6 choses à savoir sur… James Bond

James Bond

Depuis maintenant 53 ans, le mythique agent secret britannique James Bond enchaîne les missions et les actes héroïques dans les salles obscures. Créé en 1952 par Ian Fleming, ce personnage a traversé les époques et marqué plusieurs générations de fans, moi compris. J’ai chez moi toute la collection des James Bond en DVD, et je peux vous dire que je les ai tous vus au moins une fois, et beaucoup plus pour certains. Le succès de James Bond est tel que nul ne peut dire qu’il ne connaît pas 007. Pourtant, certains éléments concernant le célèbre agent secret demeurent méconnus du grand public. En tant qu’inconditionnel de la saga, je vous propose de compléter votre culture 007 à travers 6 choses à savoir sur la saga James Bond !

David Niven, Rex Harrison, Cary Grant et Sean Connery
David Niven, Rex Harrison, Cary Grant et Sean Connery

1 : Sean Connery a été le premier Bond… Mais ça aurait pu être quelqu’un d’autre !

C’est en 1962 que le célèbre agent britannique a fait son apparition dans les salles obscures. Ce personnage à la classe incomparable devait être interprété par un homme ayant de l’allure, et nul doute qu’ils étaient pléthore à cette époque ! Plusieurs noms avaient été retenus parmi tant d’autres : David Niven, Rex Harrison, Cary Grant, et il faut dire que les trois avaient l’étoffe d’un James Bond, mais ils en ont décidé autrement en refusant le rôle. D’autres noms ont été suggérés par les producteurs, mais Sean Connery finira par rafler la mise, ayant séduit Albert R. Broccoli, le producteur emblématique de la saga, par son côté terre à terre. C’est ainsi également que fut recalé un certain Roger Moore…

George Lazenby
George Lazenby

2 : George Lazenby, l’oublié

Ce nom ne vous dit probablement rien, et c’est bien dommage, pour vous, comme pour lui ! Il est vrai que lorsque l’on demande à quelqu’un quels acteurs ont joué James Bond, ils citeront facilement Daniel Craig, Pierce Brosnan, Roger Moore et Sean Connery. Le nom de Timothy Dalton revient plus difficilement, car il n’a joué que dans deux films (Tuer n’est pas Jouer, 1987 et Permis de Tuer, 1989), mais il n’a pas autant sombré dans l’anonymat que ne l’a fait George Lazenby.

George Lazenby dans Au service secret de sa Majesté (1969)
George Lazenby dans Au service secret de sa Majesté (1969)

Celui-ci a eu la lourde tâche de succéder à Sean Connery, un changement d’apparence qui n’a pas vraiment été du goût du public. En effet, le succès de la saga se poursuivait, et Connery a décidé de voguer vers d’autres horizons, de peur que le personnage de James Bond ne lui colle à la peau toute sa vie. Notons tout d’abord qu’un certain Timothy Dalton avait déjà été approché par la production pour incarner James Bond, mais celui-ci avait décliné, jugeant être trop jeune pour le rôle, il faut dire que 26 ans, c’était en effet relativement jeune. Lazenby a donc été choisi pour son physique athlétique ainsi que ses capacités en arts martiaux, et ce mannequin australien endossa le rôle de 007 dans Au service secret de sa Majesté en 1969, aux côtés de la sublime Diana Rigg.

George Lazenby et Diana Rigg dans Au service secret de sa Majesté (1969)
Diana Rigg et George Lazenby dans Au service secret de sa Majesté (1969)

Sa brève relation avec la production de Bond s’amorçait sous les meilleurs auspices, mais celle-ci prit brutalement un tournant chaotique et négatif. Les raisons qui ont poussé Lazenby à quitter la franchise aussi prématurément demeurent obscures. Néanmoins, on peut en vouloir à Ronan O’Rahilly, son agent, lequel a convaincu notre nouveau Bond que le personnage qu’il incarnait allait vite sombrer dans la désuétude à l’orée des années 1970. Sa décision a également été motivée par sa relation difficile avec la production, dont la vision du cinéma et de la réalisation des films n’était pas en adéquation avec la sienne. Enfin, les critiques sur son jeu d’acteur jugé mauvais, entre autres à cause de son inexpérience, y ont aussi contribué. Il se laissera d’ailleurs volontairement pousser les cheveux et la barbe pour définitivement rompre avec l’image de 007.

