Cinexpress #94 – Atomic Blonde (2017)

Atomic Blonde

Il y a trois ans, David Leitch débutait dans la réalisation aux côtés de Chad Stahelski pour donner naissance à John Wick, un film d’action résolument décomplexé mais suffisamment bien amené et bien reçu au point d’avoir une suite, John Wick 2, sortie cette année. Laissant à son compère le soin de diriger Keanu Reeves à l’origine d’un vrai massacre, David Leitch choisit de lui donner un équivalent au féminin dans Atomic Blonde.

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Affiche d'Atomic Blonde (2017)
Affiche d’Atomic Blonde (2017)
  • Genre : Action, Thriller
  • Réalisateur : David Leitch
  • Année de sortie : 2017
  • Casting : Charlize Theron, James McAvoy, Sofia Boutella, John Goodman
  • Synopsis : L’agent Lorraine Broughton est une des meilleures espionne du Service de renseignement de Sa Majesté ; à la fois sensuelle et sauvage et prête à déployer toutes ses compétences pour rester en vie durant sa mission impossible. Envoyée seule à Berlin dans le but de livrer un dossier de la plus haute importance dans cette ville au climat instable, elle s’associe avec David Percival, le chef de station local, et commence alors un jeu d’espions des plus meurtriers. (senscritique.com)

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Charlize Theron dans Atomic Blonde (2017)
Charlize Theron dans Atomic Blonde (2017)

Du moins, c’est ainsi que le film est vendu, car si l’ombre de John Wick semble planer en permanence sur Atomic Blonde, nous ne sommes pas face à un simili spin-off du film avec Keanu Reeves, mais établir un parallèle avec ce dernier permet de mieux cerner Atomic Blonde. Ici, nous retournons presque trente ans en arrière, lors des derniers jours du mur de Berlin, à une époque où les tensions entre les grandes nations étaient à leur paroxysme, à cause d’une terrible guerre de l’information menée dans l’ombre. Le personnage campé par Charlize Theron se retrouve ainsi parachuté dans une ville en pleine effervescence où le peuple se soulève et où espions anglais, américains, français et soviétiques se battent entre eux pour percer à jour de sombres affaires risquant de générer une crise mondiale.

A ce jeu, David Leitch tient parfaitement la baraque en imposant rapidement une ambiance glaciale et hivernale à Atomic Blonde, baignant sous un filtre bleu suggérant à la fois le froid d’un mois de novembre allemand, mais aussi la morosité de Berlin-Est, noyée dans l’austérité et en proie aux guerres intestines entre organisations de renseignements. Mais la chute du mur de Berlin eut également lieu dans les années 80, et pour ce faire David Leitch choisit d’apposer sur son film une bande originale pleine de tubes rythmés et puissants bien d’époque, s’associant parfaitement à l’ambiance du film, entre scènes d’action impressionnantes et plans intérieurs baignant dans une lumière multicolore. On retrouve ainsi la « patte » qui avait permis à John Wick de s’illustrer comme un film d’action certes classique et décomplexé, mais surtout bien réalisé et bien pensé.

Charlize Theron dans Atomic Blonde (2017)
Charlize Theron dans Atomic Blonde (2017)

Grâce à ce très bon travail réalisé au niveau de l’ambiance générale du film, David Leitch parvient parfaitement à capturer l’esprit des 80s, entre néons et synthés puissants, et ainsi à apporter à son personnage une touche badass supplémentaire, sans pour autant être kitsch. Et c’est peut-être là, paradoxalement, qu’Atomic Blonde montre ses limites. Moins décomplexé qu’un John Wick, il n’en demeure pas moins fou et survolté par moments, et semble toujours hésiter entre une volonté d’être un pur film d’action survitaminé, et un film d’espionnage intelligent sur une période-clé de notre histoire. Car, en dépit d’un casting de haut vol et d’un beau potentiel, l’histoire du film peine à vraiment intéresser et à être intelligible, le rôle des personnages n’est pas clair, l’intrigue peu lisible, et, hélas, cela a tendance à faire décrocher le spectateur.

Atomic Blonde est plein de bonnes trouvailles, comme la scène de combat très bien pensée qui se déroule dans un cinéma derrière un écran de projection lors d’une séance de Stalker, où les personnages du film de Tarkovski, assis à l’entrée de la Chambre (pour ceux qui connaissent le film) semblent regarder l’affrontement. Mais il propose une histoire relativement décousue qui ne permet pas de vraiment rentrer dedans et de vouloir avancer jusqu’à sa résolution. Peut-être était-ce voulu afin d’appuyer l’esprit de désordre qui règne au sein de ce microcosme d’espions où la confusion règne ? Dans tous les cas, c’est un point qui empêche Atomic Blonde de véritablement percer et mettre KO son spectateur, même si son ambiance et son style ne manqueront pas de faire effet, et ça laisse présager du bon pour Deadpool 2, qui sera également réalisé par David Leitch.

Note : 6,5/10.

Bande-annonce d’Atomic Blonde

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