt d’être satisfait de voir le cinéma de genre français reprendre peu à peu du galon et parvenir à attirer du public.


Note et avis

3.25/5

Le film de genre français continue de reprendre du galon avec Dans la brume, film catastrophe globalement réussi, qui aurait certes pu être meilleur, mais est tout à fait encourageant pour la suite.

 


Bande annonce de Dans la brume