George Lazenby peu de temps après Au service secret de sa Majesté (oui, ça change)
George Lazenby peu de temps après Au service secret de sa Majesté (oui, ça change)

C’est ainsi que George Lazenby refusa un contrat de sept (!) films, et finit par disparaître, n’ayant plus que pour seuls faits d’armes un rôle dans la série de téléfilms érotiques Emmanuelle et celui du père de Jarod dans la série Le Caméléon. Albert R. Broccoli a regretté ce choix, et déclara par la suite qu’il aurait pu être le meilleur James Bond, un avis partagé par bien des fans (moi compris), qui considèrent Au service de sa Majesté comme l’un des meilleurs films de la saga. Si vous ne l’avez pas vu, faîtes-le, il a certes un peu vieilli, mais avait l’avantage d’avoir une belle avance sur son époque !

James Bond

3 : James Bond est apparu dans 23 films… officiellement, mais pas que !

Il est vrai que l’on a tendance à croire que la saga James Bond comprend 23 films, de James Bond contre Dr No (1962) à Skyfall (2012), plus SPECTRE qui est en préparation, et dont la sortie est prévue pour la fin de l’année. Vous êtes tout à fait en droit de croire cela ! En effet, la société EON Productions a bien produit ces 23 films et est toujours la société qui détient les droits officiels liés à l’image de James Bond. Cependant il existe d’autres films où James Bond fait son apparition, et on les compte au nombre de trois.

Barry Nelson et Linda Christian dans Casino Royale (1954)
Linda Christian et Barry Nelson dans Casino Royale (1954)

La première fois remonte à 1954, dans Casino Royale. En réalité, il s’agissait d’un épisode du show Climax commandé à Ian Fleming par CBS. Barry Nelson y interprète James « Jimmy » Bond, agent… américain travaillant pour la CIA. Un court-métrage de cinquante minutes qui se permet quelques (grosses) libertés, et qui permet également de retrouver Peter Lorre (Metropolis, M le Maudit) en tant que Le Chiffre.

David Niven et Barbara Bouchet dans Casino Royale (1967)
David Niven et Barbara Bouchet dans Casino Royale (1967)

Il existe également un autre Casino Royale. Non, je ne parle pas de l’excellent Casino Royale de 2006, avec Daniel Craig comme protagoniste, mais bien du Casino Royale de 1967. C’est David Niven, premier choix de Fleming pour incarner l’agent britannique, qui obtient le rôle principal dans cette parodie au casting cinq étoiles (Ursula Andress, Orson Welles, Peter Sellers, Peter O’Toole, Woody Allen…), une adaptation très libre à l’humour très anglais.

Sean Connery dans Jamais Plus Jamais (1983)
Sean Connery dans Jamais Plus Jamais (1983)

Enfin, le troisième cas concerne davantage des litiges liés aux droits d’auteur. En effet, Kevin McClory était pressenti pour adapter les aventures de l’espion britannique au cinéma. La saga devait débuter avec Jamais plus Jamais, dont il avait coécrit le script avec Ian Fleming. Cependant, le projet n’eut pas de suite, et Ian Fleming choisit de reprendre les éléments de l’histoire afin d’écrire Opération Tonnerre. McClory, évidemment, ne se laisse pas faire et arrache les droits cinématographiques du scénario de Jamais plus Jamais, mais doit laisser ceux du livre à Fleming. Ainsi, Fleming vend les droits à EON (comme pour tous ses autres écrits ayant 007 comme vedette), qui produira Opération Tonnerre en 1965.

Sean Connery et Kim Basinger dans Jamais Plus Jamais (1983)
Sean Connery et Kim Basinger dans Jamais Plus Jamais (1983)

Et c’est donc en 1983 que Kevin McClory réalise Jamais plus Jamais, en choisissant comme acteur principal… Sean Connery ! Douze ans après Les diamants sont éternels, l’écossais reprend du service aux côtés de Klaus Maria Brandauer et Kim Basinger, dans un Bond très proche du style d’EON et qui s’intègrerait facilement à la saga officielle, mais ressemble davantage à un dernier pied de nez de McClory avant d’enterrer la hache de guerre. Enfin on peut terminer en ajoutant la série d’animation James Bond Junior, produite par EON et mettant en vedette le neveu du célèbre agent secret.

George Lazenby à 29 ans dans Au service secret de sa Majesté (1969) à gauche, et Roger Moore à 57 ans dans Dangereusement Vôtre (1985) à droite
George Lazenby à 29 ans dans Au service secret de sa Majesté (1969) à gauche, et Roger Moore à 57 ans dans Dangereusement Vôtre (1985) à droite

4 : Il y a presque trente ans de différence entre le plus jeune et le plus vieil acteur à avoir joué 007

On a généralement tendance à imaginer James Bond comme un homme ayant atteint l’âge de raison, c’est-à-dire 40 ans. Mais nul ne peut lutter contre le temps qui court, et on constate qu’au final, les acteurs ont incarné James Bond à des âges bien différents. Ainsi, George Lazenby n’avait que 29 ans lorsqu’il a incarné 007 dans Au service secret de sa Majesté en 1969, et Roger Moore en avait 57 dans Dangereusement Vôtre en 1985.

Timothy Dalton dans Permis de Tuer (1989)
Timothy Dalton dans Permis de Tuer (1989)

Autorisons-nous à faire quelques statistiques ! En 1962, Sean Connery avait 32 ans quand il a tourné James Bond contre Dr No, et 41 ans dans Les diamants sont éternels en 1971. George Lazenby avait donc 29 ans dans Au service secret de sa Majesté en 1969, puis après un bref retour de Connery, Roger Moore a hérité du rôle dans Vivre et laisser mourir en 1973, alors qu’il était déjà âgé de 45 ans. Il tourna dans six autres films avant de laisser sa place à 57 ans. Vint le tour de Timothy Dalton, qui joua dans Permis de Tuer en 1987 et Tuer n’est pas jouer en 1989, alors qu’il était âgé respectivement de 41 et 43 ans. Ensuite, Pierce Brosnan prit la relève dans Goldeneye en 1995. Il avait alors 42 ans, et resta jusqu’en 2002 avec Meurs un autre Jour, il avait 49 ans. Le dernier arrivé fut Daniel Craig, qui débuta en 2006 avec Casino Royale, à l’âge de 38 ans, et s’apprête à faire son retour dans SPECTRE. Il a aujourd’hui 47 ans et devrait encore jouer dans deux films.

Pierce Brosnan dans Le monde ne suffit pas (1999)
Pierce Brosnan dans Le monde ne suffit pas (1999)

Après toute cette liste de chiffres peu digeste (je vous l’accorde), on constate que les acteurs avaient généralement la quarantaine lorsqu’ils ont incarné James Bond. En somme, la moyenne d’âge se situe autour de 43 ans, ce qui va en accord avec ma description originale. Je pense que Daniel Craig peut encore vivre quelques belles années dans la peau de Bond, pour notre plus grand plaisir !

Daniel Craig dans Skyfall (2012)
Daniel Craig dans Skyfall (2012)

5 : Pour réaliser et jouer James Bond, il faut venir d’un pays du Commonwealth

Il existe une vieille règle concernant à la fois les réalisateurs des films James Bond, et les acteurs incarnant l’emblématique agent secret : ceux-ci doivent posséder la nationalité d’un pays membre du Commonwealth, c’est à dire, à peu de choses près, une ancienne colonie ou protectorat de l’empire britannique. C’est ainsi que se sont succédé un écossais (Sean Connery), un australien (George Lazenby), un anglais (Roger Moore), un gallois (Timothy Dalton), un irlandais (Pierce Brosnan) et de nouveau un anglais (Daniel Craig). Cette règle a été instaurée par la famille Brococoli, mais certains éléments font suggérer une progressive désuétude de cette coutume, qui se manifeste notamment avec la double nationalité irlando-américaine de Brosnan, et la double nationalité germano-suisse de Marc Forster, réalisateur de Quantum of Solace (2008). Je vais peut-être pouvoir tenter ma chance alors !

6 : Ils auraient aussi pu s’appeler James Bond…

Il serait insensé de croire que les six heureux élus à avoir incarné James Bond ont été des premiers choix qui se sont faits d’un claquement de doigts ! Des castings d’envergure ont eu lieu à chaque passation, impliquant parfois des acteurs bien connus, et ils ont été nombreux, très nombreux ! Vous avez vu Jurassic Park ? Alors vous vous rappelez forcément d’Alan Grant, incarné par Sam Neill. Vous le visualisez ? Qu’auriez-vous dit de « Sam Neill as James Bond » ? Eh bien sachez que c’était très bien parti pour lui, des essais avaient même été faits (voir vidéo ci-dessous). Mais c’était sans compter la présence d’un certain Timothy Dalton qui, après avoir retardé l’échéance en 1969 puis en 1979, a choisi de succéder à Roger Moore en 1986. J’aurais aussi été curieux de voir ce que cela aurait donné, mais point de regrets, j’ai adoré les deux Bonds avec Timothy Dalton.

Évidemment, ce n’est pas le seul dans ce cas de figure ! Un certain Mel Gibson, dont la carrière venait tout juste d’exploser grâce à la trilogie Mad Max, avait également tenté sa chance, mais la fameuse règle du Commonwealth a recalé ce résident du pays de l’Oncle Sam. Timothy Dalton n’est pas le seul à avoir fait des victimes, Brosnan a également eu le meilleur sur Sean Bean, lequel a finalement… eu le rôle du méchant. Cela permettait également au réalisateur de perpétuer la tradition en faisant mourir le personnage de Sean Bean (un habitué des morts au cinéma). Blague à part, les frenchies ont également tenté leur chance, comme Lambert Wilson en 1994 et Christophe Lambert en 1987, lequel a été recalé pour son accent français. Même Robbie Williams avait été remarqué suite à son clip Millenium, mais il choisit de ne pas insister, jugeant manquer de raffinement pour incarner l’agent britannique.

Henry Cavill
Henry Cavill

Enfin, la succession de Pierce Brosnan a également été le théâtre d’une âpre lutte à la conquête du rôle tant convoité. Parmi les noms connus à ne pas avoir été retenus, on peut citer Alex O’Loughlin (Steve McGarrett dans Hawaii 5-0), Goran Višnjić (Luka Kovac dans Urgences), Julian McMahon (Cole dans Charmed puis Troy dans Nip/Tuck), Clive Owen (Dwight dans Sin City), et également un certain Henry Cavill. Mais si, vous voyez bien, le nouveau Superman ! C’était d’ailleurs l’un des premiers choix de Martin Campbell, réalisateur de Casino Royale, mais Cavill a été jugé trop jeune pour le rôle (23 ans seulement), à charge de revanche ? Pour le moment cela semble compromis, mais qui sait, Daniel Craig a encore quelques années devant lui et d’ici là peut-être que Cavill aura changé d’horizons ! Je lance aussi un appel personnel à Matt Bomer (White Collar)…

Pour le moment, je me contenterai d’attendre SPECTRE avec impatience ! Maintenant vous savez ce qu’il faut savoir sur la saga James Bond. Bien évidemment, celle-ci regorge d’anecdotes bien plus nombreuses, mais il était nécessaire d’éclaircir ces différents points avant d’aller plus en détail ! Ne vous inquiétez pas, ce n’est certainement pas mon dernier article sur le sujet. En attendant, j’espère que celui-ci vous aura appris quelque chose, et n’hésitez pas à réagir soit en commentaire soit sur la page Facebook du site !

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